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dimanche 3 janvier 2010

Saint Seiya: Bilan 2009

Un revival peut se présenter sous divers aspects. Tour à tour essouflé et novateur, pathétique et enthousiasmant, circonspect et téméraire, ses multiples visages ont nourri l'actualité Saint Seiya en 2009. Voici donc venir LE bilan, toujours aussi long, toujours aussi (in)complet... et toujours aussi subjectif.

Les gens, regardez! Ca bouge!

Non mes amis, ce n'est pas en vain que vous avez survécu aux dix-huit fichiers Power Point qui ont rythmé (sic) la mise en couleur des pages du Meikai et d'Elysion. Non, ce n'est pas en vain que vous avez frétillé en 2008 lorsque l'annonce de la sortie de TLC en OAV est tombée. Nous avons cru à la damnation éternelle pour l'animation de Saint Seiya, mais la TMS fut notre sauveur.



Indubitablement, LA réussite de l'année: animation fluide, rythme d'enfer, mise en scène heureuse, et rajouts pertinents ont constitué la substantifique moëlle des six premiers OAVs de TLC déjà diffusés (soit les 3 premiers tomes - il reste au moins 6 OAV). D'aucuns pourront certes considérer que la bande son ne retranscrit pas tout à fait l'émotion que la musique de Yokoyama a générée dans nos petits coeurs de gosses moult années plus tôt, mais enfin, le résultat final demeure plus que respectable (à noter la sortie de l'OST de TLC en septembre 2009 au Japon). Moderne. Et c'est bien là que réside le vrai renouveau. La nostalgie est ce qu'elle est: un sentiment agréable et confortable dans lequel il est aisé de se réfugier, mais dans tous les cas, un sentiment qui se nourrit du passé. Ce qui a été fait a été bel et bon, ce qui est et sera fait le sera tout autant pourvu qu'on accepte de faire la part des choses. Cette animation est la meilleure chose qui pouvait arriver à une licence de plus de vingt ans d'âge, avant qu'elle ne tourne au vinaigre.

Et en parlant de vinaigre...

AB: même joueur joue encore.

Il fallait bien que la fête soit gâchée. Et à ce petit jeu, AB productions gagne toujours, ça devient lassant. La sortie française des OAV de TLC a donc échu à AB et "l'enthousiasme" général a été tel qu'il a donné naissance à une pétition gérée par Animecdz, destinée à "faire pression" pour qu'on obtienne a minima une qualité équivalente à celle des box collectors sortis en 2008. Force est de constater qu'on peut toujours rêver, les dernières nouvelles semblant indiquer que les moyens mis a disposition pour la réalisation de DVD de qualité (fond et forme) ont été réduits à la portion congrue. Faut-il donc s'attendre à une première sortie en VF, morne et sans attrait, à raison de deux OAV par DVD à un prix exorbitant? Une deuxième version incluant "généreusement" la VO à un prix tout aussi prohibitif? Une troisième version "ultra méga collector" dans un coffret en papier recyclé sur laquelle les vaches à lait - quelque peu épuisées - que nous sommes vont se jeter? L'avenir nous le dira. Veuillez noter que je serai parfaitement heureuse l'année prochaine d'apprendre que j'ai été inutilement médisante. Si, si. Ou alors je déménage au Brésil.

Scénariste: the best job in the world... or not.

Shiori Teshirogi persiste et signe, alors que cette fin d'année voit pointer le volume 19 de TLC: la reprise de tel ou tel aspect du manga d'origine de Kurumada constitue encore et toujours son fond de commerce. Parfois, ça fonctionne. Mais pas toujours. Et l'année 2009 ne laissera pas un souvenir impérissable aux lecteurs en terme de renouvellement constructif de l'univers Saint Seiya de la part de la demoiselle (dont nous connaissons enfin le minois).



Un bateau qui ne sert à rien (ah si quand même: le décor pendant de TRES nombreux chapitres), un Régulus (Lion) aussi plein de vide qu'un bout d'Another Dimension, un Sisyphe sacrifié - on est Sagittaire ou on ne l'est pas - sur l'autel d'un amour quelque peu tendancieux, un Eaque caricatural à outrance, une succession (!) de temples, reliés par des marches (!!), et surveillés par un gardien dédié (!!!), des spectres toujours aussi bouches-trous, de gros cosmos velus et chaleureux, un Shion inutile (il y a un pléonasme dans cette phrase, saurez-vous le trouver?), une Athéna à sauver, une tentative d'assassinat de Pope par des "jumeaux gémeaux maudits mais ce n'est pas leur faute d'abord", et j'en passe. Dommage que Noël ne soit pas fêté au Japon, avec un peu de chance, Teshigori aurait pu trouver un scénariste au pied du sapin.
Cependant, ne soyons pas non plus trop durs, il y a eu du bon. Kagaho. Charon. Deuteros. Yôma. Et bien entendu, un style graphique toujours aussi efficace et, disons-le tout net, de toute beauté.



Côté édition française, Kurokawa confirme son essai avec la poursuite de la sortie régulière des tomes de TLC (9 à ce jour sous nos contrées),toujours d'une très bonne qualité (qualité du papier, des encrages et des couvertures).



Les coquilles relatives à l'adaptation française sont rares, et d'une point de vue général cette dernière est très bien menée de la part de Pierre Giner. A noter que le bilan 2009 tout chaud de l'ACBD indique que TLC a été tiré à 40 000 exemplaires cette année (soit, tout de même, 10 000 de moins qu'en 2008, pour les deux premiers tomes).

La huitième dimension du douzième sens du retour vers le futur.

Next dimension confirme le frémissement déjà ressenti fin 2008, avec l'apparition d'un scénario (ce qui n'était pas d'une folle évidence au départ, vous en conviendrez), sur les sept chapitres présentés courant 2009. Croyez-le ou non, nous en sommes déjà au tome 2. Qu'en dire? Que Kurumada fonce avec allégresse droit sur ce que le voyage dans le temps a de plus dangereux: le mur du paradoxe temporel. Nouveaux anciens chevaliers d'or, même Athéna (oui, elle a les cheveux courts, mais c'est bien la même, promis juré), intervention de Chronos (Kronos? Cronos?), allers/retours entre passé et présent, le tout dans un style old school qui nous manquait, et mis en couleur avec un goût certain (ironie inside).




