Affichage des articles dont le libellé est Fandom. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Fandom. Afficher tous les articles

vendredi 17 décembre 2010

Alive

*tousse*


Oui, je suis vivante. Non, le blog n'est pas mort (enfin... pas tout à fait).


Et, non plus, je n'ai plus beaucoup de temps disponible à consacrer à mes activités sur le net. La "faute" (enfin, je l'ai voulu, en même temps) à mes activités professionnelles qui ont pris un coup d'accélérateur depuis le mois de septembre. Nouvelles responsabilités, nouvel emploi du temps (je suis repassée à 100 %, après cinq années rythmées par des WE de trois jours), nouvelles prises de tête également, lesquelles offrent peu de place à la rêverie et à l'imagination.


Bien malgré moi, je me suis détachée du fandom, et toutes les nouvelles "têtes" qui surgissent me font me sentir un peu plus larguée chaque jour, il faut bien l'avouer.


Ceci dit, j'avais des fics en cours de lecture, je compte bien les achever (en tout bien tout honneur!) pendant les congés qui se profilent.


Et... je compte bien aussi vous concocter, comme chaque année, THE bilan Saint Seiya!


So, stay tuned, ça viendra d'ici quelques semaines.


Je profite de ce message pour signaler l'ouverture d'un nouveau blog d'auteur(e) de fanfictions dans le fandom Saint Seiya, il s'agit de "la plume et le crayon" de New Gaia, dont je vous avais déjà parlé il y a un an, pour vous recommander chaudement ses écrits.


Je vous dis donc à bientôt!

dimanche 25 avril 2010

Side-story "La révolte" par Kiranagio - Chapitre 5 - mises à jour & news PDF

Voici venir le chapitre 5 et dernier chapitre de "La révolte", toujours rédigé par Kiranagio qui boucle ainsi cette side très importante, relative à la position des chevaliers de bronze suite à la prise de pouvoir de Saga. Je tiens à lui adresser mes plus chaleureux remerciements pour cette participation qui, non contente d'enrichir substantiellement l'univers d'UDC, est de plus en raccord avec les sides écrites par d'autres auteurs tels que Black Dragon et Murza.

Au sujet de Murza, je profite de cette mise à jour pour vous signaler la création du blog associé à sa fanfiction, intitulée "Alternatives".

Concernant les mises à jour, celles sur fanfic-fr étant achevées, il reste la mise en ligne sur fanfictions.fr, avec cette semaine, le chapitre 28 - partie I.


Enfin, rapport à la préparation du PDF, je procède actuellement à l'assemblage des chapitres d'UDC dans un seul et même fichier et, autant vous l'avouer, c'est franchement... long. Je ne pensais pas que cela le serait autant, peut-être parce que j'aurais dû me douter que je ne pourrais pas m'empêcher de rejeter un énième oeil dessus... pour me rendre compte de quelques menus détails qui m'irritent la rétine.

Frustrant.

samedi 3 avril 2010

Nouvelles du fandom & mises à jour du WE

Je profite de cette mise à jour hebdomadaire pour signaler que la version PDF de "L'émergence des Géants" (dont j'ai déjà causé ici), écrite par Black Dragon est désormais disponible et qu'il nous a concocté un joli fichier avec plein de chouettes bonus dedans.


Vous pouvez récupérer ledit fichier sur les liens suivants:


Sur Megaupload - version non compressée
Sur Megaupload - version compressée

Sur Free - version non compressée
Sur Free - version compressée


Côté mises à jour du WE:

La version corrigée de l'épilogue - partie I est disponible sur fanfic-fr
La version corrigée de la partie II du chapitre 26 est disponible sur fanfictions.fr

samedi 13 février 2010

Side-story n°22: "Naïri" de Chrysos et mises à jour

Une histoire de Chrysos, cela faisait longtemps! Cette fois, il nous emmène mille ans en arrière, quelque part en Arménie, pour nous conter une ouverture de Portes parmi tant d'autres, vécue par un membre du Sanctuaire parmi tant d'autres... L'histoire s'intitule "Naïri", bonne lecture et un grand merci à lui!

Avant de passer aux mises à jour du WE, je tenais simplement à préciser à l'attention des lecteurs de l'Emergence des Géants, écrite par Black Dragon, que j'ai rédigé à mon tour une side-story pour cette histoire, qui s'intitule "Fatalité" et que vous pouvez lire chez Megumichan.

Enfin, côté MAJ des chapitres corrigés:

La partie II du chapitre 34 sur fanfic-fr,

La partie II du chapitre 23 sur fanfictions.fr.

samedi 5 décembre 2009

Saines lectures [7]

Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas présenté de nouvelles fanfictions à lire dans le fandom Saint Seiya et dans l'attente du bilan 2009 que je vous concocterai à la fin du mois (et vu l'actualité de 2009, quelque chose me dit que je vais y passer quelques heures) il y a justement deux histoires dont j'aimerais vous parler. Dans des genres très différents.

"Une dernière bataille" de Rikimaru

Il s'agit ici d'une fic estampillée "saint seiya spirit", dans le sens où elle respecte l'univers, la chronologie et l'esprit du manga (et de l'anime) d'origine; Rikimaru nous narre de fait une nouvelle aventure. Située post Hadès, l'histoire s'attache d'une part à faire un état des lieux après le décès de Seiya - intégrant les interrogations, les sentiments et les regrets des survivants, et d'autre part à poser les bases de ce qui s'achemine a priori vers un nouveau conflit. Oui, "s'achemine" puisque la fic est en cours de rédaction, et en est actuellement au chapitre 6. Si je vous en parle déjà, c'est essentiellement parce que la qualité de l'écriture est telle qu'elle m'a permis de passer outre un démarrage qui m'aurait faite fuir autrement. La plume est belle et maîtrisée, et très visuelle, rendant bien les images qu'on a pu se faire au travers de l'anime. L'histoire tourne autour d'artefacts soigneusement cachés qu'un groupe cherche à se procurer. ces artefacts ot le pouvoir de tuer les dieux (si je vous parle d'une certaine dague, peut être cela vous rappelera-t-il quelque chose?), mais ceux qui veulent se le les approprier ne semblent pas être des dieux eux-mêmes.

Certes, le scénario apparaît à première vue comme étant très classique cependant, si j'en crois l'auteur - et les indices qu'il dissémine de ci de là - on devrait éviter une énième intervention des chevaliers de bronze ainsi qu'une construction par trop classique. Par ailleurs, une nouvelle génération apparaît dans le même temps, au sein de laquelle Kiki pourrait avoir à jouer un rôle important. Ce point d'ailleurs implique que l'histoire sera sans doute longue, et traitera de très nombreux protagonistes, dont nombre seront des personnages originaux. Il s'agit que l'auteur ne se perde pas en route, son récit apparaissant comme plutôt ambitieux. Enfin, il convient de noter que Rikimaru s'écarte de façon significative de ce que l'on connaît au niveau de la narration et de la description des scènes d'actions, lesquelles sont plus réalistes, percutantes et génératrices de vrais dégâts. L'auteur ose ne pas faire dans la demi-mesure, et c'est un point très positif.

En bref, des fics "3S" on en a eu beaucoup fut un temps (lointain), on n'en a plus beaucoup depuis, et ma foi, lorsque c'est aussi bien écrit et documenté, ça ne fait vraiment pas de mal de retourner aux sources. Histoire de se rappeler que Saint Seiya, à la base, c'est un shonen.

