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lundi 1 juin 2009

[Nathan Dothrakis] Père raté ?

Attention : ce billet est à haute teneur de spoil, si vous n’avez pas lu UDC en entier. Vous êtes prévenus.


(Illustration de Max, dont vous pouvez retrouver les travaux sur sa galerie Deviant Art et sur son blog)

Alors avant toute chose, le nom de famille de ce personnage (tout comme pour Moïra et Rachel) a été emprunté à l’univers du Trône de Fer de Georges RR Martin. Des fois que ça dirait vaguement quelque chose à l’un ou l’une d’entre vous.

Nathan est né le 2 janvier 1937 à Athènes, et a donc 66 ans au moment où débute UDC. Il est le fruit unique de l’union de Moïra Dothrakis avec un chevalier d’or, un père qu’il ne connaîtra pas puisqu’il n’a qu’un an lorsque celui-ci décède lors de la précédente ouverture des Portes.

Il grandit au Sanctuaire aux côtés d’Andréas Antinaïkos – de six mois son aîné - élevé à la fois par sa mère et par Shion, seul chevalier d’or rescapé, dans une période de relative accalmie, une fois la deuxième guerre mondiale terminée. Sa filiation l’attache solidement au Sanctuaire et une fois l’âge de raison atteint, il participe à son administration, en collaboration avec Shion et Andréas.

Il épouse une grecque, issue du creuset du Sanctuaire, alors qu’il a déjà trente ans passés. Et pour cause : l’héritier Dothrakis est un coureur invétéré de jupons. Cette attitude, qui lui vaut quelques piques ironiques teintées de mépris de la part de son ami d’enfance Andréas, ne témoigne cependant pas d’une quelconque méchanceté, ou d’un vice malsain. Nathan est tout simplement enclin à s’enticher rapidement, et à se lasser de ses conquêtes tout aussi rapidement, des conquêtes qu’il tente tant bien que mal – le plus souvent avec une maladresse notoire – de ne pas faire souffrir. Son inconstance lui vaut nombre de gifles et autres claquements de portes à la figure, mais ces quelques retours de bâton ne suffisent pas à assagir son comportement. Cette attitude folâtre déteint également sur son appréhension de l’importance de son titre d’héritier, au grand désespoir de sa mère, qui ne sait comment lui inculquer le sens des responsabilités. Elle s’efforcera de lui enseigner tout ce qu’il doit savoir sur la lignée Dothrakis, mais hormis une maîtrise parfaite du septième sens et de la puissance associée à sa famille, il se désintéresse rapidement de l’histoire de ses prédécesseurs.

Non, le mariage n’aura pas calmé ses velléités amoureuses, et en 1970 naît de l’une de ses liaisons avec une russe, un enfant illégitime prénommé Dimitri, qu’il reniera sur les conseils de Shion, même s’il contribuera à distance à son éducation. La même année, son épouse donne naissance à Rachel, alors désignée comme unique héritière du titre. Sans le savoir, Nathan a déclenché, par cet énième erreur de jugement, une cascade d’événements qui contribueront à un changement radical de comportement de sa part… mais sans doute un peu trop tard.

Lorsque Shion lui demande de disparaître et de faire croire à son décès, il hésite, naturellement. Rachel n’est encore qu’une adolescente et, en dépit de ses absences répétées du Sanctuaire, il voue à sa fille une véritable adoration. Cependant, devant l’invocation de l’intérêt général du Sanctuaire, et l’insistance du Pope, il finit par s’incliner. La naissance de Dimitri, les relations conflictuelles entretenues avec la mère de celui-ci, et la santé mentale vacillante de son épouse ont notablement entamé le potentiel d’insouciance de celui qui est sur le point d’avoir cinquante ans. Et sans avoir tout à fait conscience, il sent déjà que le chemin qu’il s’apprête à emprunter risque d’être autrement plus difficile à négocier que celui qu’il a suivi jusque là. Il va faire ce qu’il considèrera dix-sept ans plus tard comme une terrible erreur.
C’est donc avec toute l’impuissance du monde qu’il assiste de loin à la tragédie qui frappe sa fille de plein fouet, sans être en mesure d’intervenir. Dimitri est la cause de ce drame, et lui est la cause de Dimitri. Il n’a rien pu faire – il n’a rien fait – pour éviter ça. Bien sûr, Nathan n’est pas le seul fautif ; il n’a fait qu’obéir aux ordres de Shion.

Lorsqu’il comprendra, plus tard, qu’il a été manipulé, il ne se cache pas à lui-même une certaine part de soulagement – réminiscence de sa lâcheté passée. Peut-être n’aurait-il rien pu empêcher finalement… mais cela, nul ne le saura jamais. Le passé tant ce qu’il est, son retour ayant été orchestré dans un objectif qui n’est pas en adéquation avec la réalité, deux nouvelles routes s’ouvrent devant lui : s’effacer de ce monde qui n’est plus le sien et qui lui jette ses fautes à la figure, ou prendre ses responsabilités, pour la première fois de son existence.

Il choisira la seconde voie, même si la première bientôt, la rejoint. Mais lorsqu’il part, c’est en vrai Dothrakis, le Nathan du passé n’étant plus qu’un souvenir.

mardi 30 décembre 2008

[Saga & Kanon Antinaïkos] Méandres psychotiques



Pour ce dernier billet de l’année 2008, et avant le pavé “bilan” prévu dans les prochains jours, je souhaitais revenir sur un aspect finalement assez peu développé dans UDC, et à peine évoqué dans la première partie, à savoir les petits “soucis” psychologiques de Saga. A noter qu’il s’agit là d’un des nombreux points issus de l’œuvre support et réutilisés dans UDC.

Sur la base du manga et de l’anime, deux hypothèses s’opposent – ou se complètent, ça dépend du point de vue – depuis toujours, à savoir : possession ou schizophrénie pour notre deus ex machina préféré. On remerciera pour les heures passées à débattre et à frôler sans cesse le point Godwin, et Kurumada qui a laissé planer le doute, et l’anime avec ses extrapolations plus ou moins hasardeuses (on se rappelle “l’ombre” qui s’échappe du corps de Saga à la fin de la bataille du Sanctuaire).

Pour ma part, si ma préférence est allée dès le départ vers la maladie mentale (et je vous épargne le chapelet de mes arguments en faveur de cette hypothèse, non, ne me remerciez pas), l’autre possibilité ne me dérange pas outre mesure. Ne serait-ce que pour l’exploitation qui en a été faite dans le fandom, tous supports confondus. Il faut bien avouer que cette option, on ne peut plus alléchante, ouvre des perspectives infinies en terme de torture psychologique, de quiproquos divers et variés, et de décorticages tous plus affinés les uns que les autres.


Néanmoins, même si mon cœur avait penché pour cette hypothèse, je ne l’aurais pas utilisée dans UDC de toute manière, pour la simple et bonne raison que l’histoire est axée sur un discours réaliste et que la possession, pour le coup, aurait quelque peu fait tâche. Et là, vous pouvez aussi me dire que mon inconscient a du faire tout le boulot bien avant, et vous n’aurez sûrement pas tort.

Donc, maladie mentale. Mais pas schizophrénie. Je m’explique : je sais que j’ai employé ce terme - dans le chapitre 2 ou le chapitre 3 si je ne m’abuse – mais avec le recul, j’ai fini par me rendre compte qu’il n’est pas très approprié. Plus j’y pense, plus je remets en perspective tout ce que j’ai pu écrire sur les événements antérieurs à UDC, pour finalement réaliser que le Saga d’UDC était tout à fait conscient de ses actes. Or, peut-on dire qu’un schizophrène possède la connaissance parfaite de “ses” comportements, à chaque instant ? Je n’ai pas la réponse à cette question (Achille, si tu passes par là…) mais cela me semble difficilement envisageable.