Des couleurs que les gens de Panini Comics vont être ravis de partager avec nous sur du papier buvard à 10 € le tome. Pardon: 12 €, parce que la couleur, même criarde, ça coûte cher. Quant aux fans hardcore, ils pourront sans nul doute se rabattre sur l'édition collector à 15 € "le tome 1 en noir et blanc! Avec sa pochette de stabilo fluo (jaune, rose, bleu, vert), à colorier soi-même!".

Kurumada a présenté de nouvelles planches de ND sur son blog au cours des dernières semaines. Donc s'il rentre sain et sauf de sa séance de canotage, la suite devrait nous parvenir sous peu.

Wanted: Megumu Okada.

On a perdu l'auteur de l'épisode G! Date de dernière apparition: août 2009 avec le chapitre 76, ce qui nous mène, d'après les informations de Panini, jusqu'au tome 17. Informations selon lesquelles ce tome pourrait bien être le dernier. Toutefois, cette information est sujette à caution dans le sens où, d'une part Okada semble poursuivre son autre manga "Shadow Skill" (dernière publication en novembre 2009, la prochaine prévue en janvier 2010), et d'autre part rien d'officiel ne nous parvient depuis le Japon susceptible de corroborer un éventuel arrêt de l'Episode G. Sur ces bases, il serait très prématuré de crier au loup, et a priori raisonnable de considérer que G devrait tôt ou tard connaître une conclusion en bonne et due forme. Et toujours grâce au rapport de l'ACBD, il convient de noter que G a été tiré à 35 000 exemplaires sous nos contrées en 2009.

Les vitrines, ça prend de la place.

Le rythme des sorties de myth cloths ne s'est pas démenti au cours de l'année 2009 et ne semble pas devoir se ralentir pour 2010. Et en ces temps de crise, il peut tout de même être remarqué que les porte-monnaies trouvent encore et toujours des ressources insoupçonnées pour garantir le garnissage des étagères. Alors bien sûr, à la V73 de Pégase toute entière, à la V74 toute cassée, aux éditions de rééditions, aux God Cloths, aux surplis de golds cloths, aux appendix divers et variés, se rajoutent dorénavant les myth cloths issues de TLC (Tenma et Kagaho).


Merchandising et fan-attitude n'ont décidément jamais fait aussi bon ménage, c'est Bandai qui doit être content.

Et les fans? Allez, ouste, au boulot!

Ah, le fandom... (quelque chose vous dit que je vais faire plus long que sur les myth cloths et vous avez raison).

Côté production dessinée, 2009 n'a pas été particulièrement marquante. Pas de nouveau "dessineux" à se mettre sous la dent - les spécialistes du Araki style sont toujours présents - bien que le fandom japonais ait joyeusement embrayé sur TLC, et nous ait offert quelques jolies petites choses. Mais dans l'ensemble, pas de "révolution" à signaler.

Côté production écrite, 2009 aura été marquée par l'achèvement de deux pavés dans le fandom francophone et dont l'écriture s'est étalée sur plusieurs années, à savoir "l'Emergence des Géants" de Black Dragon (juin 2009) et "Une deuxième chance" par, heu... votre serviteuse/servitrice/servante, bref myself (juillet 2009).

D'autres fics au long cours semblent à l'inverse pas franchement destinées à être achevées par leurs auteurs respectifs ("Arès chapter" par Dark Soul, ou "Chasse éternelle" par Le Passant) ce qui est fort dommage, et enfin d'autres encore poursuivent leur bonhomme de chemin avec la fanBD "Ocean Chapter" de Ouv, en passe d'être achevée, "les âges mythologiques" de Ludoxandros, "Ere de Légende" (EOL), fic collective dont on n'a certes pas eu de nouvelles depuis fort longtemps mais dont je doute qu'elle soit abandonnée, "Le dernier Retour" de Snaritt, ou "l'Ere des deux Béliers" de Chibi Mu .
Cette dernière liste - constituée de travaux en cours depuis pas mal d'années - met cependant en évidence la raréfaction significative des fics mainstream dans l'univers Saint Seiya dans le sens où de moins en moins de nouveautés (qualitativement parlant s'entend) voient le jour. On pourra
cependant souligner la mise en ligne de "Une dernière bataille" de Rikimaru depuis mai 2009. Quid de cette constatation? Il peut être raisonnable de penser que le tour du Saint Seiya que l'on connaît a été fait et archi fait. La plupart (toutes?) des mythologies ont été exploitées par les fans, et en terme de scénario, il devient difficile de se renouveler, d'autant plus lorsque les personnages connus sont ré-employés. Or, l'occurrence de nouveaux personnages (OC - original character) est plus difficile à faire passer auprès des lecteurs sans une histoire en béton et un rendu orthographique impeccable. Et enfin, les fans "originels" se font vieux et pour la grande majorité d'entre eux, ils passent doucement mais sûrement à autre chose. Peut-être TLC générera-t-il un renouveau dans le fandom mainstream, cependant il peut être permis d'en douter.

La fréquentation de fanfiction.net, quant à elle, ne se dément pas, de même que son contenu. A l'instar de 2008, l'humour a toujours la cote, et on notera également le succès des UA (univers alternatif) dont le principe est d'utiliser les personnages (nom et aspect physique) en s'affranchissant en totalité de l'univers Saint Seiya. Quant à savoir si cela peut être encore considéré comme une fic Saint Seiya, chacun est libre d'en juger. Niveau propos, et comme chaque année, le yaoi tient le haut du pavé, ne laissant que peu, voire pas, de place aux fanfictions mainstream, dans le sens ou le lectorat de fanfiction.net ne tend pas particulièrement à sortir de sa zone de confort. De fait, niveau renouvellement du genre, on erre dans une vaste et morne plaine. On notera enfin - et c'est une plutôt bonne nouvelle - que du point de vue de la forme, 2009 a plutôt été caractérisée par une production de textes respectueux de l'orthographe et ça, nul besoin de préciser que ça met du baume au coeur.


