dimanche 26 avril 2009

Le test

Avertissement : le billet qui suit contient un spoil relatif à UDC36 – partie II. Si vous ne l’avez pas encore lu, passez votre chemin, ou demeurez… à vos risques et périls. Par ailleurs, certains éléments concernant Bleach (anime et manga) sont également évoqués.

La seconde partie du chapitre 36 fait intervenir une notion très classique dans le récit d’aventure, à savoir le principe du test que doivent réussir les héros pour franchir une étape supplémentaire vers l’aboutissement de leur quête. En l’occurrence, pour avoir le droit d’affronter directement les Portes, le Sanctuaire doit passer une épreuve destinée à mettre en avant leurs motivations et les juger.

A cet effet, les chevaliers d’or ainsi que Rachel se retrouvent coincés dans un élément d’espace et de temps totalement dissocié de la réalité. Ledit élément peut être à première vue assimilable à une dimension parallèle mais l’absence de tout repère et de tout lien possible vers un autre monde, quel qu’il soit indique que ce n’est pas le cas. Reste alors – d’après Saga – l’hypothèse “illusion”, à laquelle certains de ses alter ego ont du mal à souscrire.

La difficulté majeure dans le cadre de la rédaction a relevé de la façon de transcrire le néant qu’est supposé représenter cet “espace”, tout en permettant aux personnages de côtoyer le Rien. Parce que, qui dit “Rien”, dit vraiment… Rien. De fait, il n’est matériellement pas envisageable qu’ils puissent s’y tenir, mouvoir ou s’exprimer. C’est d’ailleurs ce paradoxe qui confirme Saga dans ses réflexions, même s’il ne prend pas le risque de le démontrer.

Je savais ce que je voulais décrire et exprimer, sur la base de ce que je visualisais dans ma cervelle. Ceci dit, ce n’était pas si évident que cela en avait l’air. De fait, j’ai tenté de me raccrocher à certaines références connues, ou rencontrées au hasard de mes divers visionnages… et finalement, ce qui m’en a semblé le plus proche est un élément de Bleach.

Si on veut établir un parallèle grossier avec Saint Seiya, on peut dire que Bleach suit grosso modo la même organisation hiérarchique. Il y a les héros et leurs “aînés”, au nombre de 13 capitaines. Ceux-ci disposent de facultés particulières, et notamment de la possibilité de déclencher une attaque d’un niveau qu’ils se doivent de tous posséder, à savoir le niveau Bankai (le niveau de base étant le Shikai, commun à tous les shinigamis). L’un de ces 13 capitaines – Kaname Tosen, capitaine de la 9ème division – dispose d’un Bankai dénommé Enma Kôrogi.

Cet arcane a la faculté d’enfermer l’adversaire dans un espace clos et entièrement obscur, au sein duquel il perd trois de ses sens classiques (l’ouïe, l’odorat et la vue), ainsi que l’ensemble de ses sens spirituels. De fait, l’opposant est totalement perdu, et n’est plus en mesure d’anticiper les mouvements de Tosen lequel est le seul à ne rien perdre de son aisance (tant qu’il tient Suzumushi, son zanpakuto (sabre)). La représentation de l’intérieur de l’espace est le noir absolu, l’adversaire est grisé, et semble parfaitement immobile, comme paralysé, ou dans le meilleur des cas terriblement ralenti dans ses mouvements, et de toute manière, à la merci de Tosen.

Bref, voilà l’élément qui m’a permis de décrire le plus précisément possible le test préalable devant les Portes, lequel a bien évidemment été enrichi par une référence (lointaine) à Œdipe et le Sphinx, pour le principe des questions-réponses.

samedi 11 avril 2009

UDC36 partie II - en ligne

Il est en ligne sur fanfiction.net
Bonne lecture à tous.

vendredi 10 avril 2009

UDC36 partie II - preview

La partie II sera en ligne dans le courant du week-end. D'ici là... petite preview, as usual.
Un craquement. Cristallin. La peau et les nerfs d’Aiors n’en ressentirent pas la vibration, anesthésiés comme ils l’étaient par le froid, mais son cosmos, attentif aux appels lointains et ténus qui lui parvenaient, le perçut, sans pour autant en identifier clairement l’origine.

