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samedi 24 octobre 2009

Side-story n°17 : “Non-dits” de Hyoga dC

Attention : ce texte est classé NC-17

On change d’auteur cette fois, avec Hyoga dC qui nous livre à son tour sa vision d’UDC, au travers des personnages de Milo et Camus, dans “Non-dits”. Ce récit est une séquelle, et se déroule donc post-épilogue. Il est cependant en parfaite cohérence avec l’histoire étant donné que miss HdC et moi avons eu l’occasion de discuter de vive voix de sa perception de la relation entre ces deux personnages, sur la base des indices laissés dans l’épilogue ; il se trouve qu’elle avait parfaitement cerné son sujet dès la première réflexion. Ce texte apporte un éclairage complémentaire quant à l’approche toute personnelle de Camus et Milo vis-à-vis de leur “relation” et met en évidence tout ce qui les a amenés à finalement se trouver pour ne plus se quitter. Un grand merci à HdC pour ce texte magnifique et une bonne lecture à tous.


Côté autres mises à jour, ce WE :

La partie II du chapitre 26 sur fanfic-fr (et le remplacement de l’intégralité du chapitre 26 sur ffnet) ;

Le chapitre 12 sur fanfictions.fr (et son remplacement sur ffnet).


J’y arriverai un jour, j’y arriverai…

samedi 16 août 2008

Chaleur méditerranéenne

Fallait s’y attendre. Je ne pouvais pas rédiger “Déchirement” sans confirmer à un moment ou à un autre ce que – j’espère ! – les lecteurs auront deviné (ou alors, vous avez trop regardé Walt Disney).

Prière de noter le classement NC-17 de ce qui suit.

Voici donc un court texte en guise de préquelle (qui n’a pas encore de titre, mais ça ne saurait tarder), écrit initialement dans le cadre de la communauté LJ 31_jours, en prévision du 19 août sur le thème “Ne pars pas”. De fait, il y a quelque chance que ce texte soit un poil retouché d’ici là… si je n’ai pas trop la flemme.

Néanmoins, je vous le poste ici, puisque c’est en rapport avec UDC.

Hein ? UDC 35 ? Disons qu’il a raisonnablement avancé, j’espère pouvoir transformer le “raisonnablement” en “significativement” d’ici la fin du mois.

vendredi 30 novembre 2007

Insane readings [2]

Suite de l’exploration du fandom écrit pour ce qui concerne les récits les plus… hum… enfin, ceux à ne pas mettre entre toutes les mains, et surtout sous tous les yeux. Encore que, certains méritent la plus grande attention pour peu que vous appréciiez le style et aimiez le chant de notre belle langue.
Tenbra : je préfère donner ici directement le nom de l’auteur, plutôt que le titre de l’un ou l’autre de ces textes, tant ils sont tous de qualité exceptionnelle. Je suis tombée sous le charme de ses écrits l’année dernière, en furetant sur fanfiction.net… puis c’est de ma chaise que je suis tombée en consultant son profil : seize ans. Ah quand même.
J’ai longuement hésité à classer cet auteur dans la catégorie “Insane readings”, sa prose tenant plus du shonen ai que du yaoi en règle générale, certains même n’ayant rien à y voir. Néanmoins, sa façon de dépeindre la noirceur et le désespoir humain a achevé de me décider. Oui, parce que les fanfictions de Tenbra, ce n’est pas ce qu’il convient de lire quand on se sent passablement déprimé. Pourtant, je n’ai pas l’impression que la demoiselle se complaît, se vautre dans le concept angst, à moins que ce ne soit la qualité de sa plume qui permet au lecteur de ne pas se muer en un spectateur passif et malsain du malheur d’autrui. Richesse du vocabulaire, virtuosité de la syntaxe, intelligence de la construction… propos justes et délicats, tout en finesse et respect. Parmi ces perles, on notera l’excellent texte “le père des étoiles” narrant les dernières minutes de la guerre sainte de 1743, et exposant toute l’horreur qu’elles ont inspiré aux deux survivants que sont Shion et Dôkho. A ne pas rater également “l’arcane sans nom”, ou la vision de l’auteur relative à la personnalité de Deathmask, ainsi que “Lamento”, un court one shot sur les conséquences de la bataille du Sanctuaire pour l’un des chevaliers d’or. Et enfin, “Vox clamantis in deserto”, le premier que j’ai lu et qui m’a véritablement retourné les tripes, tout en nuances et en non-dits.

samedi 10 novembre 2007

Insane readings [1]


Le fandom écrit Saint Seiya se caractérise par une production tendancieuse largement marquée, ainsi qu’en attestent les mises à jour régulières sur www.fanfiction.net. Je veux bien évidemment parler de la connotation yaoi plus ou moins prononcée de la majorité des récits qui y sont hébergés.