Bref! Une année 2009 riche en événements dans le petit monde de Saint Seiya, une fois de plus. Puristes et iconoclastes, malgré toutes leurs divergences, continuent à y trouver leur intérêt et c'est bien là tout ce qui compte.
Pour ce qui concerne l'année qui débute, des informations filtrent depuis quelques semaines en provenance du Japon, laissant entendre l'occurrence prochaine d'une nouvelle série/nouveau manga - "Ginga Shinwa" - mais pour lesquels nous ne connaissons ni l'auteur, ni le contenu. Les suuputations vont bon train et il ne nous reste donc plus qu'à... attendre 2010.

mercredi 12 août 2009

Les joies et les bonheurs de la correction

Le travail de correction d’anciens chapitres, datant de plusieurs années, a quelque chose d’à la fois assez savoureux et franchement horripilant.

Savoureux parce que je me rends compte que j’avais oublié de nombreuses scènes, et que j’ai plaisir à les redécouvrir, et ponctuellement à les retravailler. En effet, il s’agit pour l’essentiel de reprendre des tournures de phrases quelque peu dissonantes, de supprimer les fioritures inutiles, et de rajouter des détails de manière à améliorer la cohérence de l’ensemble notamment vis-à-vis de la chronologie ou d’événements ultérieurs non prévus à l’époque de la rédaction desdits chapitres en cours de correction. Bien entendu, il ne s’agit pas de tout réécrire, loin de moi cette pensée hérétique (et franchement épuisante), mais juste de fignoler un peu sur les bords.
En ceci, cette tâche de correction est intéressante, sans oublier qu’elle me permet aussi de prendre du recul sur l’évolution de mon style, et de porter un regard critique sur mes pires défauts.

D’où le horripilant qui en est indissociable. Non, parce que… mais c’est que j’ai eu des manies ! Parmi les plus flagrantes, on notera, dans le désordre (jusqu’au chapitre 22 inclus) :

- L’abus de points-virgules. Cette propension à l’usage de cette ponctuation délicate concerne pour l’essentiel toute la première partie d’UDC, ainsi que quelques uns des chapitres qui ont suivi. Pour quelle raison je me suis acharnée à en mettre partout, je n’en ai pas la moindre idée, d’autant plus que les trois quarts d’entre eux ne se justifient pas, ou sont mal employés.

- Les chiffres… écrits en chiffres. Là, je suis tout simplement impardonnable. Je me rappelle d’ailleurs qu’il y a très très longtemps, la première personne à m’avoir fait la remarque était Chibi Mu. Là encore, je suis dans la plus totale incapacité d’expliquer cette infamie, je ne sais même pas comment cela a pu me traverser l’esprit.

- Les mots “presque” et “puis”. Alors ceux-là… “Puis”, à mon sens, devrait être banni du dictionnaire. D’abord, il est laid, et en plus, c’est une solution de facilité. J’ai entamé une traque au “puis”, j’espère que peu m’auront échappé. “Presque”, lui, ne veut pas dire grand-chose si on y réfléchit bien. Est-on “presque ému”, “presque puissant”, “presque en proie à une brûlure” ? Dans la plupart des cas, il est possible de le supprimer sans que cela ne manque au récit. En conséquent, nombre d’entre eux ont disparu, même si j’ai dû en conserver quelques uns, qui me sont apparus comme indispensables.

- D’autres joyeusetés comme les points finaux à une phrase de dialogue… hors des guillemets, des retours à la ligne en plein milieu de certains dialogues également, des incises maladroites, etc.

Au final, la quantité de modifications et corrections à apporter est loin d’être négligeable, d’autant plus que je sais pertinemment qu’il va demeurer encore et toujours des erreurs.
Néanmoins, je compte bien achever la reprise d’UDC avant la fin de l’année, de manière à fournir une version pdf qui aura, pour de bon, un goût définitif.

vendredi 6 février 2009

Bilan 2008

Avec beaucoup de retard... voici venir les flops et les tops 2008 (si, si, dans cet ordre) du petit monde de Saint Seiya, bilan tout aussi subjectif que celui de l’année dernière, vous êtes prévenus.

Avant toute chose, force est de constater que 2008, d’un point de vue général, a vu la poursuite et la concrétisation de ce qui avait déjà été initié en 2007 et au final, peu de réelles nouveautés sont à mettre au crédit de l’année écoulée.

Nota : ce billet est censé concerner uniquement l’activité 2008, néanmoins, je n’ai pas pu passer à côté des étincelles kurumadiennes d’espérance qui se sont subitement mises à scintiller il y a quelques jours…

Les flops.

Grand vainqueur toutes catégories de l’année 2008, je désigne la TOEI avec l’adaptation en six OAV de la dernière partie du manga de Masami Kurumada, à savoir “Elysion”. La séance de torture est enfin terminée… et il était temps.
En dépit d’une amélioration notable par rapport à la pathétique adaptation du Meikai en 2007 – design plus homogène et qualité esthétique améliorée notamment – Elysion ne convainc pas, une fois encore.



Mise en scène minimaliste, animation absente, rythme proche du zéro absolu, ce ne sont pas les quelques plans réussis (bien que fixes – je pense à Hadès somme toute une plutôt bonne surprise) qui parviennent à sauver la lente agonie du Saint Seiya originel en anime. Tout au plus on en retiendra la fin du dernier OAV qui distille l’émotion nécessaire, mais bien trop absente du reste, considéré dans sa globalité.
En somme un livre d’images coloriées dont seule votre dextérité à tourner les pages saura vous donner l’illusion de visualiser un anime.