"L'appel du silence" de Newgaia

Ma toute dernière découverte sur fanfiction.net, et pour laquelle j'ai eu un gros coup de coeur. Oui, il y a du yaoi - enfin plutôt du shonen ai - dedans, et NON, ce n'est pas le propos principal du récit. L'amour entre messieurs est ici au service de l'histoire, pas l'inverse, et cela mérite d'être signalé. Se situe également post-Hadès, trois ans après pour être exacte. Seiya est mort, mais Athéna a pu récupérer ses chevaliers d'or non sans difficultés cependant, l'un d'entre eux - le Verseau - ayant tout fait pour ne pas être ramené. Les raisons de ce dernier sont multiples, mais ayant été induites par une illusion lancée par un spectre, elles semblent être considérablement biaisées. Quant à la raison de tout cela... Camus occupe ici un rôle central, de par des capacités qui résident en lui, comme en tout chevalier d'or du Verseau. Des capacités qui lui confèrent une place importante dans son ordre et aux côtés d'Athéna. Malheureusement, occuper cette place a un coût que Camus n'est pas certain de vouloir et de pouvoir payer...
L'histoire est toujours en cours de rédaction (14 chapitres à ce jour, de longueur très raisonnable), et l'auteur a une idée très précise de là où elle veut nous emmener. La plume est agréable, riche en vocabulaire et habile en syntaxe. On ne pourra que regretter les quelques coquilles qui demeurent même après correction, mais l'auteur n'ayant pas de bêta, ceci explique aussi cela.

Une très très belle histoire en tout cas, originale, qui apporte un point de vue de plus dans le fandom, et qui a le mérite de la richesse de son scénario et de son style.

lundi 22 juin 2009

Chez les autres

Je profite du fait que Snaritt rejoint à son tour la communauté Blogger des fanfickeurs avec son phylactère, pour mettre à jour ma liste de liens, et vous faire part de ceux qui ont été rajoutés au cours de ces derniers mois, à savoir:

"Antarès", le site créé par Scorpio-no-Caro qui regroupe ses écrits et ceux de certains autres auteurs, mais aussi aborde différentes thématiques propres à Saint Seiya, et enfin constitue une base de données intéressantes en terme d'images et d'AMV. Yaoiphobes s'abstenir.

"Les âges mythologiques" , le site de Ludo(xandros), dédié à sa fanfiction du même nom, qui narre ce qui deviendra par la suite les chevaliers d'Athéna et de divers autres panthéons. Soutenu par la culture assez impressionnante de l'auteur sur l'antiquité, le récit s'inscrit résolument dans une thématique et une narration "héroïc-fantasy". J'avais commencé à la lire, mais faute de temps, j'ai dû arrêter. Ceci dit, il est prévu que je me replonge dedans quand j'aurai achevé UDC.

"La bibliothèque d'Athènes" de Coronis, bien connue pour ses traductions réussies de fanfictions en langue étrangère, et aussi pour ses précieux services de bêta-lecture. Elle y fait partager ses traductions, mais aussi certaines de ses lectures.

vendredi 6 février 2009

Bilan 2008

Avec beaucoup de retard... voici venir les flops et les tops 2008 (si, si, dans cet ordre) du petit monde de Saint Seiya, bilan tout aussi subjectif que celui de l’année dernière, vous êtes prévenus.

Avant toute chose, force est de constater que 2008, d’un point de vue général, a vu la poursuite et la concrétisation de ce qui avait déjà été initié en 2007 et au final, peu de réelles nouveautés sont à mettre au crédit de l’année écoulée.

Nota : ce billet est censé concerner uniquement l’activité 2008, néanmoins, je n’ai pas pu passer à côté des étincelles kurumadiennes d’espérance qui se sont subitement mises à scintiller il y a quelques jours…

Les flops.

Grand vainqueur toutes catégories de l’année 2008, je désigne la TOEI avec l’adaptation en six OAV de la dernière partie du manga de Masami Kurumada, à savoir “Elysion”. La séance de torture est enfin terminée… et il était temps.
En dépit d’une amélioration notable par rapport à la pathétique adaptation du Meikai en 2007 – design plus homogène et qualité esthétique améliorée notamment – Elysion ne convainc pas, une fois encore.



Mise en scène minimaliste, animation absente, rythme proche du zéro absolu, ce ne sont pas les quelques plans réussis (bien que fixes – je pense à Hadès somme toute une plutôt bonne surprise) qui parviennent à sauver la lente agonie du Saint Seiya originel en anime. Tout au plus on en retiendra la fin du dernier OAV qui distille l’émotion nécessaire, mais bien trop absente du reste, considéré dans sa globalité.
En somme un livre d’images coloriées dont seule votre dextérité à tourner les pages saura vous donner l’illusion de visualiser un anime.

Talonnant – de près – la TOEI, Kurumada et son… hum… Next Dimension. Déjà présent au palmarès des ratages 2007, le père de Saint Seiya persiste et signe la poursuite de cet omni (objet manga non identifié) qui aura laissé perplexes même les plus puristes des fans. Laideur du trait, colorisation psychédélique, non sens absolu… bref, une vaste fumisterie qui aura au moins eu le mérite de provoquer quelques parties de franche poilade, bien que trop rares, le sieur Kurumada s’étant contenté d’une unique chapitre – le 12 – pour l’année 2008.
Cela dit, les dernières planches entraperçues sur le blog du sieur Kurumada et dont on ne sait toujours pas clairement ce qu’elles sont censées représenter sont de meilleur aloi que les dernières productions du “maître”. Esthétiquement parlant s’entend.



Parce que s’il faut ajouter foi aux rumeurs de plus en plus persistantes relatives à la réécriture du Tenkai made by Masami, lesquelles rumeurs seraient à relier avec ces fameuses planches, préparez l’aspirine. Il semblerait – ce n’est pas encore tout à fait clair dans ma tête – que Kurumada souhaite utiliser Next Dimension tel un tremplin en vue de raccorder ladite préquelle (qui se déroule au 18ème siècle) avec son Tenkai à lui (20ème siècle). Comment, ça reste un mystère. A noter la sortie du tome 1 de “Next Dimension” en février 2009 au Japon.

De moindre envergure que les deux précédents, puisque étant limité à l’hexagone, le dernier flop de l’année concerne la sortie en octobre 2008 du coffret collector DVD des treize épisodes du Junikyu-hen, doté de la version originale sous-titrée. Vous me direz, il était temps qu’il sorte celui-là…


Et si, malgré un magnifique faux-départ comme seul AB productions peut les réussir avec un packaging initial joyeusement raté, la parution de ce coffret répond aux demandes des fans, il n’en demeure pas moins en total opposition avec le marché actuel de l’animation japonaise.



Pourquoi, mais pourquoi avoir conservé en guise de sous-titres l’adaptation VF qui a beaucoup fait rire dans les chaumières, au lieu de fournir une vraie traduction de qualité ? Ce n’est pourtant pas faute de la part des fans d’avoir exprimé leur mécontentement lors de la première diffusion de la VF sur NT1 à l’automne 2006. Ce n’est pas tant la traduction elle-même qui a été remise en cause d’ailleurs, que la qualité de l’adaptation, trop lourde et alambiquée. Deux ans plus tard, AB n’a pas été capable de rectifier le tir et c’est franchement dommage.


Les tops.

La bonne santé des préquelles manga, tant au Japon qu’en France, n’est plus à démontrer. “L’épisode G” de Megumu Okada et et “The lost canvas” de Shiori Teshirogi continuent à être prépubliés au Japon et les sorties en tomes reliés s’enchaînent à un rythme régulier.





A fin décembre 2008, G comptait quinze tomes à son actif et TLC onze, ce dernier point consolidant le succès déjà pressenti en 2007 pour cette mangaka dont le fangirlisme a été définitivement acté au cours de l’année dernière (ce qui, d’un point de vue purement personnel, n’est pas pour me déplaire, mais ça, vous vous en doutiez).