Trouver des fanfictions de qualité sur ce thème au coeur de cette production pléthorique relève du parcours du lecteur combattant, soucieux de dénicher les quelques perles qui s’y cachent obligatoirement tout en louvoyant avec précaution entre les ramassis de fautes d’orthographe d’un côté et les tas de PWP (“plot, what plot” : “un sujet, quel sujet”) de l’autre.

Bref, mission impossible… ou presque.

Et pourtant. Première fanfiction d’un florilège millésimé…

«Space Dementia» d’Alake

L’une des seules fanfictions yaoi au long cours que je suis assidûment pour trois raisons principales : la première tient à la régularité de l’auteur pour ce qui concerne ses mises à jour, la deuxième à la forme et au style, et la troisième – attention, tenez-vous bien – à ce simple fait, pourtant loin d’être une évidence pour tous les auteurs du genre, qu’elle repose sur un scénario solide et travaillé, qui ne doit rien au genre dans lequel le récit est classé.

Pour ceux qui en doutent encore, oui, l’auteur est une inconditionnelle de Muse ; néanmoins, le titre qu’elle a choisi pour son histoire a bien moins à voir avec le groupe britannique qu’avec le thème central du récit.

Fanfiction dite “post-Hadès” – détail anecdotique s’il en est, il fallait bien que cela prenne corps à un moment donné ou à un autre de l’histoire, et il faut bien reconnaître qu’avant, les chevaliers d’or n’ont pas eu une minute à eux – et illustrée par Jayle (le dessin présenté plus bas est d’elle), elle est centrée sur l’élite de la chevalerie, revenue par la grâce de la volonté divine, et au complet s’il vous plaît. Parce que sinon, c’est moins drôle. Encore que… “drôle” n’est pas le qualificatif que je choisirais en premier lieu pour qualifier cette histoire. Ca part plutôt bien pourtant. Plus la moindre petite guerre sainte à l’horizon, Athéna dans le giron des ses bronzes chéris, le lot étant sagement rentré (qui a dit “exilé” par l’auteur ?) au Japon, des chevaliers d’or qui se retrouvent tout à coup fort désoeuvrés, ce qui, ma foi, n’a pas l’air de les déranger plus que ça. Ils ont bien gagné le droit de profiter de la vie après tout… Une belle bande de naïfs, s’il en est. Surtout deux, j’ai nommé Saga et Kanon. Parce qu’évidemment, ce sont ces deux là, et surtout le cadet, qui vont cristalliser les emmerdements qui s’apprêtent à dégringoler sur leurs têtes à tous.

Et comme l’auteur voue une admiration sans bornes aux jumeaux, je vous laisse imaginer le raffinement de ce qu’elle leur a réservé, selon le bon vieux principe du « qui aime bien châtie bien ».

Oui, “Il” est revenu. Et “Il” a des comptes à régler. Mais est-ce bien de sa seule volonté ? A-t-“Il” raison de se persuader qu’“Il” mène la danse ? Rien n’est moins sûr, surtout quand le danger naît de l’innocence…

Alake a réussi ce prodigieux tour de force qu’est de parvenir à créer un scénario dans l’esprit Saint Seiya, tout en le plaçant dans un contexte yaoi. A mon sens, ce dernier finit par s’effacer très rapidement derrière le développement de l’histoire et des circonvolutions psychologiques des protagonistes. Certes, quelques galipettes annexes sont au rendez-vous, pour le plaisir des yeux et de l’imagination, mais au final, c’est tellement bien rédigé qu’on lui pardonne ces digressions gratuites, vu leur saveur délicieusement polissonne. L’auteur désamorce également à l’occasion le côté “angst” très prononcé de son histoire grâce à son style inimitable et à un brio forçant le respect pour tout ce qui concerne et son sens de la répartie, et le désamorçage de nombre de clichés littéraires. Les introspections de Kanon sont souvent un pur moment de bonheur à lire… malgré leur complexité et la souffrance qui s’en dégage.