Dans le cas du Saga d’UDC, il apparaît que l’assassinat de Shion, la poursuite d’Aioros, la mainmise brutale et sans concession sur le Sanctuaire sont des actes réfléchis, ou du moins conscients. Quant à les assumer, l’histoire démontre toute la difficulté de la tâche, mais ce qui nous intéresse ici est leur appréhension à l’instant t. Et de ce point de vue, il semblerait que la raison de Saga ait été altérée, dans le sens où à certains moments, il a perdu de vue jusqu’aux notions les plus élémentaires de bien et de mal (“et puis d’abord, c’est quoi, le bien et le mal ?”… Oui, mais non. Pas maintenant. On aura l’occasion d’en reparler) dans les conditions de réalisation de ses objectifs.





En ce sens, le passif de Saga dans UDC repose sur le postulat qu’il a voulu prendre le pouvoir avant qu’il ne soit confié à Aioros. Il ne s’agissait pas seulement d’un souhait de sa part, mais d’un objectif réel à atteindre. Conscient et affirmé. Et qu’il atteint en faisant preuve de ruse, de fourberie et d’une incroyable violence laquelle se répercute contre le Sagittaire, puis Kanon.







A mes yeux, le personnage est entier et indivisible (si on fait abstraction de son jumeau, on est bien d’accord), mais sa raison est déséquilibrée dans le sens où ce qui s’harmonise naturellement chez un individu normalement constitué et surtout pourvu d’une éducation dite “normalisée”, ne fonctionne que par à-coups dans son cas. Il est atteint d’une sorte… “d’amoralité chronique”, laquelle ne l’empêche pourtant pas de réfléchir et aussi et surtout d’éprouver des sentiments somme toute dramatiquement humains.

Et c’est sans doute là que le bât à la fois blesse mais soigne, aussi paradoxal que cela puisse paraître Outre le fait que cela accentue la nation de déséquilibre, l’amour qu’il a su éprouver à certains moments sous diverses formes (pour sa mère, son frère, Rachel) l’a amené progressivement vers le remords, et de fait un rééquilibrage de sa raison. Si l’amour ne s’appuie sur aucune forme de réflexion logique, le remords, lui, en descend en droite ligne, car il est indissociable des notions de bien et de mal.

Une deuxième chance pour celui qui a su se retrouver lui-même : un vœu très utopique s’il en est mais là est tout l’avantage d’écrire des histoires. On peut bien, parfois, y glisser quelques notes d’espoir insensé.

En vous souhaitant à tous une excellente année 2009 !


PS : pour les fanarts qui illustrent ce billet, je pense que le premier est issu du site Dust 401 (sans certitude), quant aux deux autres, ma foi, si vous savez, n’hésitez pas à le dire.

vendredi 31 octobre 2008

[Les Portes] The Doors




(ou comment se faire référencer sur un thème qui n’a rien, mais alors rien à voir avec Jim Morrison)

UDC est entrée dans sa dernière ligne droite et bien évidemment, je ne vais pas dévoiler maintenant tous les tenants et les aboutissants des Portes même si pour bon nombre d’entre vous, leurs objectifs et thématiques associées ne sont plus vraiment un mystère.

La question à laquelle je peux cependant tenter de répondre est “Pourquoi des portes ? »

Et bien… pourquoi pas ? Voyons voir : Saint Seiya est entièrement basé sur la mythologie grecque et plus précisément sur des affrontements successifs entre déités olympiennes. Ou plus prosaïquement… le boss de fin est toujours un dieu. De là, de nombreuses fanfictions parmi celles estampillées “Saint Seiya Spirit” ont persévéré dans cette voie et, tour à tour, ont exploité les mythologies du monde entier, jusqu’aux plus obscures. Quelque chose me dit d’ailleurs qu’on a atteint un parfait niveau d’exhaustivité, ou pas loin.

Le fait est que si nombre des fics en question ont le mérite de s’appuyer sur des recherches bibliographiques notables de la part de leurs auteurs et d’avoir fait émerger de nouveaux centres d’intérêts chez certains de leurs lecteurs, il n’en demeure pas moins que le contexte choisi a induit dans la plupart des cas la reproduction fidèle de la trame kurumadienne. Si sur la forme, on peut saluer les efforts réalisés pour créer de nouveaux ennemis, de nouvelles armures, un nouveau vocabulaire,etc… sur le fond, cela reste redondant.

A mon sens, mais je peux me tromper, je crois qu’il est difficile de construire une histoire typée Saint Seiya et d’éviter dans le même temps l’écueil de la répétition du schéma. En tout cas, je ne me suis pas sentie capable de ce challenge. Et surtout, ce n’est pas ce que j’avais envie de lire et donc d’écrire.

Alors plutôt que vers une personne (être humain ou dieu), je me suis orientée vers un “concept”. Un bien grand mot pour englober en vérité une conviction, une idée, une vision contre laquelle le Sanctuaire était susceptible de pouvoir lutter. A noter que de ce point de vue, cela rejoint finalement certains aspects Saint Seiya. Mais ce que j’ai souhaité par-dessus tout était que ce “concept” puisse prêter à discussion et non pas être obligatoirement considéré comme “mauvais”, comme le mal absolu selon les critères moraux hésités de notre culture judéo-chrétienne.

Il a néanmoins fallu le matérialiser. Cela aurait pu être n’importe quoi, ce fut des Portes.
Par définition, une porte est un passage entre deux lieux. Un passage qui peut se trouver sous deux états : ouvert et fermé. Elle constitue donc une frontière, une limite qu’on peut être libre, ou pas, de franchir. Dans tous les cas, sa présence implique une volonté de la part de celui qui lui fait face pour lui conférer son existence. Sinon, elle n’a aucune utilité.
Une porte peut être à l’origine d’une large palette d’émotions humaines : l’impatience, la curiosité, la circonspection, le respect ou la peur, entre autres. On ne sait pas ce qui peut se trouver derrière, ce qu’elle renferme, ce qu’elle protège. Elle peut être ouverte, comme une invitation, mais qui sait ce qui peut se trouver dans l’autre lieu ? Il pourrait s’agir d’un piège. A l’inverse, elle peut aussi symboliser l’abri : une fois refermée, plus rien ne peut nous atteindre.

Dans le cas d’UDC, les Portes sont inquiétantes, elles sont une menace. Non pas en tant que telles, mais à cause de ce qu’elles renferment.
A bien y réfléchir, cette sensation de danger que je leur associe dans l’histoire est le fruit d’un mélange de références diverses.

Stephen King : lectrice assidue pendant mes années lycée, j’ai été durablement marquée par certains de ses récits et plus particulièrement par ses nouvelles. King a un don pour générer l’angoisse en quelques pages, un don qui s’exprime d’autant plus via le format de la nouvelle qu’il maîtrise avec excellence. Je me rappelle avoir lu une de ses histoires – dont je ne me rappelle pas du titre – relative à une porte de placard dans une chambre d’enfant. Chaque nuit, l’enfant voit la porte s’ouvrir et des choses affreuses en sortir. Je ne me rappelle pas de la fin, mais m’est avis que ça ne devait pas être très joli à voir.

Tolkien : J’ai beau adorer la science fantasy, je n’ai jamais été fan de Tolkien. Pour des tas de raisons. Quoi qu’il en soit, j’ai lu “Le seigneur des anneaux” comme beaucoup et toute la partie se déroulant dans la Moria m’a beaucoup marquée. Plus particulièrement le début, lorsque la petite troupe de Gandalf se retrouve nez à nez avec la porte de la Moria qu’il est indispensable d’ouvrir. Ils n’avaient pas d’autre choix… mais quand on voit ce qu’ils doivent endurer derrière, ça laisse rêveur.