Un top en entraînant un autre, 2008 a vu aussi l’acquisition de la licence de TLC par l’éditeur français Kurokawa et dans la foulée, l’édition des trois premiers tomes sous nos latitudes. Une édition de belle facture, traduction solide, erreurs d’impression quasi absentes. Le succès s’est par ailleurs montré au rendez-vous avec un tirage du tome 3 à 40 000 exemplaires, ce qui est plutôt pas mal pour notre marché français.
Le seul bémol concerne le rythme de parution, a priori parti pour se stabiliser aux alentours de un tome par trimestre, le prochain étant prévu pour février 2009.

Autre bonne nouvelle, celle de l’annonce de l’adaptation de TLC en OAV par TMS Entertainement. Sans doute la meilleure chose qui pouvait arriver à Saint Seiya, en terme de nouvelle voie à explorer.


En effet. Le style de Teshirogi, efficace, clair, détaillé tout en étant parfaitement lisible a juste ce qu’il faut de modernisme et de passe-partout pour plaire à la majorité. Certes, on pourra lui reprocher, peut-être à raison, de ne guère se démarquer par rapport à toute une flopée de mangaka divers et variés mais au final, la dame assume et se montre suffisamment à l’aise (et non à "l'air"...) avec son propre style pour que cela convienne, esthétiquement parlant, au plus grand nombre.
Et au final, c’est bien ce qu’on lui demande d’autant plus que de ce fait, l’adaptation en anime se pose, pour l’heure, dans un genre résolument moderne au niveau du design. Il est donc raisonnable d’envisager, dès aujourd’hui, que la licence Saint Seiya est susceptible de drainer à court terme un nouveau public, plus jeune mais tout aussi enthousiaste, et par la même, le renouvellement de l’ancienne garde qui, bon gré, mal gré, commence passablement à s’essouffler.


“Et le fandom dans tout ça” me direz-vous ? Il se maintient, même si, par rapport à 2007, son dynamisme est moindre, indubitablement.
Nombre de projets amorcés n’ont pas encore vu leur concrétisation définitive (dans les cas où des nouvelles filtrent, ce qui n’est pas l’apanage de tous), ou ont été abandonnés.

Niveau fanartisme, guère de nouveaux artistes à se mettre sous la dent, sauf SpaceWeaver qui, non content de maîtriser le style Araki, parvient également à s’en détacher assez pour produire des dessins d’excellente facture et originaux, bien qu’estampillés “Saint Seiya Spirit”.

Côté fanfiction, on notera en ces temps de crise l’excellent tenue de la valeur “humour”, comme en témoigne le succès époustouflant de certaines fics - “Vacances improvisées” de Millenium d’argent qui, avec plus de 400 reviews à son actif, décroche le pompon 2008 – certes estampillées yaoi mais dotées d’une solide dose de délire propre à détendre les plus crispés.
Par ailleurs, les fics au long cours se poursuivent – avec un rythme cependant moins soutenu - même si les thèmes propres à Saint Seiya sont de moins en moins mis à l’honneur. Non, disons plutôt qu’ils trouvent plus difficilement leur public au milieu d’une production pléthorique essentiellement dédiée aux relations amoureuses plus ou moins… détaillées. Par ailleurs, il convient également de rappeler que l’essentiel des possibilités mythologiques, aussi diverses et variées soient-elles, a déjà été traité il y a de nombreuses années, ceci expliquant partiellement cela.

On retiendra tout de même quelques nouveaux auteurs dans le fandom en cette année 2008 avec notamment Alwaïd et sa Trilogie Gaïa dont j’ai déjà parlé il y a quelques temps, Millenium d’Argent et son style agréable et son sens de l’à-propos, Thalion et son “Hégémonie – Conquête ?” injustement méconnue mais qui par l’originalité de son approche, son style incisif et efficace et son don pour le retournement de situation mérite réellement qu’on s’y plonge (j’en ai déjà parlé, je sais, mais j’insiste), Niacy dont l’écriture délicate parvient à rendre avec un précision diabolique les atermoiements les plus complexes, Gaijin (autre grand succès 2008) dont l’imagination débridée et l’humour lui ont gagné nombre de lecteurs et enfin Aeter qui a osé rédiger une histoire entièrement basée sur les spectres et qui réussit par un tour de force inexplicables à nous les rendre attachants et le tout, en tout bien tout honneur.


En conclusion, une année 2008 certes marquée par ce qu’on pourrait appeler “le vent du renouveau” côté actualités Saint Seiya, mais entachée par un désintérêt larvé mais inexorable d’une certaine génération – la plus ancienne – qui tend à une uniformisation du fandom, et à un certain manque de renouvellement. Gageons que TLC saura, tant par le manga que par l’adaptation animée, générer de nouveaux axes de réflexion propres à stimuler les imaginations.

mardi 13 janvier 2009

Suite a reflexion...

... Je viens de trouver un écho qui me fait ouvrir grands les yeux devant sa réalité, sur le toujours très intéressant blog de La Feuille.

Des conseils évidents, mais ça fait plaisir de se rendre compte que, non, nous ne sommes pas seuls devant les tentations du web 2.0.

Je rajouterais volontiers que débrancher sa box est peut être radical... mais pourrait s'avérer utile. En absence d'auto-discipline. En fin de compte. En désespoir de cause.

Au secours.

(1 page = 20 minutes? Oui, mais avec plein de dialogues, hein. Et en casse 12. Au moins)

dimanche 4 janvier 2009

Reflexion

A gauche, le vide. A droite, le vide. En face, une dune de sable – fin, le sable, très fin – avec une pente plus que respectable et un sommet dont le niveau semble varier en fonction des moments. Un effet “mirage” ? Peut-être, mais toujours est-il que pour avancer, il faut la gravir cette dune, parce qu’elle est en plein milieu de la route et qu’il n’y a aucun – mais alors pas le moindre – moyen de la contourner.

Je le sais, j’ai essayé.

Rebrousser chemin n’est pas envisageable. Trop long, et trop hasardeux. Imaginez si je me perds ? Certes, je pourrais découvrir une voie dégagée de toute obstacle, une voie royale comme on dit, une véritable autoroute de l’écriture, avec un bitume tout neuf, de jolies glissières de sécurité, voire même une bande d’arrêt d’urgence pas trop dangereuse. Mais le risque est trop grand. Je me rappelle déjà plus des éléments du labyrinthe qui m’ont amenée devant cette foutue dune. Et j’ai oublié mon fil d’Ariane quelque part dans un chapitre lointain. Si tant est que je l’aie jamais eu, ce dont je doute de plus en plus.

Alors, je patauge. Je mouline ; un pas en avant, pénible, trois en arrière, et agripper le sable ne sert pas à grand-chose. Au moment où on croit en tenir ne serait-ce qu’une toute petite poignée, on ouvre la main et on se rend compte que les quelques grains qui y restent n’ont rien en commun les uns avec les autres. On en vient même à se demander comment ils ont bien pu arriver là.
Et ce sommet qui ne cesse de se dérober. On sait qu’on y parviendra, tôt ou tard, il le faudra bien ; mais il y a une peur qui rend les sables d’autant plus mouvants. Celle de découvrir que derrière cette dune, une autre se dresse, plus raide et plus haute encore. On la devine d’ailleurs, sans même encore être en mesure de l’entrevoir. Le découragement n’est plus très loin, lorsqu’on a le nez dans le sable.

On s’enlise et on s’épuise. On persiste pourtant, mais les pas – ou ce qui en tient lieu – sont de plus en plus hésitants, de plus en plus maladroits. Et le pire, c’est qu’on en a une conscience cruelle, la frustration gagne, l’énervement aussi.