Talonnant – de près – la TOEI, Kurumada et son… hum… Next Dimension. Déjà présent au palmarès des ratages 2007, le père de Saint Seiya persiste et signe la poursuite de cet omni (objet manga non identifié) qui aura laissé perplexes même les plus puristes des fans. Laideur du trait, colorisation psychédélique, non sens absolu… bref, une vaste fumisterie qui aura au moins eu le mérite de provoquer quelques parties de franche poilade, bien que trop rares, le sieur Kurumada s’étant contenté d’une unique chapitre – le 12 – pour l’année 2008.
Cela dit, les dernières planches entraperçues sur le blog du sieur Kurumada et dont on ne sait toujours pas clairement ce qu’elles sont censées représenter sont de meilleur aloi que les dernières productions du “maître”. Esthétiquement parlant s’entend.



Parce que s’il faut ajouter foi aux rumeurs de plus en plus persistantes relatives à la réécriture du Tenkai made by Masami, lesquelles rumeurs seraient à relier avec ces fameuses planches, préparez l’aspirine. Il semblerait – ce n’est pas encore tout à fait clair dans ma tête – que Kurumada souhaite utiliser Next Dimension tel un tremplin en vue de raccorder ladite préquelle (qui se déroule au 18ème siècle) avec son Tenkai à lui (20ème siècle). Comment, ça reste un mystère. A noter la sortie du tome 1 de “Next Dimension” en février 2009 au Japon.

De moindre envergure que les deux précédents, puisque étant limité à l’hexagone, le dernier flop de l’année concerne la sortie en octobre 2008 du coffret collector DVD des treize épisodes du Junikyu-hen, doté de la version originale sous-titrée. Vous me direz, il était temps qu’il sorte celui-là…


Et si, malgré un magnifique faux-départ comme seul AB productions peut les réussir avec un packaging initial joyeusement raté, la parution de ce coffret répond aux demandes des fans, il n’en demeure pas moins en total opposition avec le marché actuel de l’animation japonaise.



Pourquoi, mais pourquoi avoir conservé en guise de sous-titres l’adaptation VF qui a beaucoup fait rire dans les chaumières, au lieu de fournir une vraie traduction de qualité ? Ce n’est pourtant pas faute de la part des fans d’avoir exprimé leur mécontentement lors de la première diffusion de la VF sur NT1 à l’automne 2006. Ce n’est pas tant la traduction elle-même qui a été remise en cause d’ailleurs, que la qualité de l’adaptation, trop lourde et alambiquée. Deux ans plus tard, AB n’a pas été capable de rectifier le tir et c’est franchement dommage.


Les tops.

La bonne santé des préquelles manga, tant au Japon qu’en France, n’est plus à démontrer. “L’épisode G” de Megumu Okada et et “The lost canvas” de Shiori Teshirogi continuent à être prépubliés au Japon et les sorties en tomes reliés s’enchaînent à un rythme régulier.





A fin décembre 2008, G comptait quinze tomes à son actif et TLC onze, ce dernier point consolidant le succès déjà pressenti en 2007 pour cette mangaka dont le fangirlisme a été définitivement acté au cours de l’année dernière (ce qui, d’un point de vue purement personnel, n’est pas pour me déplaire, mais ça, vous vous en doutiez).

Un top en entraînant un autre, 2008 a vu aussi l’acquisition de la licence de TLC par l’éditeur français Kurokawa et dans la foulée, l’édition des trois premiers tomes sous nos latitudes. Une édition de belle facture, traduction solide, erreurs d’impression quasi absentes. Le succès s’est par ailleurs montré au rendez-vous avec un tirage du tome 3 à 40 000 exemplaires, ce qui est plutôt pas mal pour notre marché français.
Le seul bémol concerne le rythme de parution, a priori parti pour se stabiliser aux alentours de un tome par trimestre, le prochain étant prévu pour février 2009.

Autre bonne nouvelle, celle de l’annonce de l’adaptation de TLC en OAV par TMS Entertainement. Sans doute la meilleure chose qui pouvait arriver à Saint Seiya, en terme de nouvelle voie à explorer.


En effet. Le style de Teshirogi, efficace, clair, détaillé tout en étant parfaitement lisible a juste ce qu’il faut de modernisme et de passe-partout pour plaire à la majorité. Certes, on pourra lui reprocher, peut-être à raison, de ne guère se démarquer par rapport à toute une flopée de mangaka divers et variés mais au final, la dame assume et se montre suffisamment à l’aise (et non à "l'air"...) avec son propre style pour que cela convienne, esthétiquement parlant, au plus grand nombre.
Et au final, c’est bien ce qu’on lui demande d’autant plus que de ce fait, l’adaptation en anime se pose, pour l’heure, dans un genre résolument moderne au niveau du design. Il est donc raisonnable d’envisager, dès aujourd’hui, que la licence Saint Seiya est susceptible de drainer à court terme un nouveau public, plus jeune mais tout aussi enthousiaste, et par la même, le renouvellement de l’ancienne garde qui, bon gré, mal gré, commence passablement à s’essouffler.


“Et le fandom dans tout ça” me direz-vous ? Il se maintient, même si, par rapport à 2007, son dynamisme est moindre, indubitablement.
Nombre de projets amorcés n’ont pas encore vu leur concrétisation définitive (dans les cas où des nouvelles filtrent, ce qui n’est pas l’apanage de tous), ou ont été abandonnés.

Niveau fanartisme, guère de nouveaux artistes à se mettre sous la dent, sauf SpaceWeaver qui, non content de maîtriser le style Araki, parvient également à s’en détacher assez pour produire des dessins d’excellente facture et originaux, bien qu’estampillés “Saint Seiya Spirit”.