Dernier point, et non des moindres à mon sens, la solide culture JDR d’Alake lui permet d’élaborer et de développer des analyses intéressantes dans le cadre de son récit, parmi lesquelles on retiendra principalement sa théorie relative au cosmos et à sa manipulation, “la Toile”, et son hypothèse concernant les tenants et les aboutissants de la double personnalité du signe des Gémeaux (puisque c’est ce qu’elle a privilégié). A cela peut également être rajoutée la grande facilité avec laquelle elle se sert des fondements de Saint Seiya, pour les enrichir, notamment par le biais de la création de nouvelles attaques pour certains chevaliers d’or, lesquelles attaques s’avèrent particulièrement pertinentes et en adéquation avec leur propriétaire.

Une fanfiction que je conseille, pour peu que le genre ne vous rebute pas, que vous ayez un peu d’humour mais aussi le cœur bien accroché, tant pour le scénario que pour la qualité de l’écriture. Ce serait vraiment dommage de passer à côté de cette petite merveille.

dimanche 23 septembre 2007

Miroir, mon beau miroir...

… Viens donc voir un peu par ici.

Je le confesse volontiers – d’autant plus que ce n’est pas un scoop – le “twincest” constitue mon pêché pas mignon. Chacun son domaine de perversion, en ce qui me concerne, j’ai opté pour le deux en un. On est efficace ou on ne l’est pas.

La définition du terme est aveuglante de clarté du fait même de la contraction qu’il constitue, si vous n’avez jamais fait d’anglais, on rappellera simplement que “twin” signifie jumeaux.

L’inceste dans les fandoms de tout acabit n’a rien de nouveau, ni même d’exceptionnel, Saint Seiya étant en outre propice à ce dévoiement, même s’il faut bien admettre que jusqu’à une époque récente, beaucoup en faisaient sans même s’en rendre compte, essentiellement au travers des fanfictions à dérive yaoi relatives aux chevaliers de bronze (je passe sur l’âge des protagonistes, sinon on y est encore demain).

S’il est parfaitement concevable que l’abord de ce genre si particulier puisse en rebuter plus d’un et plus d’une, il n’en demeure pas moins que ce qui en motive la réalisation réside pour l’essentiel dans la transgression d’un tabou, d’un interdit profondément ancré dans nos civilisations, nonobstant même les restrictions religieuses. Or, tout ce qui est moralement réprouvé constitue par excellence un terreau fertile propice à de délicieuses transgressions.

Ce sont la recherche et la satisfaction de ce frisson teinté d’obscurité qui mènent certains auteurs sur ces peu recommandables chemins de traverse. On “sait” que ce n’est pas correct. Mais c’est aussi et surtout pour cela qu’on s’engouffre dans le tunnel avec entrain et allégresse. Chacun progresse plus ou moins en avant sur cette route ; pour ce qui me concerne, j’aime à errer plus volontiers à la lisière de l’anticipation, à la limite de la suggestion.

Au-delà du tabou, les conséquences qui en découlent constituent à elles seules une raison amplement suffisante pour se laisser tenter. “L’impossible” résonne au fond des bois. Chaque situation pourra être tournée et retournée en tous sens, un tel contexte ne souffre qu’une seule issue : la tragédie. Un reste de morale enfoui quelque part ? Possible, si l’on considère des fins forcément malheureuses pour ce genre d’histoires. Un châtiment en quelque sorte, parce qu’il n’est sans doute pas concevable qu’il puisse en être autrement.

Cette ombre portée au tableau est accentuée dans le cas du twincest. Rappelez-vous le mythe de Narcisse, qui tombe amoureux de sa propre image, jusqu’à en mourir…

Se superpose alors à l’inceste cette notion complémentaire et bien spécifique qu’est le narcissisme. Il ne s’agit plus seulement d’aimer un frère, mais de s’aimer soi-même, au-delà des proportions moralement acceptables. De retrouver soi au travers de l’autre. De se sécuriser également. Le jumeau est le reflet, non seulement physique, mais aussi psychologique. Il est celui avec lequel il ne peut y avoir que des certitudes. De fait, le narcissisme est partagé, et paradoxalement, constitue une voie d’unification entre les jumeaux, en terme de complétude affirmée.


Pour cette raison, le twincest est fascinant, parce qu’il offre des possibilités multiples en terme de contextes, d’introspections diverses et variées et de réflexions sur la relation à l’autre.

