Saint Seiya a vingt ans, presque toutes ses dents… et une actualité dense, cette année encore. Dans le même temps, le fandom demeure toujours actif, s’enrichissant sans cesse de nouveaux artistes, amateurs et professionnels, qui nous offrent de bien belles choses, écrites ou dessinées.
De fait, 2007 fut riche en émotions diverses, entre plantages et réussites. Petit bilan, avec tout ce qu’il contient de subjectivité !
Les plantages.
La palme revient sans conteste à Masami Kurumada et son “Next Dimension”. Non pas qu’on ne l’avait pas vu venir fin 2006, mais 2007 confirme le non-essai du créateur de Saint Seiya quant à sa tentative désastreuse de nous offrir sa vision de la guerre sainte de 1743. Scénario bancal et en totale contradiction avec l’univers qu’il a pourtant su créer avec brio vingt ans plus tôt, un graphisme, disons-le tout net, déplorable, une colorisation discutable, et un rythme de publication frôlant l’enlisement. A se demander d’ailleurs s’il ne vaudrait pas mieux que ce dernier soit définitif.

La sagesse populaire voulant qu’il vaille mieux en rire que d’en pleurer, on se consolera avec la réaction la plus saine qui puisse être envisagée : la parodie. Nao ne s’en est de fait pas privé et on se fera plaisir avec les scripts des chapitres 7 et suivants, et plus encore avec les scan-traductions parodiques des trois derniers chapitres.
Second sur le podium, mais de justesse, les OAVs du Meikai-hen Kosho. Et pourtant… Pourtant, on y a cru. En tout cas, moi, j’y ai cru. Un peu. Et en dépit du ratage du Zensho (animation absente, mise en scène inexistante, plans larges et moyens dignes du stagiaire débutant, émotions réduites à la portion congrue). L’espoir fut même de longue durée, puisque l’OAV 4 de cette seconde partie présentait de réelles qualités… avant le dur retour à la réalité du 5 et du 6. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’ils ont foiré le mur des lamentations. J’aurais été prête à oublier les défauts techniques, esthétiques, tout ce que vous voulez si j’avais éprouvé le minimum syndical émotionnel qu’une telle scène aurait du déclencher. Impardonnable.
Sur la dernière marche, on trouve – ou plutôt “retrouve” devrais-je dire – AB productions. Ils n’obtiennent que la médaille de bronze (sic) parce qu’entre temps, ils ont réussi un double salto triple boucle piqué leur permettant de figurer également parmi les réussites 2007 sur lesquelles je reviens plus bas. AB peut se targuer d’avoir réussi le coup marketing le plus foireux de l’année en osant sortir les treize OAVs du Junikyu-hen, non seulement à raison de deux (2 !) épisodes par DVD, mais aussi et surtout… en version française uniquement. Ex-ce-ption-nel. Oui, les éditeurs capables d’une telle “prouesse”, ça existe encore, il n’en reste qu’un, il est français et il a fallu que ça tombe sur nous.

Côté fandom, pas de réels ratages à proprement dit. D’un point de vue personnel, je me contenterai simplement de protester contre les manquements au respect de l’orthographe qui, anecdotiques jusqu’à l’année dernière, commencent sévèrement à se généraliser un peu partout et ce, dans des proportions hallucinantes. Je veux bien admettre que tout le monde n’est pas sur le même pied d’égalité de ce point de vue, mais bon sang, tout le monde a dans son entourage quelqu’un capable de prendre une heure pour faire les corrections essentielles ! A partir du moment où on met ses écrits en ligne, c’est que l’on souhaite être lu. Mais pour cela, il convient de donner envie de lecteur de venir jeter un coup d’œil… ce qui est mission impossible quand les deux lignes de résumé sont déjà percluses de fautes. Un petit effort quoi…
Les réussites.
Saint Seiya a trouvé son sauveur. C’est une femme. Shiori Teshigori. The Lost Canvas a confirmé son succès naissant de fin 2006, en devenant en cette année 2007 le manga Saint Seiya à suivre. Présentée au départ comme une vision parallèle à celle de Kurumada (et avec la bénédiction de ce dernier) de la guerre de 1743, l’histoire de Teshigori prend très vite la tangente, pour mener la course en tête avec un professionnalisme non démenti jusqu’ici. Limpidité et modernisme du trait, des personnages féminins sexy en diable, des personnages masculins forts en gueule et charismatiques. Que demande le peuple ? Ah oui, un scénario. Ca tombe bien, il y en a un, sacrément bien travaillé qui plus est.