D’ailleurs, le peu d’attention dont il était capable, le Lion la reporta derechef sur son frère. Depuis quelques temps déjà, il en avait reconnu la voix, curieusement déformée par les règles régissant le surmonde. Elle lui était d’abord parvenue par à-coups, avant de se muer en une litanie infatigable. Si les coins de ses lèvres figées par le froid avaient pu se relever, il en aurait souri ; lorsqu’il n’était encore qu’un gosse, son aîné venait chaque matin le tirer du lit en le secouant avec insistance pour l'emmener avec lui à sa séance d'entraînement. Il s'agissait peut-être de la même chose finalement : des années plus tard, Aioros s'évertuait encore et toujours à le réveiller, ou plutôt à le sortir de la stase dans laquelle le cercueil de glace de Camus l'avait plongé.
De cette gangue rigide, Aiors avait également fini par prendre conscience. Du moins une fois que la douleur indescriptible qui l'avait plongé dans une bienheureuse inconscience avait commencé à se modifier. Pas de quoi crier au bien-être absolu, cependant. D’ailleurs, lorsque ses sens avaient manifesté des velléités de réveil, le regain de souffrance lui aurait volontiers arraché un hurlement… s'il avait pu ouvrir la bouche. Mais petit à petit la brûlure du froid avait remplacé celle du feu qu'il n'avait pas réussi – voulu – à maîtriser. Et ce fut lorsque les dernières flammes de son cosmos menacèrent de s’étioler qu'il avait commencé à entendre la voix de son aîné.

Il persistait à s’y raccrocher, tandis que son septième sens concrétisait ses projets de reconstruction. Le corps meurtri du Lion puisait dans ses ultimes ressources, celles que le Verseau avait su sauvegarder par son geste désespéré ; toutes deux encore insuffisantes, force et vigueur lui étaient absolument nécessaires pour lui permettre de se libérer et surtout de rejoindre cette voix qui le réclamait. Et s'il n'y avait eu qu'elle... Derrière la présence d'Aioros, encore et toujours vigilante malgré les exigences des combats qu'il menait de son côté, le cadet des Xérakis devinait celles de ses camarades. Aucun ne s'immisçait pourtant en travers du lien qui l'unissait à son aîné, mais ils exerçaient, chacun à leur niveau, une surveillance, sans doute inconsciente d'ailleurs, de leur camarade. Aiors ne percevait pas leurs voix, à peine leur visage ou leur être, n'avait pas la moindre idée de l'état dans lequel les affrontements les avaient laissés, mais il savait sans pouvoir se l'expliquer qu’eux aussi étaient là, à ses côtés.
Plus loin encore… Impossible ? Et pourtant. La femme qu’il avait laissée derrière lui, à des milliers de kilomètres de là, ne disposait d’aucune des capacités si particulières aux chevaliers d’or, mais son visage se dessinait petit à petit au gré des pensées confuses qu’il commençait à entretenir. Jane ne saurait jamais rien de ce qui se serait passé ici ; mais il lui devait de revenir, à elle qui n’aimait qu’un homme, en lieu et place d’un être du Sanctuaire.

Un nouveau craquement ponctua ses réflexions laborieuses, et une mince, très mince, lézarde naquit à la pointe de son index pour aller courir jusqu'à l'arête acérée, fendillant le coeur du gigantesque bloc de glace. Sous ses paupières fermées, une lueur remplaçait peu à peu le noir absolu. Dorée, elle s'épanouit en taches d'abord disparates, lesquelles se propagèrent bientôt pour ne plus former qu'un seul et unique étendard luminescent, pulsant au même rythme affreusement lent de son coeur. Son cosmos était devenu le centre de son monde intérieur.

mardi 7 avril 2009

Poison

Avertissement : ami lecteur, si tu n’as pas lu le tome 3 de “The Lost Canvas” (ainsi que les suivants) et/ou la partie I d’UDC 36, ne pose pas les yeux sur le billet qui suit, ou tu risques de te faire spoiler très fort.



Visiblement, le sort réservé à Thétis dans ce dernier chapitre en aura interpellé plus d’un parmi vous. Ce serait vous mentir que de dire que je n’en suis pas ravie ! Ceci dit, je n’imaginais pas que cette partie génèrerait une telle vague de questions et de réactions. Aussi, procédons à une petite synthèse...

Oui, ce qui arrive à Thétis est directement inspiré de “The Lost Canvas” et plus précisément des caractéristiques du chevalier d’or des Poissons de ce XVIIIème siècle, j’ai nommé Albafika (ou Albafica, ne soyons pas sectaires). Sans nul doute, et jusqu’ici, l’un des personnages les plus intéressants et charismatiques que Teshirogi nous aura offert avec Manigoldo du Cancer (je vous fais le cri de la fangirl sauvage au fond des bois, ou c’est pas utile ?... C’est bien ce que je pensais).