Côté fanfiction, on notera en ces temps de crise l’excellent tenue de la valeur “humour”, comme en témoigne le succès époustouflant de certaines fics - “Vacances improvisées” de Millenium d’argent qui, avec plus de 400 reviews à son actif, décroche le pompon 2008 – certes estampillées yaoi mais dotées d’une solide dose de délire propre à détendre les plus crispés.
Par ailleurs, les fics au long cours se poursuivent – avec un rythme cependant moins soutenu - même si les thèmes propres à Saint Seiya sont de moins en moins mis à l’honneur. Non, disons plutôt qu’ils trouvent plus difficilement leur public au milieu d’une production pléthorique essentiellement dédiée aux relations amoureuses plus ou moins… détaillées. Par ailleurs, il convient également de rappeler que l’essentiel des possibilités mythologiques, aussi diverses et variées soient-elles, a déjà été traité il y a de nombreuses années, ceci expliquant partiellement cela.

On retiendra tout de même quelques nouveaux auteurs dans le fandom en cette année 2008 avec notamment Alwaïd et sa Trilogie Gaïa dont j’ai déjà parlé il y a quelques temps, Millenium d’Argent et son style agréable et son sens de l’à-propos, Thalion et son “Hégémonie – Conquête ?” injustement méconnue mais qui par l’originalité de son approche, son style incisif et efficace et son don pour le retournement de situation mérite réellement qu’on s’y plonge (j’en ai déjà parlé, je sais, mais j’insiste), Niacy dont l’écriture délicate parvient à rendre avec un précision diabolique les atermoiements les plus complexes, Gaijin (autre grand succès 2008) dont l’imagination débridée et l’humour lui ont gagné nombre de lecteurs et enfin Aeter qui a osé rédiger une histoire entièrement basée sur les spectres et qui réussit par un tour de force inexplicables à nous les rendre attachants et le tout, en tout bien tout honneur.


En conclusion, une année 2008 certes marquée par ce qu’on pourrait appeler “le vent du renouveau” côté actualités Saint Seiya, mais entachée par un désintérêt larvé mais inexorable d’une certaine génération – la plus ancienne – qui tend à une uniformisation du fandom, et à un certain manque de renouvellement. Gageons que TLC saura, tant par le manga que par l’adaptation animée, générer de nouveaux axes de réflexion propres à stimuler les imaginations.

lundi 22 décembre 2008

Comme l'année dernière...

... je vous souhaite à tous et à toutes d'excellentes fêtes de fin d'année!
Cette fois, je fais court. Pourquoi? Parce que, d'abord, j'aurais aimé vous trouver un fanart rigolo sur le thème de Noël, mais je suis à la bourre, je ne suis pas sur mon PC magique - celui dont le disque dur est rempli de choses très, hum, "festives" - et Google images est frustrant (enfin... j'ai bien trouvé un Seiya en père Noël, mais moi vivante... non, définitivement, non).
Ensuite, non, je n'ai encore envoyé aucun mail de voeux ni de quoi que ce soit, pardonnez-moi les gens si vous ne recevez rien dans l'immédiat, mais sachez que je pense à vous très fort.
Enfin... Il n' y a pas de "enfin". Ce sera tout... pour le moment.
Profitez-en bien et à très bientôt!

samedi 13 septembre 2008

Congés

Juste pour signaler que je serai absente de cet après-midi jusqu'à vendredi, quelque part où je n'aurai ni internet et encore moins de PC sous la main.
Aussi ne vous inquiétez pas si vous ne recevez pas de réponse express de ma part d'ici là...
Mais je trouverai bien un cyber café, non mais.

vendredi 9 mai 2008

Etat d'avancement

Juste un billet purement informatif pour vous dire que:

  • Je pars demain me mettre au vert dans le pays Basque pour une semaine, totalement déconnectée du net,
  • UDC 34 était censé avancer depuis le début de mes congés et on ne peut pas dire que cela a franchement été le cas: ce sera pour le mois de juin, si tout va bien. Ce n'est pas tant que je bloque mais plutôt que je n'ai pas réussi à me bloquer les plages de temps nécessaires pour cela.

Un bon WE prolongé à tous et toutes!

dimanche 30 décembre 2007

Bilan 2007

Saint Seiya a vingt ans, presque toutes ses dents… et une actualité dense, cette année encore. Dans le même temps, le fandom demeure toujours actif, s’enrichissant sans cesse de nouveaux artistes, amateurs et professionnels, qui nous offrent de bien belles choses, écrites ou dessinées.

De fait, 2007 fut riche en émotions diverses, entre plantages et réussites. Petit bilan, avec tout ce qu’il contient de subjectivité !

Les plantages.

La palme revient sans conteste à Masami Kurumada et son “Next Dimension”. Non pas qu’on ne l’avait pas vu venir fin 2006, mais 2007 confirme le non-essai du créateur de Saint Seiya quant à sa tentative désastreuse de nous offrir sa vision de la guerre sainte de 1743. Scénario bancal et en totale contradiction avec l’univers qu’il a pourtant su créer avec brio vingt ans plus tôt, un graphisme, disons-le tout net, déplorable, une colorisation discutable, et un rythme de publication frôlant l’enlisement. A se demander d’ailleurs s’il ne vaudrait pas mieux que ce dernier soit définitif.

La sagesse populaire voulant qu’il vaille mieux en rire que d’en pleurer, on se consolera avec la réaction la plus saine qui puisse être envisagée : la parodie. Nao ne s’en est de fait pas privé et on se fera plaisir avec les scripts des chapitres 7 et suivants, et plus encore avec les scan-traductions parodiques des trois derniers chapitres.

Second sur le podium, mais de justesse, les OAVs du Meikai-hen Kosho. Et pourtant… Pourtant, on y a cru. En tout cas, moi, j’y ai cru. Un peu. Et en dépit du ratage du Zensho (animation absente, mise en scène inexistante, plans larges et moyens dignes du stagiaire débutant, émotions réduites à la portion congrue). L’espoir fut même de longue durée, puisque l’OAV 4 de cette seconde partie présentait de réelles qualités… avant le dur retour à la réalité du 5 et du 6. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’ils ont foiré le mur des lamentations. J’aurais été prête à oublier les défauts techniques, esthétiques, tout ce que vous voulez si j’avais éprouvé le minimum syndical émotionnel qu’une telle scène aurait du déclencher. Impardonnable.