Films et animes divers : rien à faire, le coup de la gigantesque porte à double battant vu en contre-plongée qui s’ouvre très lentement, avec un grincement plus ou moins sinistre selon les circonstances, pour laisser apparaître THE retournement de situation inattendu, ou THE personnage disparu ou tout simplement un décor à couper le souffle, ça marche à chaque fois. Un battement de cœur en trop, le souffle qu’on retient, et la surprise au-delà, toujours.

Les églises : j’aime visiter les édifices religieux, notamment les plus anciens. Parce que souvent, les portes y sont d’origine. Et parce qu’elles sont toujours majestueuses dans leur solidité à l’épreuve des siècles. Je peux rester de longues minutes à les détailler, et à m’extasier devant leurs systèmes de fermeture.


Un dernier mot concernant leur localisation dans UDC. L’ouverture du vingtième siècle, celle ayant précédé la deuxième guerre mondiale se situe dans le désert du Sahara. La raison ? A force d’entendre les récits d’expédition de mon beau-père, géophysicien à la retraite, qui a sillonné le désert en question, j’ai eu l’idée de placer le récit du général Kenton en ce lieu. Et les détails relatifs à la gravimétrie présents dans le chapitre 20 – partie 1 sont directement issus de mon acharnement à le faire parler.

Pour le vingt-et-unième siècle, j’ai choisi les canyons de l’Utah et du Colorado pour leur aspect désolé et minéral, et leur gigantisme qui force le respect. L’idée que c’est la nature seule qui est à l’origine de ces formes vertigineuses et de ces couleurs brûlantes était séduisante. A noter que de ce point de vue, j’ai notamment été inspirée par le site archéologique de Petra en Jordanie, cité troglodytique datée du VIIIème siècle avant JC.




Après mure réflexion, je crois que je vais classer ce billet dans “personnage”. Après tout, les Portes pourraient en être, non ?

vendredi 29 août 2008

[Tatouages] Point de détail

Ca, c’est ce qu’on appelle un billet vide tout contenu, autant vous prévenir tout de suite.

A vrai dire, j’étais en train de me demander quel genre de détails j’avais bien pu vous épargner jusqu’ici, quand d’un coup d’un seul, j’ai repensé à cette histoire de tatouage. Mais si, rappelez-vous : à plusieurs reprises dans l’histoire j’ai évoqué la présence des tatouages estampillés “Sanctuaire” sur le corps des personnages. Bien entendu, il y a Rachel, mais il y a aussi tous les autres.

Au départ, j’avais envisagé plus… mordant comme empreinte, à savoir une bonne vieille marque au fer rouge à la mode moyenâgeuse. Une idée sans doute à relier à l’image du Sanctuaire qu’on se fait au tout début de l’anime, avec les entraînements à la dure, l’appartenance à la vie à la mort à l’ordre d’Athéna, et j’en passe. Pour une raison obscure, j’ai finalement opté pour les tatouages qui, si on y réfléchit bien, ne sont pas exempts ni de douleur, ni de permanence. Graphiquement parlant, la marque indélébile du Sanctuaire s’exprime par l’encrage des douze signes du zodiaque en cercle, avec au milieu le signe afférent à son propriétaire.

Le fait est que, néanmoins, je n’ai pas indiqué pour chacun des chevaliers d’or la localisation exacte desdits tatouages. Vous en devinerez sans peine les raisons en voyant la liste ci-dessous (on va dire que je n’ai pas eu – encore – à rédiger de scène susceptibles de les “mettre en valeur”, ahem…).

: on commence fort… Entre le nombril et “le reste”. Pas de raison particulière à ce choix, plus une localisation par défaut en comparaison avec les autres cas.

Aldébaran : autour de la cuisse gauche, le signe du Taureau surplombant le cercle. J’ai privilégié ce choix compte tenu de la carrure du bestiau, et de la puissance de ses jambes.

Saga/Kanon : un des rares cas décrits dans UDC. Le cercle se dessine autour du biceps gauche, pour chacun d’eux, celui de Saga s’entrecroisant sur le devant avec un cercle supplémentaire qui, s’il devait être décrit, s’apparenterait à l’aspect du sceptre d’Athéna (n’oublions pas les origines du Sanctuaire). On est Pope ou on ne l’est pas.

Angelo : à la base du cou, côté gauche, juste dans le creux de la clavicule. Parce qu’on le voit lorsque le col de la chemise est ouvert. Parce que c’est sexy. Nothing else.

Aiolia : là aussi, déjà signalé dans l’histoire (première partie). Classiquement sur l’épaule gauche. Pas très fantasque, finalement, le Lion.

Shaka : Au bas des reins. Et oui. Y en a-t-il parmi vous qui y voient un message caché, hum ?

Dokho : au milieu du dos. Là, très prosaïquement, je me suis inspirée du tatouage du tigre que l’on voit apparaître dans le Junikyu-hen.

Milo : Scorpion, signe irrémédiablement accordé au sexe. Forcément, le cercle se retrouve à l’aine gauche. Ben tiens. Inutile de me dire que j’aurais pu faire pire, j’y ai déjà pensé.

Aioros : sur le torse, au droit du cœur. Sur un tel personnage, je ne pouvais décemment pas le mettre ailleurs. A ce sujet, je me rends compte que j’aurais pu le préciser dans un très ancien chapitre – celui où il explique qu’il s’est défendu face à Saga – sans doute l’intégrerai-je dans une correction future.

Shura : la localisation a été donnée dans “Déchirement”. Il le porte à l’intérieur du poignet gauche. Au moins, quand il balance une Excalibur, ça se voit. Par ailleurs, j’ai toujours eu tendance à voir ce personnage avec une silhouette très sèche et aux tendons saillants. Et au niveau du poignet, cela offre un rendu… affolant.

Camus : sur la hanche gauche. Remarquez, une autre version plus torride de sa première nuit avec Milo aurait pu offrir des combinaisons graphiques intéressantes.

Thétis/Aphrodite : un autre cas déjà précisé, toujours dans la première partie d’UDC, à savoir dans la nuque. Je précise que la plupart du temps, j’imagine Thétis avec ses cheveux relevés à la diable. Disons que cela peut donner envie à certains d’aller y regarder de plus près.

Si d’aventure ce genre de détails vous intéresse vraiment, n’hésitez pas à m’indiquer quels points vous souhaiteriez que je développe à l’occasion.

jeudi 31 juillet 2008

[Noms de famille] Vot’ p’tit nom, c’est ?

Je me rends compte que je n’ai pas encore abordé le cas des noms de famille dont j’ai affublé les personnages, existants et originaux.

(ou comment se mitonner un billet pas trop difficile à digérer en cette fin de semaine)


Tout d’abord, pourquoi des noms de famille ? Simple. Ancrer l’histoire dans le monde réel suppose logiquement que tout ce joli monde dispose d’une identité tout ce qu’il y a de plus normale et normalisée. Cela autorise un réalisme conséquent et une cohérence solide, d’autant plus que les interactions avec les repères de notre monde sont nombreuses.

Néanmoins, lorsqu’il a fallu que je me penche sérieusement sur le sujet… cela n’avait rien d’une sinécure. Conclusion, disposer d’un Quid format papier, ça aide. En effet, pour la plupart des noms, je me suis tout simplement plongée dans les synthèses historiques des pays concernés. Armée d’un crayon dont j’ai laissé la pointe folâtrer, j’ai fini par tomber sur des patronymes qui sont à la fois représentatifs des origines des uns et des autres mais aussi et surtout modérément connus de manière à ne pas créer d’associations d’idées susceptibles de dévoyer l’identité des personnages concernés.

Cela dit, quelques-uns de ces noms ne doivent rien à cette méthode de recherche.


Les grecs :

Miséricordieuse envers moi-même, j’ai fui le “Salakis”. Non, parce que la référence fromagère, je la voyais arriver à des kilomètres, hein.

