A fin décembre 2008, G comptait quinze tomes à son actif et TLC onze, ce dernier point consolidant le succès déjà pressenti en 2007 pour cette mangaka dont le fangirlisme a été définitivement acté au cours de l’année dernière (ce qui, d’un point de vue purement personnel, n’est pas pour me déplaire, mais ça, vous vous en doutiez).
Un top en entraînant un autre, 2008 a vu aussi l’acquisition de la licence de TLC par l’éditeur français
Kurokawa et dans la foulée, l’édition des trois premiers tomes sous nos latitudes. Une édition de belle facture, traduction solide, erreurs d’impression quasi absentes. Le succès s’est par ailleurs montré au rendez-vous avec un tirage du tome 3 à 40 000 exemplaires, ce qui est plutôt pas mal pour notre marché français.
Le seul bémol concerne le rythme de parution, a priori parti pour se stabiliser aux alentours de un tome par trimestre, le prochain étant prévu pour février 2009.
Autre bonne nouvelle, celle de l’annonce de l’adaptation de TLC en OAV par TMS Entertainement. Sans doute la meilleure chose qui pouvait arriver à Saint Seiya, en terme de nouvelle voie à explorer.
En effet. Le style de Teshirogi, efficace, clair, détaillé tout en étant parfaitement lisible a juste ce qu’il faut de modernisme et de passe-partout pour plaire à la majorité. Certes, on pourra lui reprocher, peut-être à raison, de ne guère se démarquer par rapport à toute une flopée de mangaka divers et variés mais au final, la dame assume et se montre suffisamment à l’aise (et non à "l'air"...) avec son propre style pour que cela convienne, esthétiquement parlant, au plus grand nombre.
Et au final, c’est bien ce qu’on lui demande d’autant plus que de ce fait, l’adaptation en anime se pose, pour l’heure, dans un genre résolument moderne au niveau du design. Il est donc raisonnable d’envisager, dès aujourd’hui, que la licence Saint Seiya est susceptible de drainer à court terme un nouveau public, plus jeune mais tout aussi enthousiaste, et par la même, le renouvellement de l’ancienne garde qui, bon gré, mal gré, commence passablement à s’essouffler.
“Et le fandom dans tout ça” me direz-vous ? Il se maintient, même si, par rapport à 2007, son dynamisme est moindre, indubitablement.
Nombre de projets amorcés n’ont pas encore vu leur concrétisation définitive (dans les cas où des nouvelles filtrent, ce qui n’est pas l’apanage de tous), ou ont été abandonnés.
Niveau fanartisme, guère de nouveaux artistes à se mettre sous la dent, sauf
SpaceWeaver qui, non content de maîtriser le style Araki, parvient également à s’en détacher assez pour produire des dessins d’excellente facture et originaux, bien qu’estampillés “Saint Seiya Spirit”.
Côté fanfiction, on notera en ces temps de crise l’excellent tenue de la valeur “humour”, comme en témoigne le succès époustouflant de certaines fics -
“Vacances improvisées” de Millenium d’argent qui, avec plus de 400 reviews à son actif, décroche le pompon 2008 – certes estampillées yaoi mais dotées d’une solide dose de délire propre à détendre les plus crispés.
Par ailleurs, les fics au long cours se poursuivent – avec un rythme cependant moins soutenu - même si les thèmes propres à Saint Seiya sont de moins en moins mis à l’honneur. Non, disons plutôt qu’ils trouvent plus difficilement leur public au milieu d’une production pléthorique essentiellement dédiée aux relations amoureuses plus ou moins… détaillées. Par ailleurs, il convient également de rappeler que l’essentiel des possibilités mythologiques, aussi diverses et variées soient-elles, a déjà été traité il y a de nombreuses années, ceci expliquant partiellement cela.
On retiendra tout de même quelques nouveaux auteurs dans le fandom en cette année 2008 avec notamment
Alwaïd et sa Trilogie Gaïa dont j’ai déjà parlé il y a quelques temps,
Millenium d’Argent et son style agréable et son sens de l’à-propos,
Thalion et son “Hégémonie – Conquête ?” injustement méconnue mais qui par l’originalité de son approche, son style incisif et efficace et son don pour le retournement de situation mérite réellement qu’on s’y plonge (j’en ai déjà parlé, je sais, mais j’insiste),
Niacy dont l’écriture délicate parvient à rendre avec un précision diabolique les atermoiements les plus complexes,
Gaijin (autre grand succès 2008) dont l’imagination débridée et l’humour lui ont gagné nombre de lecteurs et enfin
Aeter qui a osé rédiger une histoire entièrement basée sur les spectres et qui réussit par un tour de force inexplicables à nous les rendre attachants et le tout, en tout bien tout honneur.
En conclusion, une année 2008 certes marquée par ce qu’on pourrait appeler “le vent du renouveau” côté actualités Saint Seiya, mais entachée par un désintérêt larvé mais inexorable d’une certaine génération – la plus ancienne – qui tend à une uniformisation du fandom, et à un certain manque de renouvellement. Gageons que TLC saura, tant par le manga que par l’adaptation animée, générer de nouveaux axes de réflexion propres à stimuler les imaginations.