Sur la dernière marche, on trouve – ou plutôt “retrouve” devrais-je dire – AB productions. Ils n’obtiennent que la médaille de bronze (sic) parce qu’entre temps, ils ont réussi un double salto triple boucle piqué leur permettant de figurer également parmi les réussites 2007 sur lesquelles je reviens plus bas. AB peut se targuer d’avoir réussi le coup marketing le plus foireux de l’année en osant sortir les treize OAVs du Junikyu-hen, non seulement à raison de deux (2 !) épisodes par DVD, mais aussi et surtout… en version française uniquement. Ex-ce-ption-nel. Oui, les éditeurs capables d’une telle “prouesse”, ça existe encore, il n’en reste qu’un, il est français et il a fallu que ça tombe sur nous.


Côté fandom, pas de réels ratages à proprement dit. D’un point de vue personnel, je me contenterai simplement de protester contre les manquements au respect de l’orthographe qui, anecdotiques jusqu’à l’année dernière, commencent sévèrement à se généraliser un peu partout et ce, dans des proportions hallucinantes. Je veux bien admettre que tout le monde n’est pas sur le même pied d’égalité de ce point de vue, mais bon sang, tout le monde a dans son entourage quelqu’un capable de prendre une heure pour faire les corrections essentielles ! A partir du moment où on met ses écrits en ligne, c’est que l’on souhaite être lu. Mais pour cela, il convient de donner envie de lecteur de venir jeter un coup d’œil… ce qui est mission impossible quand les deux lignes de résumé sont déjà percluses de fautes. Un petit effort quoi…


Les réussites.


Saint Seiya a trouvé son sauveur. C’est une femme. Shiori Teshigori. The Lost Canvas a confirmé son succès naissant de fin 2006, en devenant en cette année 2007 le manga Saint Seiya à suivre. Présentée au départ comme une vision parallèle à celle de Kurumada (et avec la bénédiction de ce dernier) de la guerre de 1743, l’histoire de Teshigori prend très vite la tangente, pour mener la course en tête avec un professionnalisme non démenti jusqu’ici. Limpidité et modernisme du trait, des personnages féminins sexy en diable, des personnages masculins forts en gueule et charismatiques. Que demande le peuple ? Ah oui, un scénario. Ca tombe bien, il y en a un, sacrément bien travaillé qui plus est.


AB productions redore son blason in extremis en cette fin d’année avec la sortie de l’arlésienne, j’ai nommé les box collectors des 114 épisodes de la série. Version originale non censurée, pistes VF et VOST, présence des teasers… Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre. Bon, le rêve a ses limites, on repassera pour les bonus sur les DVD, mais finalement… manquerait plus qu’on se plaigne !

Bandai continue à surfer sur la vague revival, en enchaînant les sorties de figurines à tire-larigot, pour le plus grand bonheur des collectionneurs et le plus grand désespoir de leurs comptes en banque. J’avoue tout : je n’y connais strictement rien, mais au vu des commentaires le plus souvent dithyrambiques lus ici et là, j’en déduis que la qualité doit être au rendez-vous et que nombre de vitrines vont continuer à être achalandées en 2008 pour le plaisir des yeux de leurs possesseurs.

Le fandom n’a pas été en reste en 2007, bien au contraire. Entre fanarts, fanfictions et autres projets collectifs, c’est qu’on va finir par ne plus savoir où donner de la tête… Il serait impossible de dresser ici une liste exhaustive de l’ensemble de la production ne serait ce que francophone, aussi je vais simplement me contenter de citer quelques uns de mes coups de cœur… A commencer par les fanartistes talentueux, déjà connus, mais dont le crayon a été particulièrement prolifique cette année, avec notamment Maeva, Max et Hedrick. Nouveaux styles, nouvelles approches, que du très rafraîchissant en somme, à suivre aussi dans leurs projets professionnels.

La démarche initiée par Ouv en 2005 a également fait des petits avec la naissance d’autres fanBD, telle que celle inspirée de “l’Emergence des Géants” de Black Dragon et réalisée par Hedrick, ou celle en cours de Shaka-sama également inspirée d’une fanfiction, “les Royaumes du Grand Nord” écrite par Vincent. Un autre projet, collectif celui-là, Eternal Reminiscence s’avère également très prometteur.

A noter également que quelques projets amateurs d’animation sont en cours, notamment The Cygnus Project et The Wheel of Vengeance... L’avenir nous dira s’ils trouveront leur aboutissement.

Côté noircissement de pages, la claque de l’année ce fut le one shot “Celui qui riait, celui qui courait" de Snaritt, un texte devenu incontournable à mes yeux.

Quelques nouveaux auteurs sont également venus enrichir le fandom écrit, tels que Petite Dilly avec son style que je qualifierais de “dandy” tant elle a le don de traiter les personnages avec un détachement souverain et un humour féroce, CassiopéeW découverte en cette fin d’année qui nous offre une bien belle histoire asgardienne au scénario et aux personnages maîtrisés avec passion, Iris qui nous emmène avec elle au cœur du dédale tortueux qu’est l’esprit et la personnalité de son héroïne sans se gêner pour déstabiliser ses lecteurs, ou bien encore Caroline qui a mis un grand coup de pied dans la fourmilière avec ses histoires à la fois très construites mais aussi particulièrement pimentées (à ne pas mettre entre toutes les mains) et enfin Aqualudo qui propose une réécriture de Saint Seiya, parfaitement dans l’esprit, tout en prenant la liberté (et le risque) de nous gratifier d’une histoire au long cours entièrement basée sur des personnages originaux.

Finalement… Elle était belle cette année 2007, non ?

Allez, à tous et toutes une très bonne année 2008 !


PS: Merci a Tsubasathesayan pour les images relatives à TLC et à ND.

vendredi 21 décembre 2007

Ca va être bref...

… court, concis, succinct, rapide.

A toutes et à tous, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année, un joyeux Noël pour ceux et celles qui le fêtent, une bonne Saint Sylvestre, et une année 2008 meilleure que 2007.