Et U.D.C. dans tout ça me demanderez-vous ? Jusqu’à présent, vous ne pensez pas avoir été encore confrontés à une telle vilénie, et vous avez raison… ou presque. Si je vous ai épargné les deux pieds dans le plat, cela ne m’a pas non plus empêchée de tourner autour dudit plat en cercles concentriques de plus en plus rapprochés, comme certains d’entre vous auront pu le remarquer. Charge à chacun et chacune de voir midi à sa porte ceci dit. Je n’impose rien, je pense simplement que les choses qui s’imposent le plus naturellement du monde sont celles qui sont amenées avec sincérité.

Evidemment, cela demeure un aimable divertissement sans prétention, et loin de moi l’idée de prêcher pour une paroisse peu recommandable. J’espère juste avoir éclairé votre lanterne quant aux tenants et aboutissants du genre, dont la liste n’est d’ailleurs sûrement pas exhaustive, d’autres (Alake ?) seront en mesure de rajouter leur pierre à l’édifice.

mercredi 29 août 2007

Threesome

NC-17.

Et dans le cas où cette simple annotation ne réveillerait chez vous aucun signe clinique de réaction allergisante, on va développer.

  • Si vous avez moins de 18 ans, allez ouste, demi-tour droite, direction la porte.
  • En outre, si votre pudibonderie n’a d’égale que votre sens vertueux exacerbé, vous être priés de rejoindre la catégorie sus-citée.
  • Enfin, dans Threesome, il y a “three”. Trois. Et si avec ça, vous avez encore besoin d’un dessin, je ne peux plus rien faire pour vous (et il reste encore de la place dans le couloir).


Pour les quelques uns du fond qui restent, c’est par là.


Alors quelques petites précisions dans la foulée… Tout d’abord, toutes mes excuses pour la misérable mise en forme de cette page. Si, sur ma bécane, j’ai réussi à y lier la précédente feuille de style que j’avais réalisée, visiblement, je ne maîtrise pas encore toutes les subtilités des liens relatifs et absolus. Mais je vous assure que je progresse !

Pour le… ahem… “texte” lui-même, ne vous prenez pas la tête sur le pourquoi du comment, j’en sais trop rien moi-même. Oui, c’est du U.D.C., non, ce n’est pas dans le continuum principal. Notez bien, je suis à peu près certaine que j’aurais pu le caser moyennant diverses acrobaties scénaristiques, mais comme Snaritt me l’avait fait remarquer (oui, lui, il a déjà eu droit à cette “chose” et à sa douche froide dans la foulée), ça n’apportait pas grand-chose au propos général.

Bref.

Si vous me cherchez, je serai sûrement dans un avion au-dessus du Pacifique Sud. Ou plus loin. Sans billet de retour.

samedi 7 juillet 2007

Yaoi or not Yaoi?

Et bien… ça dépend parce que…

… Hep, vous là-bas ! Ne partez pas tout de suite en courant comme un dératé et revenez, ceci est définitivement un post sérieux (et franchement très long). Si, si, promis.

D’ailleurs, avant tout développement ultérieur, posons deux choses.

La première est la définition du yaoi. Après tout, tout le monde n’est pas censé savoir (et heureusement) qu’il s’agit d’un genre manga/anime ayant pour propos essentiel une ou plusieurs relations amoureuses explicites entre hommes. On citera par exemple Yamane Ayano parmi les auteurs prolifiques du genre, et parmi les titres *références* “Ai no Kusabi” qui est en réalité un roman japonais adapté en anime. A noter qu’il existe une version édulcorée du yaoi nommée “shonen ai” dont les Clamp sont particulièrement friandes (pour mémoire et sans être exhaustive : Tokyo Babylon et RG Veda), bien que leur propos principal en soit éloigné. Disons que dans leur cas, c’est *juste* la cerise sur le gâteau. Dans les deux cas, le genre est produit par des mangaka femmes, à destination d’un public… tout aussi féminin. A ma connaissance, aucun auteur masculin ne s’est encore manifesté sur ce créneau et à mon humble avis, ce loustic-là, on peut l’attendre encore longtemps. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que l’existence – et le succès – du genre en question repose pour l’essentiel sur la matérialisation en 2D d’un fantasme typiquement féminin, et qui dit fantasme dit déconnexion pleine et entière des considérations bassement pratiques de la vie réelle. En bref, il y a dans le yaoi des personnages masculins au physique impossible évoluant dans un monde fantasmatique étrangement débarrassé des petites contraintes domestiques.