On est seul sur la dune. Il n’y a personne pour vous entendre râler, pester, jurer qu’on ne vous y reprendra plus. Il n’y a personne non plus, pour vous aider, non pas que ce ne soit pas possible, mais parce que c’est un périple qu’on se doit d’accomplir seul. Le Vendée Globe de l’écriture. La muse est cassée ? Il faut réparer vite, sous peine de dériver et de ne jamais atteindre le but fixé. Un but qu’on est encore et toujours seul à poursuivre.

Le sommet, finalement, on le voit. On distingue enfin la ligne ténue mais bien réelle, qui signale “l’autre côté”. On a du sable plein les chaussettes, on a chaud, soif, mais quand on parvient en haut, qu’on se cale – dans un équilibre précaire – en face de l’horizon, la satisfaction est là. Entachée d’une certaine amertume parce que finalement, on a peut-être gravi la montagne trop vite et qu’on l’a faite accoucher d’un mulot insignifiant. Mais enfin. On n’est même pas surpris du relief qu’on distingue déjà dans le lointain.

Allons, il faudra recommencer.

lundi 18 août 2008

Ca grandit, ça s'agrandit

Ce billet pour vous signaler la naissance de deux nouveaux blogs que leurs auteur(e)s dédient à leurs fanfictions, à savoir :

“La constellation fanfic” de CassiopéeW : destiné à traiter des fictions de la miss dans les fandoms Saint Seiya et Saiyuki, le blog s’attachera plus particulièrement à développer l’univers du récit “Les Héritières”, superbe fanfiction au long cours se plaçant dans un contexte asgardien mais aussi et surtout medieval-fantasy. Si vous aimez les grandes sagas familiales, le contexte moyenâgeux et les univers ciselés, si vous avez envie de vous attacher à des personnages charismatiques, si vous êtes assoiffés de connaissances et de mythologie nordique et que vous adorez le suspens, cette fanfiction est faite pour vous.

“Chalasmata” de Tenbra/Niladhevan : elle l’a fait !… et fort bien fait. Fickeuse de longue date dans le fandom Saint Seiya et aux multiples talents depuis longtemps connus et reconnus, Nil’ nous offre un support supplémentaire à ce magnifique récit prenant place dix ans après la fin de l’histoire que nous connaissons, sous un angle novateur et intriguant, le tout saupoudré de multiples références antiques et bien entendu agrémenté d’un style appétissant. Des personnages dits “secondaires” qui prennent ici une ampleur insoupçonnée, une ambiance nostalgique et fascinante, en bref, un renouvellement rafraîchissant et un point de vue inédit.

Un grand merci, mesdames et mesdemoiselles, de nous faire ainsi partager et explorer vos univers.

dimanche 27 avril 2008

Saines lectures [6]

Les hommes sont décidément à l’honneur en ce moment, puisque cette fois je vais vous parler de la Trilogie de Gaïa rédigée par Alwaïd.


Une fois n’est pas coutume, il s’agit là d’une fanfiction terminée préalablement à sa mise en ligne. Alors, c’est vrai, l’auteur se prive de fait volontairement des échanges instantanés avec ses lecteurs lesquels au final découvrent l’histoire, peuvent bien évidemment faire part de leur avis au fur et à mesure de la mise en ligne des chapitres mais n’auront aucune influence sur le déroulement et l’agencement du récit. Alwaïd est tout à fait conscient des limitations induites des échanges néanmoins, je pense que sa démarche trouve ses fondements dans le discours très personnel qu’il souhaite faire passer au travers de sa trilogie.

En effet, bien que nous soyons confrontés à une fanfiction qui, s’il fallait la classer, serait à coincer dans une case SSS (Saint Seiya Spirit) pour sa plus grande part, l’auteur a décidé d’axer son discours sur un aspect bien particulier de l’œuvre originale, à savoir l’amour sous toutes ses formes. Celui qui unit deux êtres, mais aussi celui ressenti pour son dieu, son prochain, ses amis, son peuple, des anonymes… Celui qui au final permet à chacun de se transcender pour découvrir la puissance et la force de se dépasser, celui qui justifie la place occupée par tous au cœur de l’univers, une place unique mais qui ne trouve sa véritable vocation qu’au travers de la volonté commune.


Le récit se déroule près de 250 ans après le contexte que nous connaissons. De fait, il prend vie au contact de personnages tous nouveaux (à l’exception de deux repères familiers), de tous horizons, jeunes hommes et femmes, nouveaux détenteurs des armures d’argent, celles d’or n’ayant jamais reparu depuis la dernière victoire d’Athéna sur Hadès. Ce dernier d’ailleurs décide de se manifester de nouveau…. Mais avec un objectif différent de celui auquel il avait habitué le Sanctuaire au fil des siècles.


Stylistiquement parlant, c’est du haut niveau. L’écriture est fluide, intelligemment construite et caractérisée par un ton lyrique mais bordé car jamais gratuit. L’auteur ne se perd pas en de creuses circonvolutions, chacune de ses descriptions ayant la particularité – rare – de se suffire à elle-même car porteuse de sens et d’efficacité. Certes, parfois, le discours est empreint non pas de naïveté mais d’une certaine propension à une vision très idéaliste des relations humaines qui peut faire sourire avec la nostalgie de ce qui n’a jamais été.

Quant à l’histoire elle-même, si elle repose sur des postulats somme toute très classiques (une nouvelle guerre sainte entre les principaux dieux olympiens), elle s’enrichit pour l’essentiel de ses protagonistes dont les caractères tous très différents participent chacun à leur niveau de la construction du récit. Certains sont attachants ou fascinants, d’autres peuvent agacer mais ce sentiment découle en réalité de la personnalité du lecteur qui est susceptible de se reconnaître plus, ou moins, dans tel ou tel portrait.

Dans l’ensemble, une très bonne fanfiction, qualitativement parlant, agréable à lire et suffisamment porteuse d’onirisme et de rêverie pour détacher temporairement le lecteur des exigences pragmatiques de la réalité. Enfin, et c’est à noter, l’histoire bénéficie des superbes illustrations de Maximilien Chavot, à l’image de celles présentées ci-dessus.

dimanche 30 mars 2008

Saines lectures [5]

Cela faisait longtemps… que je n’étais pas repassée sur le blog ou que je n’étais pas tombée sur une lecture valant la peine que je vous en parle ? Les deux mon capitaine.

La dernière trouvaille s’intitule “Hégémonie – Conquête ?” et a été mise en ligne sur fanfic-fr par son auteur, Thalion. Un monsieur, je précise.

Rendue à cinq chapitres pour l’instant, ce récit se place quelques années après la guerre sainte contre Hadès mais, ô surprise, ne met absolument pas en évidence les personnages que nous connaissons puisqu’ils sont tous morts (exception faite de Kanon dont on ne sait qu’une seule chose : il occupe la place de Pope. Et encore, ce n’est même pas lui qui nous le dit mais un des protagonistes de l’histoire).

Les survivants demeurés au Sanctuaire ainsi que les remplaçants des disparus (golds et silvers en tête) sont plus ou moins affectés à diverses missions aux quatre coins de la planète mais dont l’objectif principal réside en des tentatives plus ou moins heureuses de restaurer l’ordre mondial suite au chaos généré par la succession des guerres saintes entre les dieux (et pour l’essentiel, les inondations catastrophiques poséidoniennes ainsi que quelques dérèglements sévères de la nature humaine laquelle était déjà bien peu reluisante, je vous l’accorde). Le problème, c’est que cette noble tâche serait bien plus simple à réaliser (quoique) si de mystérieux individus plutôt costauds dans leur genre ne venaient pas mettre des bâtons dans les roues des membres du Sanctuaire.