J’en profite également pour tous vous remercier de votre fidélité – 1000 visites par mois – de vos participations et commentaires, de votre bonne humeur et de votre gentillesse.


A très vite !


NB: le fanart provient du site Dust 401

jeudi 23 août 2007

Appel à contributions: Merci!

Alors que je commençais à croire que ma demande avait sombré dans les limbes de l’espace temps, perdue entre les doriennes d’un certain troisième temple où il ne fait pas bon s’égarer, deux âmes charitables ont répondu à mon appel, pour mon plus grand plaisir.

La première, vous n’aurez guère de mal à en deviner l’identité en admirant cette superbe bannière, il s’agit bien évidemment d’Aresielle, qui a bien voulu mettre son style reconnaissable entre mille au service de ce blog. Pour sa part, la demoiselle a choisi de représenter deux symboles forts de la fanfiction, à savoir le zodiaque et le couple Saga/Rachel, avec l’île du Sanctuaire en filigrane. A l’occasion d’un prochain article, je vous montrerai le dessin d’origine du couple, ainsi qu’une seconde bannière, sans les écorchés de la vie en question.

La seconde, c’est Patthy, qui a déjà participé à l’illustration d’U.D.C. avec une représentation de Rachel et une d’Aioros. En ce qui la concerne, elle a plutôt opté pour la représentation des Portes - autre symbole majeur s'il en est - et l’expression d’une ambiance assez sombre et inquiétante.

Pour l’heure, si elle le souhaite, nous allons continuer elle et moi sur cette base pour finaliser la bannière, ou comment s’offrir le luxe de deux bannières à interchanger en fonction de l’humeur du moment…

A toutes les deux, je voudrais adresser un immense MERCI pour avoir pris sur leur temps et m’avoir offert ces deux cadeaux, qui me touchent, et surtout qui contribuent à l’édifice “udécien”, avec autant d’importance que le récit lui-même.

dimanche 12 août 2007

La page blanche, vous et moi

La page blanche. Que celui ou celle qui n’a pas été confronté(e) à l’angoisse qu’elle peut procurer me jette la première pierre. Cette anxiété redoutée prend souvent divers visages pour se montrer à l’auteur, mais toujours elle tient lieu d’un cauchemar dont il est souvent difficile de s’extirper sans dommage. A moins que le soulagement que l’on éprouve lorsque enfin les mots daignent s’afficher, les lettres s’enchaînant les unes aux autres, la musique surgissant de ces notes éparses, puisse être considéré comme une récompense gagnée de haute lutte.

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour ce qui me concerne cette angoisse recouvre tout et parfois n’importe quoi. Le style a-t-il pris des congés de longue durée ? Vais-je être capable une fois encore d’accorder les mots entre eux comme il convient, en évitant la mélodie fadasse et lancinante des phrases qui se suivent et se ressemblent tragiquement ? Suis-je sur le point de retomber de la barre à laquelle je m’accroche, pour redescendre à un niveau inférieur ? N’ai-je pas eu finalement rien d’autre que de la chance jusqu’ici ? Ce dernier questionnement est sans doute le pire. L’idée que tout ce que j’ai réalisé jusqu’ici ne tient pas à la moindre once de talent ou de capacités réelles en terme d’écriture, mais bien plus crûment au fait que quelque chose ou quelqu’un a bien voulu m’octroyer, temporairement, une faculté qui n’est pas la mienne, qui ne m’appartient pas, que je loue ou que l’on m’a prêtée, et qui est susceptible de m’être enlevée dans un mois, un jour, une heure. C’est terrible. Cela ne tient même pas à l’inspiration – sur laquelle je reviens un peu plus bas – non, mais purement à une capacité que je qualifierais de “technique”. Une capacité que j’ai vue évoluer par ailleurs au fil des années. Pas forcément en bien, ou en mal, mais différemment. Il m’arrive de lire une phrase, un paragraphe que j’ai écrit il y a des mois, et de me demander si c’est bien moi qui en suis l’auteur. Non pas parce que c’est mauvais. Plutôt parce que je trouve ça bon, et qu’étrangement, je ne me vois pas l’écrire aujourd’hui. Parce que je ne me reconnais pas sur l’instant dans cette écriture. Parce que je me demande dans quel état d’esprit j’étais le jour où j’ai écrit cela. Parce que je redoute de ne plus jamais le retrouver.

Ma torture pourrait s’arrêter là, et ce serait déjà largement suffisant, mais non. Pensez-vous. En admettant qu’un mauvais génie ne s’apprête finalement pas à me délester de ce potentiel technique, il reste tout de même le fond. L’histoire. Le scénario. Les personnages. Et si je les perdais ? Je veux dire… y suis-je toujours autant attachée que je l’étais il y a quelques années ? N’ai-je pas la sensation qu’ils m’échappent, qu’ils s’éloignent ? Les comprendrai-je toujours avec autant d’acuité ? Sont-ils encore en moi, ou suis-je en train de m’en détacher ? Lorsque je pense à l’un d’entre eux, il arrive que je ne ressente… plus rien. Je ne parviens pas à me glisser dans sa peau, à comprendre ce qu’il ressent, à vivre ce qu’il vit. Cette sensation de coquille inerte a quelque chose de vertigineux, face à un vide dans lequel je ne suis pas tout à fait certaine de trouver une branche à laquelle me rattraper au passage. Et si j’atteignais le fond du gouffre ?

Jusqu’ici, cette impression parfois tenace n’a été que passagère. Générée par d’autres inquiétudes et irritations de la vie pour l’essentiel. Mais si un jour cela ne revenait pas ? Si, avant la fin d’U.D.C., je me retrouvais confrontée à un néant permanent ?