Nathan et Rachel Dothrakis : J’ai honteusement pillé Georges RR Martin et son Trône de Fer (oui, encore !), je l’avoue. Dothrakis est le nom de la peuplade dont Daenerys Targaryen épouse l’un des Seigneurs, Khal Drogo. Et je trouvais que ça sonnait suffisamment grec pour m’en resservir.

Andreas, Saga et Kanon Antinaïkos : Celui dont je suis la plus fière. Parce que je l’ai inventé. Néanmoins, je pense qu’en ce qui concerne ses sonorités, j’ai certainement dû être inspirée par le football et plus précisément par le Panathinaikos d’Athènes. Pour l’anecdote, on notera qu’un joueur d’un JDR sur le net estampillé Star Wars joue le rôle d’un certain major Saga… Antinaïkos.

Milo Kyrkos : Trouvé au hasard, mais les dieux seuls savent où, je m’en rappelle absolument pas.

Aiolia et Aioros Xérakis : J’ai remplacé le “n” de Xénakis par un “r”. Et oui, sous nos contrées, Xénakis est immédiatement associé dans les esprits au prénom Françoise, journaliste et écrivain français.

Marine Mitsotakis : Je sais, dans StS, elle n’est pas grecque ! Mais ça ne m’arrangeait pas particulièrement. Le patronyme choisi est celui d’un homme politique grec qui a été premier ministre dans les années 90. De plus, à l'époque, j'étais tombée sur un site qui expliquait que le suffixe -akis signifiait "petit" et que Mitsos pouvait être assimilé au prénom Michel. D'où le choix de "Michelet" pour la fausse identité française de Marine.


Les autres :

Aldébaran da Silva : Suffisamment répandu au Portugal et au Brésil pour qu’à la limite, je décide de m’en contenter. Pour info, le nom complet de l’actuel président du Brésil – Lula – est Luis Inacio… da Silva.

Dôkho Chen : Même combat que ci-dessus. Il y en a tellement !

Aphrodite et Thétis Hedström : Alors là… mystère et boule de gomme, aucun souvenir de l’endroit où j’ai bien pu le dénicher, celui-là.

Camus Laniel : Le plus difficile à choisir et celui dont je suis la moins satisfaite. Qui dit nationalité française dit cruel dilemme, puisque chaque patronyme est susceptible d’évoquer quelque chose. Et je voulais éviter “Dupont” ou “Martin”. J’ai donc choisi de l’emprunter à un homme politique français, pas forcément parmi les plus connus, mais qui a tout de même été président du Conseil en 1954.

Shaka Dayal Advani : Gandhi, je me suis dit que cela risquait de faire un peu “too much”, d’autant plus qu’être l’homme le plus proche de Dieu, ça suffisait comme référence. Pour celui-ci, j’ai fait un mélange entre deux politiques indiens. Ne me demandez pas lesquels, je ne m’en rappelle pas.

Shura Guttierez Tejero : Les espagnols ont coutume de porter les patronymes du père et de la mère. J’en ai choisi deux et les ai combinés. Là aussi, je les ai extraits du Quid.

Angelo Salieri : Quelques semaines plus tôt, j’avais revisionné « Amadeus », le film de Milos Forman, qui évoque la rivalité existant à l’époque entre Mozart et Antonio Salieri. Ceci explique cela.

Mü et Shion sans-famille : Pourtant, on m’avait affirmé que des états dénommés Atlantide ou continent de Mü existaient bel et bien. A ce jour, je cherche encore.

Alessandro Baldassari : Mais oui, voyons… le maître d’Angelo ! Cet homme gentil, doux et scrupuleux… Ca vous revient ? Baldassari était le nom de famille d’une “camarade” de classe de cinquième que je n’ai jamais pu supporter. Evidemment.


Je pense avoir fait le tour du propriétaire, et n’avoir oublié personne. Je ne m’étendrai pas sur les noms choisis pour les militaires, après tout, trouver des noms américains, ce n’est pas ce qu’il y a de plus difficile, n’est ce pas ?

jeudi 24 juillet 2008

[Andreas Antinaïkos] Dans la famille Antinaïkos, je demande…

… Le père.

Andreas compte parmi les quelques personnages originaux d’UDC. D’un point de vue général, il symbolise aux côtés de Nathan Dothrakis la notion de cellule familiale, largement présente et exploitée dans l’histoire mais aussi et surtout partie prenante des principaux événements qui la jalonnent.

On ne peut pas dire que cet homme se soit fait beaucoup d’amis parmi les lecteurs, il semble même que ce soit plutôt l’inverse : le salaud, l’enflure, l’enfoiré, l’affreux… tout autant de sobriquets tous plus affectueux les uns que les autres, employés pour le qualifier, compte tenu de ses paroles et de ses actes. C’est fou comme on oublie vite qui sont ses fils… à moins qu’on ne leur pardonne plus facilement ?

Partant du principe que les chiens ne font pas des chats, et en inversant le cours du temps, il m’est apparu difficile de faire du père des jumeaux terribles un homme doux, paisible et doté d’une empathie surdéveloppée. On ne devient pas arrogant et hautement conscient de l’importance de sa petite personne sans avoir disposé au préalable d’un modèle particulièrement bien équipé de ce côté-là. Aussi, Andreas ne pouvait être autre chose que cet être cassant, charismatique et dont la présence écrase son entourage. Son physique l’atteste (en l’absence de toute représentation, il convient de se reporter aux quelques descriptions existant dans le récit) : aussi grand et raide que ses fils, son visage est empreint de la même inflexibilité, de la même froideur, le regard est aussi vert que perçant, ses cheveux azur et sel – enfin, surtout sel – sont courts sur sa nuque et surmonte un visage buriné par les années dont le front à demi dégagé témoigne d’une perpétuelle réprobation. Jeune, il a été bel homme (oui, les chiens ne font pas des… vous avez compris), de cette beauté, il a conservé toute l’assurance d’être regardé et surtout écouté. Mais ça… c’était “avant”. Avant qu’il ne revienne sur le devant d’une scène qui ne lui appartient plus, sur laquelle il a depuis longtemps perdu le premier rôle.

Paradoxalement, celui que l’ambition a porté aux plus sphères du Sanctuaire, ne digère pas que son aîné en occupe – certes peu glorieusement – la tête. La jalousie ? La déception de ne pas avoir enfin l’occasion d’exercer pleinement ce pouvoir qu’il estime lui être dû après les “sacrifices” qu’il a consentis ? Fort possible. Après tout, Shion le connaissait si bien qu’il lui a sans aucun doute fait miroiter cette possibilité pour s’assurer de son entière collaboration, laquelle dans le même temps éloignait Andreas de ce qu’il aimait par-dessus tout : diriger.

Mais pas seulement. Andreas se réfugie-t-il derrière l’assassinat perpétré par Saga pour justifier son courroux et sa déception, ou y a-t-il dans cette colère une saine motivation qui puisse la justifier ? Je dirais que oui, malgré tout ce qu’il est.
Contrairement à ce que pense Saga, Andreas ne serait jamais allé jusqu’au meurtre pour satisfaire ses appétits. En dépit de sa position d’héritier de l’une des deux familles fondatrices du Sanctuaire, en dépit de son rôle crucial dans le bon fonctionnement de cette vénérable institution, en dépit encore de son statut de père des jumeaux attendus comme des messies, Andreas est et demeure viscéralement attaché aux valeurs fondatrices du lieu. Il respectait Shion, il respectait les règles, celles qui ont régi toute son existence et sa façon d’éduquer ses propres enfants. A la dure, certes. Sans pitié, c’est vrai. Mais dans quel but ? Au-delà de faire des jumeaux les meilleurs de leur caste, il voulait aussi et surtout offrir au Sanctuaire les meilleurs et les plus valeureux défenseurs qui soient. En ce sens, il a échoué – du moins le pense-t-il de prime abord – et au-delà de sa fierté blessée, c’est tout ce qu’il considère comme la déchéance du Sanctuaire qui lui saute à la figure.