Vu comme ça, on pourrait croire à un récit très SSS (Saint Seiya Spirit, dont le copyright sera sans doute à rétrocéder à Max Chavot à l’occasion), chevaleresque, pétri de bons sentiments et autres discours vibrant d’honnêteté et de belle naïveté. Ra-té. L’histoire et le style de l’auteur se placent résolument dans un réalisme saisissant, s’enracinent dans le monde réel tout en s’autorisant de nombreuses incursions de part et d’autre des deux univers, parsemant allègrement le tout de dialogues incisifs, percutants et parfaitement actuels, de réflexions désabusées voire franchement cyniques de la part de certains personnages et de points de vue implacablement humains. Là-dessous, le lecteur peut détecter de nombreuses influences, qu’elles s’appuient sur les comics ou sur certains romans noirs voire même sur des séries télé actuelles parmi les plus glauques du petit écran.

La plume de Thalion est on ne peut plus agréable à suivre tant elle est fluide et passionnée et quant à ses personnages, ils sont tous attachants, à des degrés divers et pour des tas de raisons différentes. La profusion de nouvelles têtes est susceptible de déstabiliser le lecteur, voir de rebuter ceux qui souhaitent ne retrouver que leurs personnages favoris. Et pourtant, il serait vraiment dommage de passer à côté de Fiona de la Lyre (un poil psychologiquement perturbée la demoiselle) ou mieux encore de Sean du Cerbère (un aimant – je crois qu’on peut même enlever le “i” – à filles). Quant aux survivants du Sanctuaire… oui, attention, je vais écrire des mots que je n’aurais jamais envisagés jusqu’ici : Jabu est intéressant. Enfin. Un auteur lui offre une personnalité, le développe, le construit et le rend pertinent. Profond. Comme quoi, tout est possible.

Par ailleurs, les chapitres sont relativement courts mais particulièrement denses, avec une action quasi-omniprésente. La plus grande réussite de Thalion à mon sens est de parvenir à maintenir un tel rythme sans se laisser manger tout cru par les combats au détriment des personnages et de l’originalité, défaut malheureusement récurrent dans la plupart des fics SSS.

Bref, je ne saurais que trop vous conseiller, si vous aimez aussi Saint Seiya pour tout ce que ce manga et cet anime vous ont apporté comme émotions diverses et variées, de vous pencher sur ce petit bijou. Vous ne le regretterez pas.

samedi 5 janvier 2008

Les incontournables du gratte-papier

Un rapide tour d’horizon sur ma table de travail met en évidence une pile informe et dangereusement instable de divers bouquins plus ou moins abîmés que je ne me résous pas à ranger, puisque de toute manière je sais que je vais les ressortir le lendemain.

Je ne sais pas ce qu’il est pour vous, mais en ce qui me concerne, “mes outils”, c’est sacré. Petit tour d’horizon…


Tout d’abord, le petit livre rouge. Non, pas celui-là, l’autre ! Mais oui, rappelez-vous, quand vous étiez minot, le petit bouquin qui côtoyait votre Bled sur votre étagère de sage petit écolier… Le Bescherelle.

Très pratique, notamment le volume “conjugaison”, lorsque vous vous retrouvez confronté aux subtiles joyeusetés du subjonctif passé, ou quand un rafraîchissement des règles de la concordance des temps s’impose de façon très urgente à votre cerveau fatigué (je n’ai pas dit “âgé”. Non mais).

Ensuite, un dictionnaire des synonymes. Au départ, je fonctionnais avec celui-ci, jusqu’à ce que je tombe nez à nez au niveau du rayon le plus au ras du sol possible avec LA bible. Un must :

1 933 pages sous couverture souple, papier cigarette et surtout une richesse étourdissante où se mêlent langages courant, soutenu et argotique. Le système des renvois est pratique d’utilisation, on ne s’y perd pas et à vrai dire, on est très rarement confronté à la nécessité de procéder à une seconde recherche tant l’ouvrage est complet.

Parce que les répétitions, c’est la onzième plaie d’Egypte, celle qui vous colle aux basques, sournoise, et qu’on ne détecte qu’au dernier moment, voire jamais, et qui saute à vos yeux horrifiés quelques semaines plus tard… après la mise en ligne, bien entendu.

Enfin, plus ludiques mais tout aussi pertinents :

“Les figures de style » de Richard Arcand, ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’homéotéleute sans jamais osé le demander…

A parcourir d’une main nonchalante plutôt qu’à dévorer, à l’occasion et si possible avant une soirée où vous savez que vous allez briller par votre inculture. Glisser un zeugme - et le signaler ! – au beau milieu d’une conversation vous auréole pendant dix bonnes minutes, le temps d’aller récupérer d’un pas tranquille ce petit four au foie gras qui vous fait de l’œil.

« Le dictionnaire des clichés littéraires » d’Hervé Laroche est un vrai petit bijou… mais ne fournit ni la poutre ni la corde pour aller vous pendre. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui vous en manque, surtout si vous choisissez une page au hasard…

Etirer (s’) : toujours paresseusement, ou voluptueusement, ou comme un chat, ce qui revient au même. Les chiens aussi s’étirent, mais sans aucun succès littéraire.

Manquer : toujours cruellement, sinon ça ne vaut pas la peine.

Mèche (de cheveux) : il en faut toujours une, rebelle, pour tomber sur le front d’un personnage masculin.


Vous n’osez plus vous relire ? Vous avez raison. Je vais faire pareil.

dimanche 30 décembre 2007

Bilan 2007

Saint Seiya a vingt ans, presque toutes ses dents… et une actualité dense, cette année encore. Dans le même temps, le fandom demeure toujours actif, s’enrichissant sans cesse de nouveaux artistes, amateurs et professionnels, qui nous offrent de bien belles choses, écrites ou dessinées.

De fait, 2007 fut riche en émotions diverses, entre plantages et réussites. Petit bilan, avec tout ce qu’il contient de subjectivité !

Les plantages.

La palme revient sans conteste à Masami Kurumada et son “Next Dimension”. Non pas qu’on ne l’avait pas vu venir fin 2006, mais 2007 confirme le non-essai du créateur de Saint Seiya quant à sa tentative désastreuse de nous offrir sa vision de la guerre sainte de 1743. Scénario bancal et en totale contradiction avec l’univers qu’il a pourtant su créer avec brio vingt ans plus tôt, un graphisme, disons-le tout net, déplorable, une colorisation discutable, et un rythme de publication frôlant l’enlisement. A se demander d’ailleurs s’il ne vaudrait pas mieux que ce dernier soit définitif.

La sagesse populaire voulant qu’il vaille mieux en rire que d’en pleurer, on se consolera avec la réaction la plus saine qui puisse être envisagée : la parodie. Nao ne s’en est de fait pas privé et on se fera plaisir avec les scripts des chapitres 7 et suivants, et plus encore avec les scan-traductions parodiques des trois derniers chapitres.

Second sur le podium, mais de justesse, les OAVs du Meikai-hen Kosho. Et pourtant… Pourtant, on y a cru. En tout cas, moi, j’y ai cru. Un peu. Et en dépit du ratage du Zensho (animation absente, mise en scène inexistante, plans larges et moyens dignes du stagiaire débutant, émotions réduites à la portion congrue). L’espoir fut même de longue durée, puisque l’OAV 4 de cette seconde partie présentait de réelles qualités… avant le dur retour à la réalité du 5 et du 6. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’ils ont foiré le mur des lamentations. J’aurais été prête à oublier les défauts techniques, esthétiques, tout ce que vous voulez si j’avais éprouvé le minimum syndical émotionnel qu’une telle scène aurait du déclencher. Impardonnable.