Ce stress m’incite à achever U.D.C. au plus vite, au moins accorder à cette histoire tout le respect que je lui dois. Au plus vite, mais le mieux possible. Et pourtant, devant l’ampleur de la tâche qu’il me reste à accomplir, une sensation galopante, communément dénommée « flemme », se saisit de mon esprit, le détournant de la tâche à laquelle je voudrais bien le dédier, pour l’occuper de mille petits tracas sans intérêt. D’aucuns diront qu’inconsciemment, je cherche à retarder l’échéance. Possible, mais peu probable. J’ai des idées de séquelles, d’épilogues qui se bousculent, sur lesquels je préférerais actuellement cent fois me pencher plutôt que sur ce chapitre 31. Il me semble en réalité que ces idées-là me rendent plus libre. Pourquoi ? Mais parce que je n’aurai alors plus de compte à rendre aux lecteurs.

Et oui, ce dernier point me turlupine. Les auteurs de fanfictions – moi la première – s’accordent le plus souvent à dire qu’ils écrivent d’abord pour eux-mêmes avant d’écrire pour ceux qui sont susceptibles de les lire. Sur le fond, c’est le cas. Surtout au début. Surtout lorsque les retours sont confidentiels. Et puis… irrémédiablement, le paradoxe apparaît. On écrit pour soi, et on est lu. Chouette. De là, on peut logiquement en déduire que le lecteur est entré dans l’univers très personnel de l’auteur et l’accepte en tant que tel. En ne considérant que ce sens unique, tout s’avère parfait dans le meilleur des mondes. Mais la dépendance se crée. L’auteur, bien malgré lui, s’attache aux commentaires, aux critiques (dans tous les sens du terme), y puise parfois inspiration, de temps en temps frustration, et le plus souvent satisfaction. Et cette dernière possède ce petit quelque chose d’addictif qui fait qu’en tant qu’auteur, et bien ma foi, on ne serait pas contre l’idée d’en reprendre une lampée. Le danger apparaît alors, celui de se mettre à écrire pour le lecteur et non plus pour soi. Sans aller jusqu’à se compromettre, voire prostituer son histoire pour qu’elle colle aux attentes – cela n’étant de toute manière pas envisageable – l’auteur peut être tenté quelque part de rajouter de ci, de là, quelques éléments qui ne lui appartiennent pas totalement, dans le sens où il s’agit de détails destinés à satisfaire telle ou telle attente plus ou moins exprimée par certains lecteurs. L’auteur est alors confronté à un dilemme : va-t-il à la chasse à la satisfaction d’autrui, ou décide-t-il d’être satisfait de lui-même ? Et peut-il être satisfait de lui-même si la satisfaction de l’autre n’est pas au rendez-vous ?


Beaucoup de questions, n’est-il pas… Tiens, c’est qu’il m’aura fait du bien cet article. La chose écrite a ce mérite qu’elle clarifie la pensée, la nettoyant des échardes qui l’empêchent de se recentrer, de se regrouper en une belle balle sphérique et brillante. Je finirai U.D.C. pour moi-même. C’est dit. Parce que j’estime mériter qu’il en soit ainsi. Parce que ce sera pour moi.

samedi 28 juillet 2007

Appel à contributions

Pour une fois, ce n’est pas moi qui vais bosser… Plus sérieusement, oui, un petit appel à contributions pour la personnalisation de ce blog. Non , je vous rassure, je ne projette pas d’en faire une espèce de chose balançant entre le rose fluo et le vert pétard, orné de multiples bidules et autres trucs clignotants du plus mauvais effet, sans oublier le dégradé de couleurs pour le texte. Du tout. Mon côté psychorigide ne me le permettrait pas de toute manière !

Néanmoins, le titre du blog dans ce rectangle agressif commence sévèrement à me sortir par les yeux, et je dois avouer qu’une bannière sympathique à la place m’agréerait assez, une bannière classe, sobre et fondue dans le bleu du fond de page, avec les couleurs d’U.D.C., à savoir l’or (sans blague), le bleu (ne me dites pas que vous êtes surpris) et l’argent, le tout rappelant tant qu’à faire se peut les symboles principaux de la fic (zodiaque, portes, etc…) et l’ambiance (c'est-à-dire : pas joyeux).

Et enfin, j’ai testé quelques fonds étoilés de mon côté, au final, ça rend vraiment - mais vraiment ! - très mal, sans compter la gêne de la lecture. J’ai donc décidé de rester sur un fond uni. Sauf si une âme charitable me fabrique une bordure sympathique (parce que j’ai écumé des dizaines de sites et je n’ai rien trouvé qui me satisfasse).

Bref, si Photoshop est votre ami, si l’inspiration vous taquine et si vous n’avez vraiment rien d’autre à faire, pensez à moi.

vendredi 9 février 2007

Puisqu'il en fallait un...

... Le voilà.

Il en aura fallu du temps, non pas pour le créer, mais pour me décider à le faire, ce blog. Parce que finalement... ce n'était pas "si" difficile. Techniquement parlant, j'entends.

Un blog sur U.D.C., pourquoi? Cette question, inutile de vous la poser trop longtemps, je l'ai déjà cogitée pour vous. Disons qu'il m'est apparu, au travers de vos nombreux commentaires, mails et reviews que j'ai eu le plaisir de recevoir et de lire depuis plus de deux ans maintenant, que l'univers de cette fanfiction méritait peut être quelques précisions, explications et autres trifouillages métaphysicograndguignolesques auxquels vous pourriez trouver un intérêt sans doute tout relatif, mais un intérêt tout de même.

Par ailleurs, à force d'errances sur la toile, j'ai pu me rendre compte avec une fascination grandissante de la montée en puissance de tous les fandoms en général - et celui de Saint Seiya en particulier - en France et ailleurs, au travers de multitudes d'écrits et d'expressions graphiques, chacun apportant sa petite pierre à un édifice qui ne cesse de s'auto-alimenter grâce à une passion commune. Aussi, j'ai également dans l'idée de profiter de ce blog pour me livrer à quelques réflexions relatives à certains aspects du "fanwork", et les partager avec vous.

J'en termine avec ce message d'introduction en vous disant à bientôt, et en espérant avoir l'occasion de vous réserver quelques "surprises", à l'occasion...