Ce qui est agaçant avec Andreas, au final, c’est son côté tête de mule stoppée dans une époque révolue. Persuadé de détenir la vérité divine, il refuse d’admettre que les choses ont changé. Ni en bien, ni en mal, elles sont juste… différentes. Et ne pouvant se raccrocher à un quelconque lien filial – à l’inverse de Nathan qui malgré tout parvient à “retrouver” sa fille – pour compenser la perte de ses propres repères, il s’emmure derrière sa méchanceté et se trompe de cible.

A l’instar d’Angelo, je n’ai jamais été confrontée à de réelles difficultés dès qu’il s’agit de rédiger une scène où le vieil Antinaïkos intervient. Mais dans ce cas précis, l’inspiration est toute autre. A bien y réfléchir, je pense que la télévision – oui, encore elle – est pour beaucoup dans la création et la vie de ce personnage. Les soap-opéras des années 70/80 tels que Dallas étaient riches en chefs de famille sans foi ni loi, souples comme des colonnes de marbre. Les coups les plus retors et les plus pendables pouvaient le plus souvent leur être imputés jusqu’au moment où la descendance prenait le relais avec brio.
Mais si je creuse encore un peu (et dans des couches géologiques moins anciennes), je crois bien qu’Andreas Antinaïkos a quelque chose de Tywin Lannister dans le “Trône de Fer” de Georges RR Martin. En moins pire cela dit, parce que je ne crois pas que Tywin Lannister eut été capable de repentir, car pour qu’il y ait repentir, il faut qu’il y ait notion de la faute commise.

Pour ce qui concerne Andreas et bien ma foi, à vous de voir, la seule différence étant peut-être… qu’il a, un jour, su aimer.

samedi 24 mai 2008

[Shura Gutierrez Tejero] Hombre

J’aime l’espagnol. La langue je veux dire. Ses consonances, sa construction, son rythme et sa vigueur. Plus particulièrement dans ce terme “hombre” se retrouvent à la fois l’inspiration profonde d’un souffle pourtant retenu, la sensualité de sa fin dans le doux roulement de ce “r” qui s’éteint, et la force d’un soudain martèlement.

En ce sens, il symbolise à la perfection à mes yeux ce qu’est Shura dans UDC. Et pourtant… c’était loin d’être gagné. Dans les débuts de l’histoire, ça doit bien faire quelque chose comme trois ans à présent, Achille m’avait fait remarquer que le Capricorne était pour le moins laissé pour compte. Et il faut bien reconnaître qu’il n’avait pas tort, Shura m’inspirant à peu près autant qu’un plat de gambas cuites à la vapeur. Ce personnage manquait singulièrement de saveur ou du moins, disons que je n’avais pas encore été confrontée au déclic ultime me permettant de globaliser ce qu’il était en réalité.

Et ce déclic, il s’est fait sacrément attendre avant de se matérialiser enfin… par le biais du site Improvisatore. Oui, je sais ce que vous allez me dire : encore un site de fanarts à connotation douteuse ! Certes, mais au-delà du concept effectivement très présent, la patte du dessinateur contribue à mon sens à extirper des personnages les traits les plus pertinents de leur personnalité. Je passe sur le cas du Cancer sinon – je me connais - j’y suis encore jusqu’à demain, pour m’attarder sur celui de l’espagnol. Tout y est, le physique en accord avec la nature même des capacités de l’homme, le visage en lame de couteau, le profil découpé au scalpel, les yeux étroits et sombres, le tout allié à une puissance visible à des kilomètres.



Par ailleurs, parmi les nombreux dessins plus ou moins humoristiques, on trouve sur le site une thématique casual laquelle m'a confortée dans l'idée de donner au personnage une vie à l'extérieur du Sanctuaire (freelance chez El Pais) mais aussi quelques perles de noirceur comme je les aime, lesquelles ont grandement contribué à la mise en place de l’abîme dans lequel j’ai précipité Shura au cours de l’histoire.



De là, le reste s’est enchaîné très naturellement. La droiture et l’honnêteté de Shura m’ont semblé constituer le penchant parfait pour équilibrer la nature bouillonnante et borderline d’Angelo tout en liant les deux hommes par une amitié qui justifie à elle seule le vieil adage qui veut que les contraires s’attirent. Pas tant que ça néanmoins, les deux partageant quelque points communs parmi lesquels le sens de la répartie ainsi qu’une tendance plus ou moins affirmée selon l’individu à laisser le feu du sang s’exprimer en lieu et place de la raison. Sans oublier le goudronnage de poumons.

D’aucuns me diront que je n’y suis pas allée de main morte avec le Capricorne, ils auront certainement raison. Néanmoins, c’est justement cette rigidité que j’ai voulu briser de manière très brutale. Quant au choix des moyens… Je me suis simplement appuyée sur ma propre culture méditerranéenne laquelle est amplement représentée tant par chez moi qu’en Espagne et en Italie, renforcée par ma connaissance géographique de l’Andalousie. Les codes familiaux, les rites culturels, les microcosmes ruraux constituent tous autant qu’ils sont autant de repères solides et inaliénables pour un être issu de ce creuset. Pulvérisez-en un et vous verrez le résultat. Edifiant.

samedi 3 mai 2008

[Dimitri Dothrakis] Dimitri sans famille

Alors Dimitri Dothrakis, dans le genre pièce rapportée, il se pose là. Né de mon imagination il y a bien quinze ans de ça et nourri par tout ce que l’animation, le cinéma et les séries télé ont pu produire comme méchant ultime, le demi-frère de Rachel est typiquement le personnage dont le fanlecteur n’a strictement rien à faire.

Et pourtant, j’ai réussi à vous le coller dans UDC. Oh, on ne peut pas dire que vous l’ayez croisé souvent, le grand blond à la beauté glacée et à l’esprit pervers mais typiquement, il appartient de plein droit au passif de l’histoire. Et de fait… pas de Dimitri, pas de Rachel, du moins au sens de la personnalité de la donzelle. Son existence et notamment ses actions – exactions serait plus juste – ont contribué à construire l’histoire de la jeune femme et à poser les événements ayant mené à la situation de départ dans UDC pour ce qui la concerne, elle, et sa relation complexe avec Saga.

Vous me direz, j’aurais pu me passer de le faire intervenir directement dans le récit en me contentant d’allusions plus ou moins claires relatives à ce passé dont finalement, on peut se demander si les lecteurs en ont réellement quelque chose à faire.

Mais pour tout vous avouer, je n’avais jamais rien rédigé au sujet de Dimitri par le passé, du moins pas en le mettant en scène. Tout dans la tête, mais rien sur le papier. L’occasion était trop belle de vérifier si je maîtrisais réellement ce personnage qui, pour secondaire qu’il soit, se retrouve affublé d’une influence telle qu’elle génère encore des répercussions sur le présent de l’histoire.

Dimitri a peu ou prou le même âge que Rachel. A savoir qu’ils sont nés la même année. On admirera au passage la délicatesse, le tact et l’élégance de Nathan Dothrakis qui a réussi l’exploit de mettre enceintes, et son épouse grecque, et sa maîtresse russe à quelques mois d’intervalle. N’y voyez pas de malice de sa part : Nathan n’a jamais été un modèle de probité et de fidélité, non pas par goût de la malice voire de la malignité, mais bien parce que ce brave homme, du moins jusqu’à l’âge de sagesse, a toujours eu tendance à réfléchir avec la partie inférieure de son cerveau, à savoir celle située en dessous de la ceinture.

En résumé, Dimitri est une erreur. Une erreur cependant dotée d’une propension à l’ambition dévorante dûment alimentée par une mère n’ayant jamais supporté l’idée de ne pas être la première et d’avoir vu sa progéniture écartée du fabuleux destin des Dothrakis. Consciente des capacités physiques et psychiques de son fils et l’ayant élevé dans l’idée que sa vraie place lui avait été volée, elle n’a eu besoin de rien d’autre qu’une pichenette pour lancer Dimitri sur les traces de ce père qu’il n’a que rarement eu l’occasion de voir, en vue de récupérer un héritage considéré à mauvais titre comme le sien.