La deuxième chose à prendre en considération dans le cadre de cet article est essentielle et tient en peu de mots : il n’y a PAS de yaoi, ni même de shonen ai dans le manga de Kurumada. Pas l’ombre de la moindre petite allusion minuscule. Rien, nib, niente, que dalle, nada.

Et là vous allez me dire : “ Mais…. Alors… le rapport ?” Et je vais vous répondre : “Aucun… ou presque”.

Dans les fandoms de tous horizons, qu’ils concernent des mangas, des romans, des films, des séries TV, vous pouvez être sûr et certain que vous y trouverez toujours des écrits ou des dessins en relation avec le yaoi (ou le slash pour tout ce qui n’est pas japonais, le sens demeurant identique) et ce, même à partir d’œuvres dont la perversion est hautement improbable pour la majorité. Je suis moi-même la plupart du temps totalement effarée de ce que je peux découvrir au hasard de mes errances sur la toile, et me surprends souvent à me demander comment diable une telle déviation peut être ne serait-ce qu’envisagée.

Seulement voilà. Saint Seiya ne me pose aucun problème de ce point de vue. Alors, plutôt que de me lancer dans une logorrhée stérile, basée sur une absence évidente d’arguments visant à convertir Pierre, Paul ou Jacques à cette déviation, autant tenter de comprendre pourquoi, dans le cas précis de StS, on trouve du yaoi.

Comme je l’ai déjà dit, rien dans le manga de Kurumada ne donne prise à une “yaoisation” de ses personnages, ni dans le scénario et encore moins dans leur aspect. Parce qu’il faut bien dire ce qui est, le style old school du mangaka est… comment dire… pas très attrayant, esthétiquement parlant.

Non, décidément, il me semble raisonnable de penser que c’est l’adaptation animée du manga qui est à l’origine de ce phénomène. En effet, la stylisation très particulière du duo Araki/Himeno a imprégné la quasi-totalité des personnages masculins des pré requis nécessaires : finesse et perfection des traits, silhouettes longilignes caractérisées par des hanches étroites et une musculature affirmée, longues chevelures soumises aux caprices du moindre brin de vent, regards ombrés derrière des cils d’une longueur démesurée… Féminisation physique des personnages ? On peut le voir ainsi. Par ailleurs doit être également considéré un trait particulier visant à offrir une vision torturée des corps. La délicatesse de certains d’entre eux, confrontée à la violence des combats, tend à induire facilement chez le fan l’idée que ces personnages-là sont nés pour souffrir. Physiquement bien sûr, mais par extension aussi et surtout psychologiquement. D’où le terme “angst” (violence psychologique), souvent accolé aux descriptions de nombre de fanfictions, yaoi ou pas d’ailleurs.

Dans le yaoi, les personnages masculins répondent à l’ensemble des critères énoncés ci-dessus. Si vous y rajoutez en plus, des variations dans les caractères des personnages, mettant d’un côté les fortes personnalités (les “méchants” en règle générale) et de l’autre celles qui sont plus faibles, douces ou posées, vous tenez là un terreau fertile propice à toutes sortes de combinaisons plus ou moins improbables, selon les interactions données dans le scénario de base.

Une autre des raisons avancées à la “yaoisation” de StS est l’importance des personnages féminins, considérée comme réduite à la portion congrue dans le manga et dans l’anime. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce point de vue. Il est vrai que dans le manga yaoi, si personnage féminin il y a, il convient d’admettre que ce dernier occupe une place à peu près aussi cruciale que celle d’une cruche posée au milieu d’une table. Elle décore, mais ça s’arrête là. Et comme en plus, son niveau d’intelligence se rapproche du zéro absolu, autant dire que son intérêt est nul.

Je ne crois pas que ce soit le cas dans StS néanmoins. Les quelques personnages féminins recensés occupent une place non négligeable à mes yeux, qu’il s’agisse d’Athéna bien entendu, mais aussi Marine, Shaina et même Shunrei. Alors, certes, à l’exception d’Athéna, aucune n’occupe de premier rôle, et toutes se contentent de graviter autour des personnages masculins plus qu’autre chose, sous forme de faire-valoir le plus souvent. Mais il serait faux de dire qu’elles sont inutiles à l’histoire, et inconvenant de les réduire à l’état de tableau de mauvaise facture accroché au dessus de la cheminée.