Sur la dernière marche, on trouve – ou plutôt “retrouve” devrais-je dire – AB productions. Ils n’obtiennent que la médaille de bronze (sic) parce qu’entre temps, ils ont réussi un double salto triple boucle piqué leur permettant de figurer également parmi les réussites 2007 sur lesquelles je reviens plus bas. AB peut se targuer d’avoir réussi le coup marketing le plus foireux de l’année en osant sortir les treize OAVs du Junikyu-hen, non seulement à raison de deux (2 !) épisodes par DVD, mais aussi et surtout… en version française uniquement. Ex-ce-ption-nel. Oui, les éditeurs capables d’une telle “prouesse”, ça existe encore, il n’en reste qu’un, il est français et il a fallu que ça tombe sur nous.


Côté fandom, pas de réels ratages à proprement dit. D’un point de vue personnel, je me contenterai simplement de protester contre les manquements au respect de l’orthographe qui, anecdotiques jusqu’à l’année dernière, commencent sévèrement à se généraliser un peu partout et ce, dans des proportions hallucinantes. Je veux bien admettre que tout le monde n’est pas sur le même pied d’égalité de ce point de vue, mais bon sang, tout le monde a dans son entourage quelqu’un capable de prendre une heure pour faire les corrections essentielles ! A partir du moment où on met ses écrits en ligne, c’est que l’on souhaite être lu. Mais pour cela, il convient de donner envie de lecteur de venir jeter un coup d’œil… ce qui est mission impossible quand les deux lignes de résumé sont déjà percluses de fautes. Un petit effort quoi…


Les réussites.


Saint Seiya a trouvé son sauveur. C’est une femme. Shiori Teshigori. The Lost Canvas a confirmé son succès naissant de fin 2006, en devenant en cette année 2007 le manga Saint Seiya à suivre. Présentée au départ comme une vision parallèle à celle de Kurumada (et avec la bénédiction de ce dernier) de la guerre de 1743, l’histoire de Teshigori prend très vite la tangente, pour mener la course en tête avec un professionnalisme non démenti jusqu’ici. Limpidité et modernisme du trait, des personnages féminins sexy en diable, des personnages masculins forts en gueule et charismatiques. Que demande le peuple ? Ah oui, un scénario. Ca tombe bien, il y en a un, sacrément bien travaillé qui plus est.


AB productions redore son blason in extremis en cette fin d’année avec la sortie de l’arlésienne, j’ai nommé les box collectors des 114 épisodes de la série. Version originale non censurée, pistes VF et VOST, présence des teasers… Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre. Bon, le rêve a ses limites, on repassera pour les bonus sur les DVD, mais finalement… manquerait plus qu’on se plaigne !

Bandai continue à surfer sur la vague revival, en enchaînant les sorties de figurines à tire-larigot, pour le plus grand bonheur des collectionneurs et le plus grand désespoir de leurs comptes en banque. J’avoue tout : je n’y connais strictement rien, mais au vu des commentaires le plus souvent dithyrambiques lus ici et là, j’en déduis que la qualité doit être au rendez-vous et que nombre de vitrines vont continuer à être achalandées en 2008 pour le plaisir des yeux de leurs possesseurs.

Le fandom n’a pas été en reste en 2007, bien au contraire. Entre fanarts, fanfictions et autres projets collectifs, c’est qu’on va finir par ne plus savoir où donner de la tête… Il serait impossible de dresser ici une liste exhaustive de l’ensemble de la production ne serait ce que francophone, aussi je vais simplement me contenter de citer quelques uns de mes coups de cœur… A commencer par les fanartistes talentueux, déjà connus, mais dont le crayon a été particulièrement prolifique cette année, avec notamment Maeva, Max et Hedrick. Nouveaux styles, nouvelles approches, que du très rafraîchissant en somme, à suivre aussi dans leurs projets professionnels.

La démarche initiée par Ouv en 2005 a également fait des petits avec la naissance d’autres fanBD, telle que celle inspirée de “l’Emergence des Géants” de Black Dragon et réalisée par Hedrick, ou celle en cours de Shaka-sama également inspirée d’une fanfiction, “les Royaumes du Grand Nord” écrite par Vincent. Un autre projet, collectif celui-là, Eternal Reminiscence s’avère également très prometteur.

A noter également que quelques projets amateurs d’animation sont en cours, notamment The Cygnus Project et The Wheel of Vengeance... L’avenir nous dira s’ils trouveront leur aboutissement.

Côté noircissement de pages, la claque de l’année ce fut le one shot “Celui qui riait, celui qui courait" de Snaritt, un texte devenu incontournable à mes yeux.

Quelques nouveaux auteurs sont également venus enrichir le fandom écrit, tels que Petite Dilly avec son style que je qualifierais de “dandy” tant elle a le don de traiter les personnages avec un détachement souverain et un humour féroce, CassiopéeW découverte en cette fin d’année qui nous offre une bien belle histoire asgardienne au scénario et aux personnages maîtrisés avec passion, Iris qui nous emmène avec elle au cœur du dédale tortueux qu’est l’esprit et la personnalité de son héroïne sans se gêner pour déstabiliser ses lecteurs, ou bien encore Caroline qui a mis un grand coup de pied dans la fourmilière avec ses histoires à la fois très construites mais aussi particulièrement pimentées (à ne pas mettre entre toutes les mains) et enfin Aqualudo qui propose une réécriture de Saint Seiya, parfaitement dans l’esprit, tout en prenant la liberté (et le risque) de nous gratifier d’une histoire au long cours entièrement basée sur des personnages originaux.

Finalement… Elle était belle cette année 2007, non ?

Allez, à tous et toutes une très bonne année 2008 !


PS: Merci a Tsubasathesayan pour les images relatives à TLC et à ND.

vendredi 30 novembre 2007

Insane readings [2]

Suite de l’exploration du fandom écrit pour ce qui concerne les récits les plus… hum… enfin, ceux à ne pas mettre entre toutes les mains, et surtout sous tous les yeux. Encore que, certains méritent la plus grande attention pour peu que vous appréciiez le style et aimiez le chant de notre belle langue.
Tenbra : je préfère donner ici directement le nom de l’auteur, plutôt que le titre de l’un ou l’autre de ces textes, tant ils sont tous de qualité exceptionnelle. Je suis tombée sous le charme de ses écrits l’année dernière, en furetant sur fanfiction.net… puis c’est de ma chaise que je suis tombée en consultant son profil : seize ans. Ah quand même.
J’ai longuement hésité à classer cet auteur dans la catégorie “Insane readings”, sa prose tenant plus du shonen ai que du yaoi en règle générale, certains même n’ayant rien à y voir. Néanmoins, sa façon de dépeindre la noirceur et le désespoir humain a achevé de me décider. Oui, parce que les fanfictions de Tenbra, ce n’est pas ce qu’il convient de lire quand on se sent passablement déprimé. Pourtant, je n’ai pas l’impression que la demoiselle se complaît, se vautre dans le concept angst, à moins que ce ne soit la qualité de sa plume qui permet au lecteur de ne pas se muer en un spectateur passif et malsain du malheur d’autrui. Richesse du vocabulaire, virtuosité de la syntaxe, intelligence de la construction… propos justes et délicats, tout en finesse et respect. Parmi ces perles, on notera l’excellent texte “le père des étoiles” narrant les dernières minutes de la guerre sainte de 1743, et exposant toute l’horreur qu’elles ont inspiré aux deux survivants que sont Shion et Dôkho. A ne pas rater également “l’arcane sans nom”, ou la vision de l’auteur relative à la personnalité de Deathmask, ainsi que “Lamento”, un court one shot sur les conséquences de la bataille du Sanctuaire pour l’un des chevaliers d’or. Et enfin, “Vox clamantis in deserto”, le premier que j’ai lu et qui m’a véritablement retourné les tripes, tout en nuances et en non-dits.

samedi 24 novembre 2007

Ciel, une soubrette!