Je disais donc que ce personnage amène une dimension tragique dans l’histoire (et non pas dramatique, nuance), relativement à sa vie et à la façon dont il l’achève. Les faits sont exposés – au contact permanent du poison de ses roses, le corps d’Albafika lui-même a fini par être empoisonné ce qui l’empêche d’approcher les autres êtres humains tant il est devenu “toxique” –la somme de leurs implications étant finalement laissée à la libre appréciation du lecteur. Et elles sont nombreuses.

Le chevalier des Poissons fait partie d’un groupe d’élite dont les membres sont censés être, à la base, ses interlocuteurs les probables ou du moins les plus fréquents. TLC le montre aussi traversant le village proche du Sanctuaire ; dans les deux cas, il garde ses distances avec ceux qui le côtoient et semblent témoigner d’un respect pour cet homme à l’aune des contraintes qui l’obligent à se tenir éloigné de n’importe lequel de ses semblables.
De fait Albafika est investi d’une mission sacrée, celle de protéger l’humanité, au nom d’Athéna. Mais c’est également en ce nom qu’il a dû acquérir une puissance qui, au final, ne peut que le mener sur la voie de l’autodestruction. La socialisation de l’espèce humaine en fait l’une de ses caractéristiques principales ; dans ce cas, on peut légitimement se poser la question de savoir si un homme serait capable de vivre toute son existence à côté de ses semblables, mais pas avec eux. Ne vaudrait-il pas mieux pour lui se retirer définitivement du monde des hommes, plutôt que de continuer à vivre en ayant constamment sous les yeux ce qui lui est dorénavant interdit ?
L’une des forces principales du personnage est d’être parvenu à dépasser ce questionnement, comme on peut le penser au vu de son sacrifice, qui pour le coup, est double : celui de son quotidien pendant des années et des années, et celui de sa vie au final. Nul ne saura finalement s’il aura connu la définition du bonheur, ou quelque chose d’approchant. A-t-il trouvé un palliatif suffisant dans sa conviction de défendre une noble cause ? Cette dernière vaut-elle son absence de révolte contre un sort aussi peu enviable ? Albafika fait passer l’intérêt collectif avant le sien propre, ce qui est tout à son honneur. Oui, mais quelqu’un d’autre dans sa position ? Disposerait-il – ou elle –de la même volonté et de la même abnégation ? Et enfin, quid de ceux qui pourraient se sentir proches de ce quelqu’un ?

Ces aspects m’ont interpellée lorsque j’ai lu cette partie de TLC pour la première fois. Mon goût prononcé pour le tragique n’est plus un secret, et de fait, le propos présenté dans le manga m’est apparu tout à fait fascinant. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à envisager de réutiliser le tout dans UDC, d’autant plus que l’un des axes principaux de l’histoire tourne autour de l’imbrication humain/surhumain.

Le personnage de Thétis s’est bien évidemment imposé pour constituer la malheureuse élue. La logique d’abord, a présidé à la décision, celle du signe du zodiaque. Ceci dit, ce qui était également intéressant à creuser – et histoire d’enfoncer un clou déjà bien rouillé – était l’empathie de la jeune femme, laquelle rajoute un troisième aspect sacrificiel non négligeable. Thétis est sans cesse à l’écoute de ses pairs, et de tous ceux qui l’entourent ; et comme vous aurez pu le remarquer, elle est très “tactile”, n’hésitant jamais à effleurer le poignet d’un tel, ou à saisir la main de tel autre, toujours avec le souci premier d’apaiser par son contact et sa présence. Lorsqu’on n’a jamais connu que cette proximité par le corps et le cœur, quelles conséquences peuvent bien découler de l’empoisonnement intégral de son corps ?

Quant à l’irréversibilité du processus… Rien n’est clairement dit dans TLC à ce sujet, néanmoins, tout laisse à penser qu’aucun retour en arrière n’est envisageable. Et dans UDC, ce ne sont pas Mü et Shaka qui viendront vous détromper…

Enfin, pour terminer, ce qui m’a conforté dans cette décision a été… une chanson. “Poison” de Tarja, ex chanteuse de Nightwish. Pas le titre du siècle, entendons-nous bien –bien agréable cela dit – mais les paroles… Je vous laisse juges.