Cela dit, je reconnais que le propos de StS ne tourne pas autour d’une femme en tant que telle. Athéna est une déesse avant tout, un concept, un objectif. Et quand pour une fois, quelqu’un choisit de lui accorder un peu d’humanité (cf. le Tenkai), c’est l’auteur du manga qui pique sa crise. CQFD.

On tient les ingrédients, il manque le liant. Ce dernier, c’est dans le manga et dans l’anime qu’on le trouvera, tout en se targuant d’une perverse innocence. On nous parle d’une amitié existante et avérée entre deux personnages ? Pas de problème, l’amitié peut se dévoyer, le cas Milo*Camus est un classique du genre, tout comme Dohko*Shion. A l’inverse, deux personnages masculins se haïssent, l’un d’entre eux a peut être même fait souffrir l’autre plus que de raison ? Impeccable, il peut y avoir de la réconciliation dans l’air, ou mieux encore, une expiation de la faute commise, histoire d’alimenter encore un peu plus la torture psychologique, d’où les Shura*Aiolia relativement fréquents, et je vous passe les Saga*… tout le monde. Forcément. Sans oublier les compères par défaut, ceux qui ne sont pas forcément amis, mais qui ont en commun des exactions peu ragoûtantes qui les lient bien malgré eux le plus souvent… Ou les joies du trio Aphrodite/Shura/Deathmask dont les liens sont susceptibles d’être quelque peu “alimentés”, avec de l’imagination.

Dans la plupart des cas, les déviations yaoi d’œuvres qui ne le sont pas reposent de fait sur des points actés du scénario-support. Ces derniers n’ont pas cette vocation, ce sont les fans qui la rajoutent. Aussi, pour ma part, rien ne m’insupporte plus que certaines excitées qui soutiennent mordicus que les allusions existent bel et bien dans StS. Non. Ca, ça s’appelle une tentative de justification foireuse ou de dédouanement désespéré par peur d’assumer sa propre propension à la déviation. J’écris du yaoi, mais je ne me cache pas derrière un mangaka ou une société de production d’anime pour le justifier. La seule personne derrière qui je pourrais me planquer est moi-même, et vu l’épaisseur, ça ne risque pas de fonctionner bien longtemps. Donc j’assume.


A cet sujet, je vous causerais bien volontiers de ce que le yaoi peut produire de meilleur mais aussi de pire. Néanmoins, compte tenu de la longueur plus que respectable de cet article, dont le modeste objectif était de poser quelques acquis préalables, je vous laisse sur ces généralités, et le reste fera l’objet d’un prochain post.

vendredi 25 mai 2007

Hahaha. Haha. Ha.

Et oui. La voilà. La section NC-17. Inutile de vous planquer derrière une dorienne pour tenter de redresser avec plus ou moins de discrétion – et de réussite - ce qui vous sert d’auréole, si vous êtes arrivé ici, c’est que cette dernière doit être passablement ternie, croyez-moi.

Avant toute chose, soyons clairs sur les pré-requis : si vous avez moins de 18 ans, que vous allez à la messe de votre plein gré le dimanche, et que vous êtes intimement persuadé que la mère de Bambi n’est pas vraiment morte, vous n’avez strictement rien à faire en ces lieux.


Vous restez ?


C’est vous qui voyez, après tout.

Alors le but de la manœuvre… UDC, c’est bien, mais le peu de scrupules qui me reste encore interdit à ma bienheureuse conscience de vous abreuver de digressions toutes aussi diverses que perverses dans le cadre de cette fanfiction. Par contre, mon inconscient, dûment débarrassé de ces gênantes entraves, est tout disposé à entraîner quiconque suffisamment ouvert d’esprit sur des chemins de traverse autrement plus tortueux et si possible, dans une atmosphère plus que brûlante.

Enfin… ça, ça sera quand je me serai enfin décidée à me plonger dans les rébarbatives explications de Wanadoo en vue de mettre en ligne les quelques textes qui occupent pour l’instant la face cachée de mon disque dur !

Plus concrètement, j’inaugurerai par conséquent cette section par quelques articles consacrés à des aspects purement NC-17, à relier (avec une imagination plus que fertile) au petit monde trop shonen de Saint Seiya, et par le pendant de « Saines lectures » qui pourrait bien s’intituler… voyons voir… « Insane readings » ?