Bien entendu, il rencontre Rachel. Evidemment, il se garde bien de lui exposer son véritable pedigree. Bien sûr, il tente de la séduire et est sur le point d’y parvenir lorsque la vérité éclate (Nota : Rachel a beau juger sévèrement son paternel, elle n’a pas grand-chose à lui envier en terme de constance amoureuse. Les chiens ne font pas des chats). Et dans le même temps la psychologie réelle du personnage. Consumé par sa soif de réussir, de s’élever, d’accumuler du pouvoir et de la puissance, il n’envisage qu’un unique objectif : prendre la tête de la famille Dothrakis et s’en approprier les prérogatives. Même celles qui ne lui sont pas dévolues, à savoir la direction pleine et entière – et non plus conjointe – du Sanctuaire. Imaginez : disposer de la maîtrise absolue d’un groupe d’hommes et de femmes capables de détruire le monde. Un gigantesque panard en perspective et une magnifique revanche sur sa bâtardise.

Sa mégalomanie débordante ne l’empêche cependant pas de réfléchir. Il n’aura de légitimité qu’en se faisant cautionner par l’héritière de plein droit de la famille. Rachel. Entre temps – tout cela se déroulant sur plusieurs années – cette dernière a donné naissance aux jumeaux dont le Dragon est le père. Ne sont-ils pas mignons et innocents… Quoi de mieux pour exercer un chantage ? Ni une, ni deux, il les enlève, expose son ultimatum… et se fait sèchement et implacablement renvoyer dans ses vingt deux mètres. Qu’à cela ne tienne, Dimitri pas particulièrement étouffé par la charité, la mièvrerie et l’amour de son prochain accomplira ce qui constituera le point d’orgue de sa folie psychopathe en assassinant les deux bambins, de manière à s’assurer que si lui n’obtiendrait rien, il la détruirait, elle. Sonnant par la même le glas de la famille Dothrakis.

La vengeance de Rachel a été à la hauteur du forfait, le laissant paralysé à vie histoire qu’il dispose de tout le temps nécessaire pour remâcher ses actes. Néanmoins, on ne peut pas dire que le sieur fasse preuve d’une contrition très réglementaire ainsi qu’on peut le voir lors de sa première apparition dans UDC, dans le chapitre 23. Bien au contraire il n’a rien perdu, ni de sa hargne, ni de son ironie, s’acharnant encore et encore à provoquer celle dont il a détruit les raisons de son existence. Et quant à sa seconde intervention, dans le chapitre 32… Alors quoi ? Remords tardifs ou manipulation supplémentaire ? Les deux ? Ou autre chose ?

Cela seul l’avenir d’UDC nous le dira.


PS : et un pavé sans illustration, un ! Ben oui, mais bibi, elle ne sait pas dessiner et comme on n’a pas encore inventé la transposition numérique des produits du cerveau…

samedi 5 avril 2008

[Marine Mitsotakis] Pièce rapportée

Marine était morte. Enfin, normalement. Du moins au moment où mon esprit a commencé à esquisser ce qui allait devenir UDC. Je pense même pouvoir retrouver en cherchant bien le texte relatif à la rencontre entre Aiolia et Jane que j’ai dû rédiger en 97 ou en 98 dans lequel, déjà, le corps de l’ancien chevalier de l’Aigle avait achevé de se décomposer.

Pourtant, alors que j’entamais la rédaction de la fic et que la première allusion à ce personnage disparu se profilait au détour d’un souvenir, je me suis rendue compte que… je l’aimais bien moi, Marine. Vraiment. Dans StS, elle constitue l’un des (trop) rares personnages féminins dotés d’un minimum de volonté, de hargne, de droiture et de puissance. Shina entre également dans cette catégorie, bien que son amour pour Seiya émousse sa dureté qui au fil du temps n’est plus que façade. Non pas que cela me contrarie, bien au contraire j’apprécie énormément Shina pour cette dualité qu’elle porte en elle et qui la déchire au tout début de StS, mais par voie de conséquence, Marine demeurait la seule susceptible de posséder un caractère véritablement entier et d’une solidité à toute épreuve, un caractère… intéressant à développer et à travailler.

Ni une ni deux, alors même que je me demandais à quoi je pourrais bien l’employer, déjà la tronche renfrognée d’un italien mal embouché se manifestait avec insistance et comme je ne pouvais décidément pas m’en débarrasser – collant, le Cancer – j’ai cédé à cette évidence… pas si évidente. Du moins dans le fandom francophone. Et pourtant, quand on y réfléchit bien, on se retrouve avec deux protagonistes plutôt inflexibles dans leur genre respectif. Et si l’un ne jure que par la violence, l’autre est un maître (maîtresse) exigeant à qui la douleur ne fait pas peur, encore moins celle de celui auquel elle doit dispenser son enseignement. Dans les deux cas, on a affaire à des personnages réputés pour leur dureté et pas vraiment enclins à la démonstration sentimentale avec force gémissements, larmoiements et autres discours grandiloquents. Au final, Angelo et Marine avaient tout pour tomber dans les bras l’un de l’autre.

Quant au pourquoi du comment, cela n’a pas été si difficile que cela à mettre en place, Aiolia servant d’amorce pour le développement complet. Le Lion, preux chevalier entièrement dévoué au Sanctuaire, pétri de nobles idéaux renforcés par le funeste destin de son grand frère adoré, le Saint des Saints, j’ai nommé Aioros… Ou comment faire d’une pierre trois coups : la chute acrobatique mais douloureuse du piédestal léonin, la “tombée en amour” de l’Italie machiste se targuant par ailleurs d’un profond mépris envers ce boulet qu’est le sentimentalisme et le retour à la vie d’une morte en sursis.

Concernant cette dernière, les raisons de sa “disparition” ont fait grincer quelques râteliers parmi les lecteurs, la Marine d’UDC ne s’attirant pas beaucoup de sympathies. Mon objectif n’étant pas de décrire des bisounours, ma foi j’ai plutôt été enchantée, je l’avoue, par les nombreuses nuances dubitatives apportées par les uns et les autres à propos du passif de la donzelle.

Et là encore, c’est le poids d’une culpabilité pas si coupable que ça qui constitue un autre point commun entre Angelo et Marine. L’un et l’autre gèrent leurs actions passées seuls dans leur coin depuis toujours et composent avec leurs consciences respectives. Aussi, avant même d’aimer cette femme, Angelo la respecte. Parce qu’il sait. Il sait à quel point certains jours demeurent sombres, surtout lorsqu’un soleil radieux s’ingénie à vous faire comprendre que vous n’êtes pas dignes de vous gorger de ses rayons.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que Marine a gagné sa place dans UDC, au même titre que les autres personnages même si, à l’instar de Nathan ou d’Andreas, elle joue dans l’histoire un rôle de témoin pas tout à fait désintéressé. Et elle peut se targuer d’avoir définitivement – ou presque – extrait Angelo de sa carapace.

PS : la première image est extraite du Tenkai-hen. Quant à la seconde, elle sort de ce site et l’auteur se nomme Utsugi Sakuko et enfin, si vous connaissez l’auteur de la troisième, n’hésitez pas à le signaler (ça me fait penser à du Itsuya, mais sans conviction). A noter que… trouver des fanarts de Marine relève de la fan-mission impossible. Vraiment.

lundi 14 janvier 2008

[Mü] Mou

Désolée. Il faut dire que cette version française a marqué les esprits. Première OAV du Junikyu Hen et paf, voilà le preux et sage chevalier du Bélier réduit à un loukoum sans consistance.