… Ou plutôt une maid. Quoi qu’il en soit, c’est en tout cas le genre d’exclamation qui m’échappe lorsque je tombe sur de tels fanarts au hasard de mes pérégrinations sur la toile (ici, un dessin de Sagakure).

Ce n’est pas tant le thème du dessin qui manque de me faire tomber de ma chaise d’ailleurs, que l’idée même qui se cache derrière. Parce que des fanarts de l’univers Saint Seiya, mais qui en sont aussi éloignés que l’est le Japon de la France, il y en a pléthore. D’ailleurs, c’est peut être là que se situent les raisons de cette différence d’approche entre les “dessineux” européens et asiatiques.
Une distance culturelle suffisamment large pour la justifier
.

Si depuis deux ou trois ans, ces divergences tendent à s’amoindrir, du fait sans doute de la démocratisation de l’accès internet, et par voie de conséquence de l’accès illimité au fandom mondial, il n’en a pas toujours été de même et de nombreux contrastes subsistent tant sur la forme que sur le fond.

Lequel d’entre nous n’a jamais griffonné sur un coin de cahier une mèche de Seiya ou un œil de Saori, en plein cours de maths ? Voire même tenté la reproduction d’un Saint recouvert de sa précieuse armure, avec une réussite toute relative ? Dieux merci, au milieu de notre médiocrité générale, certains se sont montrés suffisamment doués pour devenir quelques années plus tard les premiers fanartistes reconnus dans le fandom européen puis sud-américain.

Pourtant, force est de reconnaître que tous, dès le départ, se sont appliqués à reproduire le style Araki. Qu’il s’agisse de Jérôme Alquié, Rachius, Camille Adams, Marco Albiero ou Jees pour l’Europe, ou de Carlos Lam et de Juni Anker pour l’Amérique du Sud (et j’en oublie), la reproduction du trait arakien est parfaite. Certes, le coup d’œil est appréciateur, après tout, c’est d’abord l’anime qui nous a tous séduits et notamment, la qualité des dessins du duo Araki/Himeno (pour les épisodes qui ont eu la chance de leur être confiés, parce qu’il y en a d’autres…).
Etrangement, côté Japon, cette tendance arakienne est largement moins représentée, et à ce jour, seul le nom de Kon Azuki me vient à l’esprit.
De fait, pendant de nombreuses années, la production de fanarts Saint Seiya dans nos contrées est demeurée cantonnée dans les limites d’une imagination strictement encadrée par les bornes d’un univers graphique auquel toucher aurait relevé de l’hérésie la plus condamnable qui soit.


Or, pendant ce temps là, le fandom japonais avait pris la tangente depuis un bail. Son expression prenait les formes les plus diverses, avec une personnalisation accrue du style des fanartistes. Mais comment aurions-nous pu le savoir avec nos modems 56 k, quand afficher une simple image pouvait prendre plusieurs minutes, et que la publication papier des mangas commençait à peine à émerger timidement en 96/97 dans un monde où la bande dessinée franco-belge tenait le haut du pavé depuis près d’un demi-siècle ?

Aujourd’hui, les choses ont bien changé. Si les fanartistes cités ci-avant sont toujours autant reconnus de par la qualité de leur travail – certains même étant devenus des professionnels – d’autres ont émergé et apporté la fraîcheur de leur trait personnel, qu’il s’agisse d’Hedrick, Ouv, Max, Maeva, et de dizaines d’autres, renouvelant fort à propos un style vieillissant et estampillé années 80.


Et pourtant… demeure encore un clivage marqué, qui concerne les thématiques proposées. Il ne s’agit pas d’en faire une généralisation, puisque comme je l’ai dit plus haut, les passerelles entre les fandoms géographiques tendent à se raccourcir, et les approches à se lisser. Néanmoins force est de constater que les proportions entre les diverses déviations abordées sont toujours différentes.

L’Europe, et dans une moindre mesure l’Amérique du Sud, offrent généralement des fanarts ne s’écartant pas de l’univers Saint Seiya ou très peu. Certes, on y trouve – souvent – des personnages inédits, de nouvelles armures, des dessins à connotations humoristiques, mais dans la plupart des cas, le sujet abordé respecte l’univers créé par Kurumada. Cet univers si particulier, et détaché du monde réel, une sorte de dimension parallèle empreinte de mythologie et de symboliques de tous horizons… il apparaît au travers de ces fanarts comme immuable, intouchable. Il convient d’en respecter les codes, avant tout et de ne surtout jamais s’en écarter. La profusion des styles, si elle peut donner de prime abord une impression de variété, n’est cependant pas suffisante pour renouveler le propos de cet univers, puisqu’on y retrouve sans cesse les mêmes thèmes déclinés à l’infini, celui de l’armure demeurant le grand gagnant tous fanartistes confondus. Son carcan est bien trop puissamment ancré dans les esprits des fans pour que se généralise réellement sous nos contrées une réécriture, une revisitation de Saint Seiya, une… personnalisation autrement plus profonde que celle de la forme qu’on veut bien lui donner.

Attention, loin de moi l’intention de dire que le fandom asiatique ne produit pas non plus de fanarts codifiés Saint Seiya. La preuve (images tirées respectivement des sites Hal et Gaea Studios ) :


Mais parmi la production asiatique plus qu’abondante, il convient de reconnaître que ces quelques exemples sont loin de constituer la majorité de ceux à quoi on peut être confronté.

En effet, les artistes japonais – et chinois – proposent des thèmes qui s’éloignent sans vergogne du sacro-saint univers Kurumadien, et souvent avec un brio magistral. Vie de tous les jours (genre dit “casual”), personnages montrés en “civil”, mises en situations réelles, doujins… Saint Seiya est loin. Très loin.

D’autant plus que les protagonistes de ces fanarts apparaissent comme totalement humanisés, à l’inverse donc du propos de l’œuvre d’origine, lequel, pour les fans les plus acharnés, met en avant le sens du sacrifice et le service à une noble cause, aux dépends d’un objectif individuel et de préoccupations “bassement” humaines.
Quand les fanartistes de chez nous établissent, peut être même sans s’en rendre compte, une distance respectueuse entre leurs personnages et ceux qui vont voir leurs dessins, les fanartistes asiatiques, eux, installent à l’inverse un lien de connivence. Ils “rapprochent” les personnages de leurs fans, oeuvrant d’ailleurs avant tout pour eux-mêmes.
Quand en Europe, les fans s’adaptent à l’univers en question en laissant de côté les dérives de leur imaginaire pour ne pas dénaturer le support, au Japon, les fans s’approprient ce même univers pour le plier à leurs fantasmes (au sens global du terme).
Toute la question est de savoir “pourquoi”. Qu’est ce qui peut justifier une telle différence d’approche ?

Le mode de fonctionnement de nos sociétés respectives et nos différences culturelles sont vraisemblablement à la base de cette divergence de vues. La société japonaise, cloisonnée et peu démonstrative, établit des distances entre les individus, où que ce soit, et même au niveau de la cellule familiale. Il s’agit là d’une réalité à laquelle tous sont confrontés tous les jours et avec laquelle ils vivent de façon tout à fait naturelle. Aussi, le seul intervalle dans lequel ils sont susceptibles de trouver un moyen d’abolir ces distances reste le monde imaginaire.
L’otaku, on en a tous entendu parler, on se le représente comme un être volontairement détaché des règles régissant le monde qui l’entoure, ne vivant que par et à travers un monde fantasmagorique nourri de mangas et de jeux vidéos. C’est peut être là un stade ultime, et souvent une caricature dans l’esprit de ceux qui emploient le terme à tort et à travers. De fait, pas besoin d’être un otaku à un stade désespéré pour justifier d’un besoin de rechercher auprès de personnages fictifs ce lien humain qui tend à disparaître de la société japonaise, de plus en plus individualiste et concentrée sur sa course économique.
En mettant en scène des personnages de Saint qui sont, par définition, tout à fait inaccessibles à l’humanité (effet plus particulièrement parqué sur ce manga d'ailleurs), les fanartistes japonais les rendent accessibles, et proches d’eux-mêmes, d’autant plus que cette proximité n’a rien de dangereuse pour eux : après tout ce ne sont que des personnages de manga.