AB productions redore son blason in extremis en cette fin d’année avec la sortie de l’arlésienne, j’ai nommé les box collectors des 114 épisodes de la série. Version originale non censurée, pistes VF et VOST, présence des teasers… Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre. Bon, le rêve a ses limites, on repassera pour les bonus sur les DVD, mais finalement… manquerait plus qu’on se plaigne !

Bandai continue à surfer sur la vague revival, en enchaînant les sorties de figurines à tire-larigot, pour le plus grand bonheur des collectionneurs et le plus grand désespoir de leurs comptes en banque. J’avoue tout : je n’y connais strictement rien, mais au vu des commentaires le plus souvent dithyrambiques lus ici et là, j’en déduis que la qualité doit être au rendez-vous et que nombre de vitrines vont continuer à être achalandées en 2008 pour le plaisir des yeux de leurs possesseurs.
Le fandom n’a pas été en reste en 2007, bien au contraire. Entre fanarts, fanfictions et autres projets collectifs, c’est qu’on va finir par ne plus savoir où donner de la tête… Il serait impossible de dresser ici une liste exhaustive de l’ensemble de la production ne serait ce que francophone, aussi je vais simplement me contenter de citer quelques uns de mes coups de cœur… A commencer par les fanartistes talentueux, déjà connus, mais dont le crayon a été particulièrement prolifique cette année, avec notamment Maeva, Max et Hedrick. Nouveaux styles, nouvelles approches, que du très rafraîchissant en somme, à suivre aussi dans leurs projets professionnels.
La démarche initiée par Ouv en 2005 a également fait des petits avec la naissance d’autres fanBD, telle que celle inspirée de “l’Emergence des Géants” de Black Dragon et réalisée par Hedrick, ou celle en cours de Shaka-sama également inspirée d’une fanfiction, “les Royaumes du Grand Nord” écrite par Vincent. Un autre projet, collectif celui-là, Eternal Reminiscence s’avère également très prometteur.
A noter également que quelques projets amateurs d’animation sont en cours, notamment The Cygnus Project et The Wheel of Vengeance... L’avenir nous dira s’ils trouveront leur aboutissement.
Côté noircissement de pages, la claque de l’année ce fut le one shot “Celui qui riait, celui qui courait" de Snaritt, un texte devenu incontournable à mes yeux.
Quelques nouveaux auteurs sont également venus enrichir le fandom écrit, tels que Petite Dilly avec son style que je qualifierais de “dandy” tant elle a le don de traiter les personnages avec un détachement souverain et un humour féroce, CassiopéeW découverte en cette fin d’année qui nous offre une bien belle histoire asgardienne au scénario et aux personnages maîtrisés avec passion, Iris qui nous emmène avec elle au cœur du dédale tortueux qu’est l’esprit et la personnalité de son héroïne sans se gêner pour déstabiliser ses lecteurs, ou bien encore Caroline qui a mis un grand coup de pied dans la fourmilière avec ses histoires à la fois très construites mais aussi particulièrement pimentées (à ne pas mettre entre toutes les mains) et enfin Aqualudo qui propose une réécriture de Saint Seiya, parfaitement dans l’esprit, tout en prenant la liberté (et le risque) de nous gratifier d’une histoire au long cours entièrement basée sur des personnages originaux.
Finalement… Elle était belle cette année 2007, non ?
Allez, à tous et toutes une très bonne année 2008 !
PS: Merci a Tsubasathesayan pour les images relatives à TLC et à ND.