Et pourtant, Mü – oui, tout de suite, c’est autrement plus classe, on est d’accord – mérite bien tout le respect qui lui est dû, à tel point d’ailleurs que je crois qu’il est le personnage créé par Kurumada dont je me suis le moins écartée des caractéristiques principales décrites dans le manga et l’anime.

Calme et posé, tout en étant doté d’un caractère bien trempé… sans oublier un petit côté têtu en accord avec le signe qu’il représente, le première ligne du Sanctuaire est charismatique en diable. Nul besoin pour lui d’être un “Deus ex Machina” pour asseoir son influence au milieu du lot de têtes brûlées que constituent ses alter ego. Mü, c’est la force tranquille. Cela dit, je dois reconnaître que j’ai réellement accroché au personnage lorsque j’ai découvert sa facette de combattant dans le Junikyu Hen. Etonnant d’ailleurs… Je pense que c’est la puissance maîtrisée qu’il dégage associée à son aspect lisse, voire jeune, qui m’a fascinée. Cette dualité génère une forme d’humanité en liaison avec un pouvoir tout ce qu’il y a justement de plus inhumain. Par ailleurs, le fait même de le découvrir en butte à un dilemne intérieur aussi tard dans la série rajoute du charme au personnage, que l’on devine de fait autrement plus complexe.



Ceci étant posé, je n’ai pas eu à le développer outre mesure dans UDC. A vrai dire… je me suis tout simplement contentée de reprendre à mon compte le déchirement que le Mü de Kurumada vit face à son maître ressuscité de manière si inattendue, en le transposant - certes avec des éléments différents – selon un schéma identique. Dans UDC, le passé du Bélier est entaché par le choix qu’il a dû faire entre ses intérêts personnels et ceux du Sanctuaire, par extension ceux relatifs aux responsabilités qui lui incombent.

Néanmoins entre en jeu un autre aspect, très peu, voire pas du tout développé dans StS, je veux bien entendu parler de l’appartenance de Mü à un peuple particulier. Je ne sais plus bien exactement quelle est la part d’officialité là dedans, mais le Bélier, tout comme l’ancien Pope sont considérés comme étant issus de la race atlante. Ne serait ce que ce simple mot, on entrevoit déjà tout le potentiel qu’il est susceptible de représenter… D’aucuns se sont déjà penchés sur le sujet et l’ont développé avec brio, jusqu’à d’ailleurs enrichir de façon notable le fandom de ce point de vue très particulier, je pense essentiellement à “l’Ere des deux Béliers” de Chibi Mu.

Rentrer dans les détails purement techniques n’était pas mon objectif dans UDC - j’en aurais été bien incapable soit dit en passant – et j’ai préféré orienter mon choix vers la notion de succession… ou plutôt d’absence de succession, de l’existence d’un héritage qui ne pourra plus jamais être transmis. Faire de Mü le dernier de son peuple engendre chez lui une forme de solitude d’autant plus difficile à vivre qu’elle est inéluctable. Elle ne peut qu’être subie par le personnage qui n’a d’autre choix que de se raccrocher à des substituts à savoir dans le cas présent, ses compagnons d’armes : Dôkho d’abord, le dernier témoin de l’extinction de la race, Shaka ensuite, proche de Mü par la culture commune qu’ils partagent et une certaine philosophie de la vie.

Pour dire toute la vérité, vous avez échappé de justesse à… Kiki. Au tout début, alors que l’histoire germait dans mon esprit malade, l’existence de l’apprenti du Bélier n’était pas totalement écartée du continuum d’UDC. Si je n’envisageais pas sa présence sous la forme de gamin sur-actif qu’on lui connaît, un Kiki plus évolué – un adolescent plutôt mature – m’agréait assez, je l’avoue, avec si possible un prénom plus sortable, j’avais même pensé à Kilaran. Ne me demandez pas le pourquoi du comment, je n’en sais strictement rien.

A la base, j’avais songé à en faire une sorte d’étudiant un peu bohème à qui Mü aurait octroyé le droit de choisir entre occuper une charge au Sanctuaire et faire sa vie à l’extérieur, tout en entretenant en secret le souhait que le jeune homme perpétue la race des atlantes. Cela aurait effectivement permis d’alléger la charge morale du Bélier, et aurait amené un peu plus de légèreté à son histoire.

Néanmoins, je me suis heurtée à deux difficultés. La première, c’était la différence d’âge : faire de Kiki un étudiant aurait supposé que Mü se le serait coltiné dès l’âge de treize ans. Si cela n’est pas totalement incompatible avec la chronologie relative de Kurumada, dans tous les cas, cela ne me convenait pas. Quant à la seconde… Kiki aurait constitué un personnage de plus à gérer et à vrai dire, je ne m’en sentais pas capable. Déjà que parfois, c’est loin d’être simple…

A noter en outre que j’avais déjà un personnage secondaire du même acabit sous le coude, à savoir Ethan. Mais oui, vous savez bien, le jeune apprenti que je vous ressors une fois par an en moyenne ! La redondance aurait difficilement pu être évitée.

Pour conclure, Mü est un personnage que j’ai mis du temps à exploiter – au grand dam de Kaldor, mon correcteur – mais pour lequel je savais quasiment dès le départ ce que j’allais en faire. En espérant ne pas avoir été trop méchante avec lui…


PS: as usual, les fanarts sont tirés de Dust 401, vous finirez par le savoir. Concernant Mü, j'en avais d'autres en stock, malheureusement, je n'en connais pas l'auteur.






dimanche 30 décembre 2007

[Dôkho Chen] Le plus vieux tu seras...

… Et le plus mal loti tu te retrouveras.

Illustrer un billet concernant Dôkho relève de mission impossible. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir exploré la toile pendant deux bonnes heures… Visiblement, le potentiel de déviation concernant le chevalier d’or de la Balance est proche du néant, et dans tous les cas, moindre que celui des spectres les plus basiques. Oui, vous avez bien lu. Des spectres.

Remarquez… Je suis mal placée pour râler à ce sujet, Dôkho étant l’un des personnages m’ayant donné le plus de mal dans le cadre d’UDC en ce qui concerne sa personnalité, sa position relative vis-à-vis de ses alter ego et son passé. Et au final, c’est encore dans les OAVs du Junikyu que j’en trouve la représentation la plus proche de ma propre vision.

Exit le vieux champignon tout fripé, bienvenue à un Dôkho à figure humaine. Soit. Seulement voilà, faire de l’alternatif tout en ayant la volonté de coller un minimum – syndical – à l’œuvre support devient particulièrement acrobatique dès qu’il s’agit de ce personnage.

Qui dit “pas d’Athena”, dit “pas de Misopethamenos”. Il s’agit là du premier obstacle de taille auquel j’ai été confrontée compte tenu de ma décision de conserver l’amitié entre Dôkho et Shion, ce dernier étant lui-même très âgé au moment de son assassinat.

Par ailleurs je tenais à me conformer à un certain nombre de détails connus dans Saint Seiya, à savoir notamment que la Balance est le maître du Dragon, qu’il est un homme empli de sagesse et qu’il est dépositaire de la connaissance d’un passé que ses alter ego n’ont pas vécu.

En résumé, quel que soit le cas de figure, Dôkho… est vieux.

Néanmoins, UDC étant située dans un continuum ancré dans une réalité concrète, les jalons temporels demeurent à la même échelle. Il ne s’agit pas là de guerres saintes orchestrées par des dieux réglés comme des montres suisses, mais de conflits humains, plus fréquents et générés plus ou moins aléatoirement. De fait, Dôkho pouvait parfaitement appartenir au troisième âge, sans jouer le rôle principal du “retour de la momie”.

De fait, en vertu de la chronologie d’UDC, le chevalier de la Balance accuse ses 75 ans au début du récit. L’occurrence de la seconde difficulté se profile alors : quand on a un vivier de beaux gosses trentenaires tous plus gouleyants les uns que les autres, on fait quoi du papy du septième étage ?