Savoir pourquoi en Europe ou en Amérique du Sud les fans ne semblent pas éprouver le même désir de s’approprier un univers imaginaire avec autant de volonté est plus difficile, compte tenu de notre manque de recul. A première vue, je dirais que la pression sociale sur les individus y est moindre, et les “rites” d’entrée dans la société y sont moins rigides.
La notion de libre-arbitre donne l’impression d’être plus valorisée et de fait, la conscience de l’individualité est peut être plus forte, ne nécessitant pas de fait d’une béquille artificielle permettant de s’abîmer dans un refuge ultime dont nous n’aurions pas – encore ? – vraiment besoin.


Mon avis personnel dans tout ça ? Ma foi, je pense que je ne surprendrai personne en disant que je trouve largement plus mon compte dans le fandom japonais qu’européen. Si j’admire nombre de fanartistes français et autres pour la qualité exceptionnelle de leurs dessins, il est vrai que je regrette souvent de ne pas voir des thèmes plus légers, ou vraiment différents des sujets habituels sous leur crayon.
Je salue la technique, la qualité, la dextérité, l’originalité et le mouvement. Mais en ce qui concerne le fond, je découvre d’autres facettes dans le fandom asiatique que je ne parviendrai à trouver que très difficilement dans le fandom européen.


Néanmoins… Il y a des choses face auxquelles ma résistance est mise à l’épreuve : Animalisation (vous savez, les oreilles de lapin et autre “kawaiseries” du même acabit…), féminisation, et infantilisation constituent un combo fatal qui me fait fuir en courant. Tout comme le yaoi cru et vulgaire, et j’en passe et des meilleures. Déviations, ok. Irrespect, non.

Je doute d'avoir abordé tous les aspects inhérents aux fandoms des deux bords, mais j'espère avoir défriché le terrain un minimum. Nulle doute qu'il reste nombre de choses à en dire...

[Merci à Kamen, Megara, Vincent, ainsi qu'aux membres du forum SSF]

samedi 10 novembre 2007

Insane readings [1]


Le fandom écrit Saint Seiya se caractérise par une production tendancieuse largement marquée, ainsi qu’en attestent les mises à jour régulières sur www.fanfiction.net. Je veux bien évidemment parler de la connotation yaoi plus ou moins prononcée de la majorité des récits qui y sont hébergés.

Trouver des fanfictions de qualité sur ce thème au coeur de cette production pléthorique relève du parcours du lecteur combattant, soucieux de dénicher les quelques perles qui s’y cachent obligatoirement tout en louvoyant avec précaution entre les ramassis de fautes d’orthographe d’un côté et les tas de PWP (“plot, what plot” : “un sujet, quel sujet”) de l’autre.

Bref, mission impossible… ou presque.

Et pourtant. Première fanfiction d’un florilège millésimé…

«Space Dementia» d’Alake

L’une des seules fanfictions yaoi au long cours que je suis assidûment pour trois raisons principales : la première tient à la régularité de l’auteur pour ce qui concerne ses mises à jour, la deuxième à la forme et au style, et la troisième – attention, tenez-vous bien – à ce simple fait, pourtant loin d’être une évidence pour tous les auteurs du genre, qu’elle repose sur un scénario solide et travaillé, qui ne doit rien au genre dans lequel le récit est classé.

Pour ceux qui en doutent encore, oui, l’auteur est une inconditionnelle de Muse ; néanmoins, le titre qu’elle a choisi pour son histoire a bien moins à voir avec le groupe britannique qu’avec le thème central du récit.

Fanfiction dite “post-Hadès” – détail anecdotique s’il en est, il fallait bien que cela prenne corps à un moment donné ou à un autre de l’histoire, et il faut bien reconnaître qu’avant, les chevaliers d’or n’ont pas eu une minute à eux – et illustrée par Jayle (le dessin présenté plus bas est d’elle), elle est centrée sur l’élite de la chevalerie, revenue par la grâce de la volonté divine, et au complet s’il vous plaît. Parce que sinon, c’est moins drôle. Encore que… “drôle” n’est pas le qualificatif que je choisirais en premier lieu pour qualifier cette histoire. Ca part plutôt bien pourtant. Plus la moindre petite guerre sainte à l’horizon, Athéna dans le giron des ses bronzes chéris, le lot étant sagement rentré (qui a dit “exilé” par l’auteur ?) au Japon, des chevaliers d’or qui se retrouvent tout à coup fort désoeuvrés, ce qui, ma foi, n’a pas l’air de les déranger plus que ça. Ils ont bien gagné le droit de profiter de la vie après tout… Une belle bande de naïfs, s’il en est. Surtout deux, j’ai nommé Saga et Kanon. Parce qu’évidemment, ce sont ces deux là, et surtout le cadet, qui vont cristalliser les emmerdements qui s’apprêtent à dégringoler sur leurs têtes à tous.

Et comme l’auteur voue une admiration sans bornes aux jumeaux, je vous laisse imaginer le raffinement de ce qu’elle leur a réservé, selon le bon vieux principe du « qui aime bien châtie bien ».

Oui, “Il” est revenu. Et “Il” a des comptes à régler. Mais est-ce bien de sa seule volonté ? A-t-“Il” raison de se persuader qu’“Il” mène la danse ? Rien n’est moins sûr, surtout quand le danger naît de l’innocence…

Alake a réussi ce prodigieux tour de force qu’est de parvenir à créer un scénario dans l’esprit Saint Seiya, tout en le plaçant dans un contexte yaoi. A mon sens, ce dernier finit par s’effacer très rapidement derrière le développement de l’histoire et des circonvolutions psychologiques des protagonistes. Certes, quelques galipettes annexes sont au rendez-vous, pour le plaisir des yeux et de l’imagination, mais au final, c’est tellement bien rédigé qu’on lui pardonne ces digressions gratuites, vu leur saveur délicieusement polissonne. L’auteur désamorce également à l’occasion le côté “angst” très prononcé de son histoire grâce à son style inimitable et à un brio forçant le respect pour tout ce qui concerne et son sens de la répartie, et le désamorçage de nombre de clichés littéraires. Les introspections de Kanon sont souvent un pur moment de bonheur à lire… malgré leur complexité et la souffrance qui s’en dégage.

Dernier point, et non des moindres à mon sens, la solide culture JDR d’Alake lui permet d’élaborer et de développer des analyses intéressantes dans le cadre de son récit, parmi lesquelles on retiendra principalement sa théorie relative au cosmos et à sa manipulation, “la Toile”, et son hypothèse concernant les tenants et les aboutissants de la double personnalité du signe des Gémeaux (puisque c’est ce qu’elle a privilégié). A cela peut également être rajoutée la grande facilité avec laquelle elle se sert des fondements de Saint Seiya, pour les enrichir, notamment par le biais de la création de nouvelles attaques pour certains chevaliers d’or, lesquelles attaques s’avèrent particulièrement pertinentes et en adéquation avec leur propriétaire.

Une fanfiction que je conseille, pour peu que le genre ne vous rebute pas, que vous ayez un peu d’humour mais aussi le cœur bien accroché, tant pour le scénario que pour la qualité de l’écriture. Ce serait vraiment dommage de passer à côté de cette petite merveille.