Et bien c’est dans ces moments là que l’auteur rend grâces à Kurumada d’avoir inventé le cosmos toutes options. Très pratique cette bête là : vu que ça permet d’atteindre le huitième sens, ça peut tout aussi bien ralentir le vieillissement, non ? Si dans Saint Seiya, c’est le Misopethamenos qui permet à Dôkho de ralentir les battements de son cœur, dans UDC ce sera “simplement” la maîtrise absolue de son propre cosmos. Et histoire d’être un minimum crédible, l’aspect de la Balance dans la fanfiction sera celui d’un homme dans la force de l’âge, de l’ordre d’une cinquantaine d’années et non pas celui d’un jeune écervelé avec trois poils au menton.

Du point de vue de la personnalité, UDC établit au final la mise en adéquation du caractère du Dôkho “yoda-like” avec l’aspect du Dôkho “human-like”, parce que c’est ainsi que j’envisageais ce personnage. Pour autant je conçois parfaitement l’état d’esprit joyeux, voire joueur, que nombre d’autres auteurs attribuent au chevalier de la Balance une fois débarrassé des entraves du Misopethamenos (après tout, dans StS, Dôkho n’a que 18 ans, il a du retard à rattraper), en ce qui me concerne, je ne saurais pas l’expliquer avec précision, mais ça ne me semblait pas naturel du moins dans le cadre d’UDC.

Par ailleurs, faire dans le léger n’entre pas dans mes capacités et j’apprécie d’autant plus les écrits et les dessins de ceux qui maîtrisent cet art si délicat de l’humour.


Dôkho n’est pas le personnage le plus mis en avant dans la fanfiction, loin s’en faut. Je ne l’ai pas pour autant laissé de côté, il a d’ores et déjà eu l’occasion de se situer au cœur de l’histoire de par ses liens avec Shion. A mon sens, le chevalier de la Balance joue le rôle de témoin dans UDC. Son âge et son expérience le mettent au-dessus des atermoiements dans lesquels pataugent les protagonistes plus jeunes que lui sans pour autant l’en détacher totalement. Il a eu son content de souffrances lui aussi, mais celles-ci, anciennes, ont cicatrisé. Il vit avec ses souvenirs, mais a eu tout le temps de s’en accommoder, de les trier, et de les considérer avec un recul suffisant. Il est ce que ses pairs sont susceptibles de devenir… si leur destin décide de leur octroyer un avenir.

En guise de conclusion, je dirais que j’aime à considérer Dôkho comme l’un des piliers principaux du groupe, à l’instar d’Aldébaran. Sa simple présence constitue un gage de sérénité et d’assurance auquel peuvent se raccrocher ses compagnons, dont le respect pour ce personnage ne se dément jamais. Et au final, Dôkho est sans aucun doute le repère le plus sacré subsistant de l’ancien Sanctuaire.

dimanche 16 décembre 2007

[Shaka Dayal Advani] Ce n'est pas de sa faute...

… Il est blond. Et c’est sur cette entrée en matière particulièrement vaseuse que je vais vous parler de Shaka.

(le dessin est de Rachius, dont vous pouvez retrouver toutes les œuvres sur son site)

Je sais, je devrais avoir honte.

Le personnage que tout le monde adore détester. Sans rire, le chevalier d’or de la Vierge compte autant de détracteurs que de fans énamourés, à savoir, un sacré paquet. Pourquoi ? Il est partout, tout le temps, par tous les temps. Son omniprésence, associée à l’omniscience dont il se targue, agace.

Shaka a suscité l’antipathie dès sa première apparition, lors de la bataille du Sanctuaire. Arrogant, méprisant sous des dehors doucereux, cruel également au nom d’une prétendue vérité qu’il affirme détenir, forcément, on n’est pas l’homme le plus proche de Dieu pour rien. Manquerait plus que ce dernier mente… L’image demeure tenace et ce, malgré la réhabilitation offerte par Kurumada dans la partie Hadès de son manga.

De fait, le Shaka d’UDC est la résultante des impressions que j’ai d’abord retirées de l’anime, mais aussi et surtout des OAVs du Junikyu-Hen. C’est bien pour cette dernière raison d’ailleurs qu’il est aussi doux et empli de sagesse au début de la fanfiction. Il exprime de la compassion (gratuite qui plus est) envers ses frères d’armes, semble se sentir un minimum concerné par ce qui leur arrive. Si, si, je vous assure.

A vrai dire, c’est vrai, je n’ai pas choisi de mettre en avant l’aspect de sa personnalité le plus irritant. Pourquoi ? Après tout, cela aurait été tout aussi intéressant, peut être même plus, de décrire l’évolution d’un Shaka tout bonnement horripilant de suffisance devenant peu à peu… humain. Voire même un sacré challenge.

Oui, mais il y a un aspect supplémentaire dans la personnalité du Shaka que nous connaissons tous, à savoir son “dialogue” avec Dieu. De deux choses l’une : soit il est schizophrène et entend des voix qu’il prend pour l’émanation du divin ce qui ex plique son monumental ratage au cours de la bataille du Sanctuaire, soit Dieu est un filou, doté d’un sens de l’humour presque aussi douteux que celui d’Angelo. J’ai opté pour la seconde solution. En effet, ce que j’ai souhaité avant tout mettre en exergue est ce lien si particulier qu’il entretient avec une divinité, que j’ai choisi de considérer comme l’ultime rempart vis-à-vis de sa propre humanité. Je ne sais pas… peut être que j’ai eu envie de voir ce que pouvait devenir le Shaka enfant du Junikyu, celui qui pleure sur ce qu’il croit être la misère humaine et qui cherche une réponse que Dieu s’obstine à lui dérober.

Le fait d’avoir placé UDC dans un continuum temporel décalé par rapport à la chronologie de Kurumada m’a beaucoup aidée, notamment pour justifier d’une personnalité chez la Vierge qui soit débarrassée de sa hauteur et de sa présomption, joyeusetés que j’ai préféré garder pour sa jeunesse et ainsi le décrire avant qu’il ne devienne chevalier d’or, comme expliqué dans le chapitre 28.

En conséquence il ne me restait plus qu’à traiter la dualité divinité – humanité de ce personnage. Tous les protagonistes principaux de UDC luttent pour s’extirper de ce que leur destin d’humain leur a réservé, ou pour le moins tentent de s’en accommoder. Shaka, paradoxalement, décide d’entamer le chemin inverse. Quitter sa sphère divine pour devenir enfin un homme, et en éprouver toutes les joies mais aussi toutes les souffrances, celles justement qu’il ne comprenait pas étant enfant. Ce qui demeure encore l’obscurité pour ses alter ego devient sa lumière. Bien sûr, au-delà de l’attention curieuse et de plus en plus soutenue qu’il porte à ses compagnons à leurs combats contre eux-mêmes, la présence de Thétis à ses côtés est le trouble de trop. Le trouble physique. Celui qui le fait douter, vaciller sur des fondations qu’il découvre ancrées sur les sables mouvants de sa propre intégrité charnelle. Bien fait pour lui.

Néanmoins, il m’a semblé qu’il aurait été trop brutal de le dépouiller intégralement de sa sagesse, qui lui est devenue naturelle au fil des années. A vrai dire, il est positif de voir que Dieu n’était au final qu’une béquille sur laquelle il avait pris l’habitude de s’appuyer, alors que depuis longtemps déjà ses mots étaient les siens propres et non ceux d’une quelconque divinité. Il devient en effet un homme, mais en conservant ce qui a toujours fait sa richesse intérieure. Je n’ai finalement pas été “trop” méchante avec lui.

Vous me direz, oui, mais tout de même… un homme certes, mais quid de son “ultime” révélation ? Hum… que répondre… que la suite nous le dira ?